Archive la catégorie ‘Espace’

Le chemin continue

Jeudi, avril 14th, 2011

Déjà si proches de Pâques ! Dans un peu plus d’une semaine. Le temps encore du coeur intérieur en accueil du printemps de Dieu. La sculpture que j’évoquais (notes précédentes) prend son temps. Il y faut du temps pour sculpter Dieu dans des êtres de chair et dans une histoire si mouvementée alentour, aux dimensions du monde.

Le chemin se poursuit. Il se poursuit toujours, renouvellement intérieur, attente, ensoleillement inespéré. Quand Dieu se révèle en chacun. Printemps de Dieu !

Sculpter

Jeudi, mars 31st, 2011

Laisser le temps du désert sculpter l’être intérieur. Laisser le souffle du vent passer, dans sa force d’érosion, d’usure, de capacité aussi à refaçonner de l’inédit. Quarante jours au désert, dans le souffle intérieur et l’écoute d’une parole. Parole venue d’ailleurs, venue de Dieu…

Passage par Toulouse

Jeudi, mars 24th, 2011

Passer posément au milieu des trésors que la foi a sculptés, bâtis, polis… Traverser le présent en sentant l’histoire vous porter, vous engendrer peut-être. Passage par Toulouse chantée  par Nougaro et riche de tout ce trésor et de tant d’autres encore. Comme en d’autres lieux, dont on ne parle pas toujours ou très peu, mais qui portent, même plus discrète, la même trace du temps et de la foi des générations. On ne naît pas de rien. Et on poursuit l’inscription des convictions et de la vie, de la foi.

Vagues de violence, vagues de solidarité aussi, vague bleu marine dit-on de façon nouvelle, vagues du tsunami. Responsabilité face à l’histoire. Traces humaines qui façonnent les générations et le trésor – parfois pauvre – qu’elles laissent.

Bonheur aussi, au coeur des temps que nous vivons, de laisser le passé féconder encore le présent, comme une vague des profondeurs, une vague longue.

Attente du printemps

Mercredi, mars 23rd, 2011

La nature somnole encore. Ici et là pourtant, elle éclate en bourgeons et en fleurs, annonce de plus en plus résolue du printemps. Nos marches intérieures et marches à l’étoile sont semblables à cet éveil. Le chemin de Pâques suit mystérieusement ce cours…

Chemins de prière et d’intériorité

Vendredi, mars 18th, 2011

Carême et marche vers Pâques. Le marcheur s’allège en marchant et s’habille peu à peu intérieurement d’essentiel : une Parole qui vient et le sculpte, travail des landes rebelles. Il y faut du temps sûrement pour que les chemins humains deviennent chemin d’Evangile, d’une Rencontre… Marche résolue en avant. Lever de printemps. Si près d’un temps où le calendrier l’affiche et la nature l’attend, et nous aussi. Belle marche !

Pensées en chemin

Jeudi, mars 10th, 2011

Oui, en chemin des 40 jours, ces mots glanés comme du blé mûr qui sent bon le froment et que l’on garde en main quelque temps avant de s’en nourrir…

« Le véritable amour, solide, durable,
est celui qui cherche le bonheur des autres
en même temps que son propre bonheur. »
(Sœur Emmanuelle)

« L’unique pensée qui me remplissait l’âme, c’était :
‘quand on a mis sa main dans celle des pauvres,
on trouve à l’heure de mourir,
la main de Dieu dans son autre main’… »
(Abbé Pierre)

Clarté de Noël

Lundi, décembre 27th, 2010

Chacun va son chemin. Noël est passé. Mais non ! Noël ne passe pas. Les textes anciens disent que Dieu a pris demeure en terre humaine, très humaine. Les anges ont enchanté le ciel, et la terre, annonçant Paix aux hommes, car Dieu les aime. Ces textes anciens ont fait bouture en terre des hommes, depuis toujours. Et cette Parole est prise en relais dans des coeurs et des corps de femmes et d’hommes, dans leur Histoire. Dans la nôtre. C’est la foi, ce mouvement étonnant qui emporte des vies les rendant assez fortes pour traverser le temps, les rendant assez claires pour traverser l’obscurité.

Et les vieux textes ont tant de jeunesse…

Poursuite ici, des « Lectures savoureuses de la Bible », qui laissent ou aimeraient laisser la Parole venir par tous les pores de la peau, avec étonnement, bonheur… Aujourd’hui, La Bible et l’art de voir…

Des crèches humaines où se pose le ciel

Mardi, décembre 21st, 2010

 Au creux du rocher de Massabielle, à Lourdes, cette crèche, en attente de naissance. Une crèche imagine toujours. Lorsque François d’Assise l’imagina il y a longtemps, il voulait de vrais animaux, de la vraie paille… qui rapidement n’était plus dorée du tout, de la paille d’étable. Pour que l’on imagine jusqu’où prenait l’Incarnation en terres arides, en terres de labour, en terre humaine, jusqu’où Dieu allait quand il entrait en humanité. Les chemins des hommes alors devenaient chemins de Dieu. Ceux de Dieu avaient croisé et adopté ceux des hommes !

Ainsi les crèches imaginent, toujours ! Elles imaginent les lieux, les reliefs, les visages. Pour les lieux, on a abandonné les papiers rocher d’antan, en les regrettant peut-être secrètement. Ici ou là, on imagine les murs d’une ville, ou ceux de Bethléem, ou des tentes d’Irak et d’ailleurs, celles des terrains vagues de l’espérance en attente rugueuse, où la vie est à conquérir chaque jour, et l’espérance… aussi. Quand les crèches portent ces couleurs là, elles pressentent ce que signifie aujourd’hui même l’incarnation de Dieu en humanité.

Mais les visages !… Tous mériteraient de figurer ici : visages rugueux, dévastés parfois par la vie, visages d’attente, visages de toutes couleurs, de toutes rides, visages portant sur eux la strie des larmes, celles de l’usure, de la tristesse. Visages aussi, bien-sûr, du bonheur simple. La vie est multiple, et elle est profonde, comme une terre de labour quand le soc la retourne en attente du printemps et du fruit.

Les visages de cette crèche blottie depuis quelques semaines dans le rocher de Lourdes donne à Joseph et Marie les traits de la confiance et ceux de la dignité, comme si le ciel les avait déjà traversés. Comme si sa lumière les avait doucement touchés.

Peut-être est-ce le cas de notre propre visage. De tout visage. Car c’est aussi cela Noël. Déjà joyeux Noël !

 

 

Politique : il est des événements que l’on attend !

Lundi, novembre 15th, 2010

Oui, il est des événements que l’on attend, de longue date, et on se réjouit profondément de les voir arriver ! Je pense tout particulièrement à ce qui m’a paru, durant ce week-end, l’événement majeur [pour la vie du monde et en terme d'espérance pour la vie des peuples] : la libération en Birmanie de la dissidente Aung San Suu Kyi, qui vivait en résidence surveillée depuis quinze ans ! Quinze ans de résistance pour la liberté, et d’espérance intacte, malgré on sait quel hiver qui lui fut imposé par la junte de Rangoun.

Impressionnant de voir la liesse populaire qui l’a entourée. Et sa parole à la fois infiniment frêle et forte, son désir de rassembler tous ceux qui voulaient s’opposer à la junte birmane dont l’étau est encore quasi-total. Le courage de la parole, d’une vie… Les commentaires sur la vie française m’ont paru comparativement avoir beaucoup moins d’horizon et de souffle.

Il est de larges horizons à ne pas perdre de vue : « faire notre les grandes causes de Dieu et du monde », disait Emmanuel d’Alzon, fondateur des Assomptionnistes. Ainsi nous veillerons sur l’espérance en toutes ses boutures, à l’image du quotidien La Croix qui ouvre aujourd’hui quatre semaines d’enquête sur « Ce qui va bien en France ». Avec réalisme, mais justement, sans céder au vent de morosité qui souffle fort cet automne, et on le comprend.

Je cite ces trois paragraphes pris sur lacroix.com, disant la trajectoire impressionnante et la résistance de Aung San Suu Kyi :

« L’opposante a passé près de 15 des 21 dernières années privée de liberté. Elle a sacrifié sa famille à la cause, en restant en Birmanie en 1999 tandis que son mari mourait d’un cancer en Grande-Bretagne, de crainte de ne pouvoir rentrer chez elle.

Elle n’a pas vu ses deux enfants depuis plus de dix ans. Kim Aris, son plus jeune fils, se trouvait encore à Bangkok lundi pour tenter d’obtenir un visa pour la Birmanie. Il s’est entretenu avec sa mère samedi soir au téléphone.

Nyan Win a indiqué que l’opposante souhaitait attendre l’arrivée de son fils pour se rendre à la pagode Shwedagon de Rangoun, où elle avait tenu son premier discours politique en 1988. »

Aung San Suu Kyi, bouture de printemps au coeur de cet automne très venteux.

11 novembre, ciel de grisaille et profondeur de mémoire

Jeudi, novembre 11th, 2010

C’est ainsi. L’été de la Saint-Martin, c’est selon. Mais pas pour cette année apparemment. Et c’est donc le 11 novembre, anniversaire essentiel puisqu’il rappelle, comme en creux, le devoir d’humanité et de résistance à l’inhumain et aux forces de la mort. Et même si l’événement s’éloigne (1914-1918), la mémoire est intacte. Elle est même vive en ces jours, où l’on fête aussi, à juste titre, la mémoire du « départ » du général De Gaulle… Bien-sûr on aimerait moins de revendications d’héritage : plus silencieux, pour l’intégrer plus profondément, et respecter le fait que cet héritage n’appartient pas, il est à ceux qui en vivent. Le proverbe affirme que « c’est quand l’arbre est abattu que l’on mesure sa grandeur ». Dans ces jours de mémoire, il semble en tout cas bien en être ainsi. C’est avec le temps et le recul que l’on (re)découvre la richesse immense de cette grande trajectoire parcourue et tracée par l’homme du 18 juin aux heures noires.

Ainsi va la mémoire active, la mémoir vive… Comme celle des paroles de Jésus éveillant le croyant. Mémoire vive, très vive, qui est même plus qu’une mémoire : l’irruption lumineuse du futur dans le présent…

Ciel de grisaille et de vent, et… éveil de la mémoire, qui ouvre l’homme et le temps.