Archive la catégorie ‘Espace’

Ciels de novembre

Vendredi, novembre 5th, 2010

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Comme vous sûrement, je suis allé marcher et me recueillir, dans le cimetière doucement ensoleillé en ce début novembre, où se trouvent ceux que j’aime et qui sont partis, passant le point fini du regard pour l’infini de Dieu. Nous échangeons souvent encore, mais autrement. Ainsi mes pensées sont allées aussi, dans ce cimetière, tandis qu’au rythme lent de celui qui marche peut-être tout à la fois à fleur de terre et à fleur de ciel, je regardais les noms, les dates, impressionné quand elles sont courtes ou renvoient à des visages et des êtres connus et proches.

La lumière d’automne était si douce, que j’aurais voulu en apporter ici, mais la technique est rebelle. Tant mieux peut-être ? 

Et novembre poursuit son cours. Nous sommes à la nouvelle heure, dans tous les sens du terme. Entrés un peu plus dans l’automne, ou l’été bientôt, de la Saint-Martin. Un mois doucement grave, un mois d’entre deux : entre la rentrée et la proximité en décembre, de Noël. Autres couleurs alors, du coeur et de tout.

Mais dans la grisaille, et après les marches récentes, nombreuses, brûlantes, c’est le rouge tutélaire de l’Extrême-Orient, couleur du bonheur là-bas, et voilà à grand bruit la Chine à nos portes et dans les avenues. Amitié entre les peuples, chiffres – élevés - de coopérations sur différents chantiers et contrats. Le contrat d’amitié veut semble-t-il que l’on se parle des choses bonnes à échanger, se taisant sur les autres. Amitié entre les peuples, qui n’est pas rien, mais où l’on ne sait si l’on attrappe le tournis pour un temps. Tout brille un moment, d’exception, et l’on se prend à espérer… A espérer en fait, que tous puissent espérer aussi.

Beaux chemins d’automne, aux feuilles mortes dorées et aux couleurs de splendeur.

Le pèlerin vit d’accueil

Vendredi, octobre 22nd, 2010

N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges, dit dans la Bible l’épître aux Hébreux (He 13,2). Une phrase qui fait écho au magnifique épisode dans lequel, au livre de la Genèse – chapitre 18 -, Abraham se trouve à l’entrée de sa tente au plus chaud du jour. Il a ce regard à la fois flottant et aigu des nomades, posé sur l’infini qui les entoure de près en ces lieux. Et trois hommes passent. Spectacle étrange à cette heure du jour où chacun se terre là où il se trouve, sous un tamaris ou l’auvent de la tente de lourde toile. Ils passent et Abraham sort en hâte et court à leur rencontre, se prosternant jusqu’à terre : Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur ! Et les trois passants s’arrêtent. Abraham court au troupeau, donne des ordres à ses serviteurs. Il faut préparer le meilleur : un veau tendre, des galettes, et de ce lait caillé qui désaltèrera l’étranger.

Car Abraham parle au singulier à ces trois étranges passagers. Et la tradition de lecture ultérieure y a vu comme une préfiguration, dans ce… singulier pluriel ou pluriel singulier, du Dieu unique que les chrétiens découvriront mystère de Trinité, ce que l’épître aux Hébreux pressentait bien en disant ce magnifique étonnement par lequel je commençais ci-dessus : oui, n’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges !

Et ces anges là, c’est à dire ces envoyés, c’est le même terme en hébreu, comme en grec - et envoyés de qui ? si ce n’est de Dieu – lui demandent où est Sarah sa femme. Elle est là où l’on imagine bien quiconque, intrigué par ce passage insolite en terre de désert, au plus chaud du jour. Affairée de l’autre côté de la lourde toile de cette tente nomade, elle ne manque pas une miette de ce dialogue étonnant où le ciel entre dans la tente nomade, y apportant l’espérance : Je reviendrai chez toi dans un an, dit l’étranger à Abraham, et à ce moment-là, Sarah, ta femme, aura un fils.  Sarah, qu’on l’excuse, pouffe de rire : elle, vieille et stérile, et son mari tout aussi âgé et même plus !… Mais non, eux ne rient pas. Et l’enfant portera en son nom la trace de ce rire (jeu de mot en hébreu sur le nom d’Isaac), ou de ce sourire du ciel qui inverse la tristesse douloureuse dans laquelle vivait pour toujours Sarah.

L’hospitalité est au plus profond échange de vie. Notre langue, comme beaucoup d’autres, le donne à pressentir en n’ayant qu’un mot pour désigner qui accueille et qui est accueilli, l’hôte, the Guest

Entre les mains, cette revue dont l’encre est encore fraîche et le graphisme magnifique, sur l’Hospitalité. Tout y est à lire, comme en un voyage intérieur qui révèle notre vie, comme fut révélée jusqu’à l’allégresse la vie de Sarah devenue étonnament mère, porteuse de vie, semblable en cela à la veuve de Shunem au temps d’Elisée, ou à la veuve de Sarepta au temps d’Elie, et tant d’autres encore dans le grand livre de la Bible (2 R 4 ; 1 R 17). Histoires passées, qui ne cessent de trouver réplique dans des vies de femmes et d’hommes d’aujourd’hui, peut-être nous, comme le dit magnifiquement au fil de ses pages, la revue dont je souhaitais parler ici.

Le temps du passage des nuages sombres

Mardi, octobre 19th, 2010

Ainsi marche le pèlerin, sur les chemins de montagne, sur ceux de Compostelle, ceux de partout et même ces pèlerins des très hautes altitudes qui nous dépassent et où pourtant ils marchent par milliers, vers les hauts sommets himalayens ou ceux des Andes… Pèlerins de partout et ceux du quotidien, qui voient parfois s’alourdir et s’obscurcir le ciel, sans que leur marche n’en soit entravée. Marche de brume, aux contours incertains mais où demeure pourtant le chemin sous les pieds, même si son contour est si imperceptible, si frêle, si fragile.

Les temps sociaux et ceux de l’histoire m’inspirent parfois ces paysages, où il faut marcher sans fatigue et sans trêve, tant que dure le grain comme l’appellent les marins. Marche solidaire dans laquelle s’accouche parfois dans la douleur, l’humanité…  

ci-dessous, cliquer sur une des photos ou le mot diaporama, pour ouvrir le diaporama
puis utiliser les flèches latérales pour le suivre

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Couleurs, ombres et lumières là-bas

Vendredi, octobre 15th, 2010

Fin de la semaine, avec le poids de ses soucis, de ses tracas, de ses travaux, de ses bonheurs, de ses passages… Vient le temps du repos, même si les bruits de la rue [dans tous les sens du mot] invitent bien à rester en éveil, et il le faut bien. Mais quand même, poser le regard et le coeur sur quelques espaces d’une nature qui restitue au coeur son intégrité et sa part de silence, de beauté… Alors ces photos de là-bas, quelque part dans le Sud-Ouest, du côté de la Dordogne et d’une abbaye où la prière demeure et veille…

Bon week-end !

Retour à l’alpage

Dimanche, octobre 3rd, 2010

Silence un temps sur ce blog… Le temps de quelques difficultés techniques normalement résolues, et le temps aussi, encore, de chemins multiples : nomade ! Le temps aussi est nomade : il file. Temps d’automne désormais, où soleil et brume jouent de leurs alternances pour changer peu à peu le décor au coeur desquels chacun poursuit ses chemins. Chemins intérieurs aussi, passage là au monastère, laissant place pour un temps riche d’intériorité, à son silence et à la prière qui en ces lieux porte le monde. S’associer quelque temps à cette prière, à la fois louange, intercession, et écoute, qui pose sans cesse les pierres de fondation du monde en mouvement. Comme on a pu le voir dans ce film impressionnant Des hommes et des Dieux. D’autant plus impressionnant qu’il est signé d’une absence lourde qui inverse le cours du temps et donne aux paroles leur poids immense d’humanité et d’éternité.

Un autre film emporte au loin, sans enchanter au sens habituel du terme, et pourtant tout en rythme et en chansons : Benda Bilili. On aperçoit ce titre et l’on n’oserait s’arrêter, mais il le faut…

Et l’idée aujourd’hui de revenir en images à d’autres solitudes, pour voir encore, dans un retour à l’alpage,  le soleil jouer avec les cîmes, et les rapprocher discrètement de la vie quotidienne.

Bons chemins !

Abaji et enchantements

Lundi, septembre 6th, 2010

Escale ! Dans l’Université d’été de l’Assomption, qui s’est tenue du 25 au 29 août à Ecully (près de Lyon), chaque jour un ou des artistes. Arrêt sur image sur celui qui dans ses racines porte le soleil, la migration, le métissage, et l’art total d’un véritable artisan de la musique, qui façonne des instruments ou les refaçonne, raconte, chante, dialogue de façon étrange et magnifique avec cordes, anches, percussions. Ainsi la guitare devient orientale, la flûte ancestrale plonge dans le mystère, de ses accents rauques et lancinants, tandis que la voix répond chaque fois dans la langue propre de l’instrument, selon les mêmes accents, les mêmes nuances de ce son oriental qui n’en finit pas de tracer les contours des rivages dans les mots et la musique, comme dans l’oreille et dans le coeur de qui écoute et regarde, dans cet atelier où chaque instant est unique. Abaji, métèque aux racines d’Orient.

Au pourtour de la Méditerranée

Mardi, août 31st, 2010

L’été passe, de chaleur en canicule puis en fraîcheur, et chacun va ses chemins, ses rencontres, et le silence. Et aussi en cette fin du mois d’août, et tandis que les enfants préparent déjà les cartables, rassemblent les livres… et les énergies, une magnifique université d’été à Lyon ou dans les collines voisines, à Valpré (Ecully). L’U.E.A., Université Européenne de l’Assomption, rassemblait un panel de choix d’intervenants, pour sillonner la Méditerranée, mère d’humanité.

Impossible de dire de quelques mots le mouvement et le voyage intérieurs auxquels chacun était invité, sans s’en rendre pleinement compte : conférences, grands témoins, ateliers, artistes, convivialité, et le fil d’or de la recherche du sens et de l’espace spirituel et de la prière. Je vous invite sur ces chemins, à épouser la vague le temps de quelques photos, de quelques mots… mettre les voiles plein sud, ouvrir le regard, voguer et voyager ainsi en terres étrangères en même temps que familières, s’étonner et comprendre, même un peu, les enjeux de ces migrations que nous connaissons, et que la Méditerranée a connu depuis la nuit des temps…

Invitation au voyage !

La croix et la source

Vendredi, août 27th, 2010

Pas évident durant le pèlerinage à Lourdes de poster des notes. C’était si bon, si fort…  Je vous y invitais : allez voir en images sur le site qui a suivi et accompagné ces journées ! Et comme en écho, je reprends ici ces photos d’une autre montagne, entre la croix et la source… une vraie parabole de ce que des milliers ont vécu dans la ville mariale, sur le chemin pèlerin.

Anomalie ? Deux photos aussi du renard… rusé, qui file, rencontré un jour au détour du chemin dans ces montagnes. Et s’il n’était pas si rusé que cela, juste passant… A voir.

Le chemin repasse à Lourdes

Mercredi, août 25th, 2010

Oui, le chemin de ce blog repasse à Lourdes ou revient vers Lourdes, où les 5  jours du Pèlerinage National furent d’une grande densité. Redécouverte du signe de la croix qui signe la vie du chrétien et la marque de la présence du Christ. Les mots peinent à dire une exépérience quand elle est trop vive. Invitation à revenir en image sur ces jours. Allez voir le site qui présente ces images sous la rubrique reportage. Ils sont multiples, diversifiés… et placent en direction de l’événement vécu, quand le ciel et la terre se touchent, se rencontrent.

Le train pèlerin

Jeudi, août 19th, 2010

Depuis longtemps, les trains de pèlerinage  traversent la France, et même l’Europe, menant inlassablement les pèlerins vers la ville mariale. Quand le train arrive en gare de Lourdes pour la première fois, en 1866, les locomotives, qui crachent le feu et les escarbilles sur leur passage, sont encore assimilées au diable pour les bonnes âmes qui s’émeuvent plus qu’elles ne se réjouissent. Les dessins et caricatures d’époque le montrent à l’envie. Or les trains convergeront dès cette date vers Lourdes, y menant les pèlerins par centaines et par miliers. Le voyageur d’aujourd’hui regarde avec étonnement les photos des premiers trains et trouve bien rudimentaires les wagons et installations, qui permettent aussi aux pèlerins malades de voyager.

La famille de l’Assomption, qui fonda le Pèlerinage National en 1873, saisit très vite que s’il faut parler des monstres du rail comme du diable, celui-ci peut être sans peine apprivoisé. 2010 marque le bicentenaire de la naissance d’Emmanuel d’Alzon, fondateur des Assomptionnistes, qui ont rassemblé ces étonnants témoignages d’époque en une exposition en gare de Lourdes. Près de 10 000 pèlerins se sont ainsi rendus à Lourdes une fois encore en ce mois d’août, pour une expérience forte et vive. Oui, le pèlerin va bon train.