Archive la catégorie ‘Pèlerin un magazine de marcheurs’

Arcboutés sur la prière et sur le ciel

Mardi, février 10th, 2009

Ce soir je suis à Lourdes. La pluie est froide, mais le coeur des milliers de pèlerins présents est chaud. Et dans la nuit et la douce lumière que portent les pèlerins, le chant monte, comme une seule voix qui semble tutoyer le ciel, lui parlant ou lui chantant selon les moments, le cri de la terre et du monde, de ses espoirs, de ses attentes, de ses inquiétudes, de sa passion de vivre et d’aimer. En Israël, ils votent ou viennent de voter tout au long de la journée, et je ne peux l’oublier. Au moment où j’écris cette note, je ne connais pas les résultats de cette élection. Juste un sondage sortie des urnes donnant Kadima en légère avance sur le parti de Benyamin Nétanyahou, contrairement aux estimations et prévisions récentes. Mais les indications de ce sondage sont encore minces. Les choses, nous le savons bien, sont dans la réalité beaucoup plus complexes.

Dans la nuit, dans le chant, dans le souffle froid alternant avec la pluie, face à une lune pâle qui laisse apparaître successivement et lentement quelques nuages, éclairés doucement quand ils passent dans son rayon de lumière, je pense, intensément, à la paix. Je prie, intensément, pour la paix, pour ces élections, pour tous. Pour les familles – j’en connais tant – pour les gens seuls, ceux qui tracent leur chemin avec le sentiment de guère plus de lumière que cette lune pâle, mais pourtant réelle et belle dans la nuit.

Lourdes a le coeur qui bat toujours au rythme du monde et à celui du ciel, en même temps. La vie est faite souvent de ce double mouvement se rejoignant ou tentant de le faire, même si c’est parfois en léger décalage, en légère arythmie, en secrète tension. Comme va aussi, souvent, le pas du pèlerin.

Le pèlerin vêtu de blanc

Jeudi, février 5th, 2009

Le regard porte, inlassablement, sur la marche, toujours infinie, des pèlerins et des marcheurs. Nous en croisons tant, et faisons partie du nombre. Car si l’on est acteur de la marche, elle nous le rend largement. Au fil de la marche, celle-ci remodèle ou reconfigure le marcheur, faisant se rencontrer étonnamment l’extérieur et l’intérieur.

Il y a quelques jours, je disais les couleurs des marches, comme celle des arc-en-ciel, ou comme on dit aussi les couleurs du temps… et les couleurs intérieures ! Il me semble que si l’on enlevait la couleur, partout, rien ne pourrait plus véritablement atteindre l’intérieur.

Et surprise, ce matin, de croiser à la fraîche le pèlerin vêtu de blanc. Numéro original de la revue du même nom, qui me fait imaginer aussitôt le pèlerin sur ses chemins, et un peu nous-mêmes. Un numéro tout en blanc ! C’est le titre. On regarde étonné la couverture, écrite presque ton sur ton (si l’on peut dire !), puis ce sont à l’infini des fondus enchaînés blanc et couleurs, devenues tendres de cotoyer de si près et si durablement le blanc. Et c’est, par les temps qui courent, Benoît XVI, l’homme en blanc, sur fond blanc, et quelques autres personnalités, tout décor emporté autour d’eux par cette clarté ambiante. Sûr que le rouge ou l’orange, ou encore le bleu, ressortent comme ont les voit rarement, sur ce fond de décor, avant que l’on ne nous parle de « soif de pureté »… Sûr aussi que de lire « Job et le visage de Dieu » sur fond blanc, est une sorte de parabole immédiate, à la fois de la force et de l’humilité infinie du langage quand on parvient à parler de lui.

Et peut-être serait-ce là que mène le chemin du pèlerin… vêtu de blanc. A mieux apercevoir les contours de ce visage (de Dieu) qui se laisse au fil des jours apercevoir, ton sur ton, sur des visages, un fond de silence, des événements, qui ont cette discrétion. Je vous souhaite pour aujourd’hui de ces chemins, à la fois blancs et divins !

Et à vous retrouver, sur une nouvelle page blanche… que je tenterai à nouveau d’écrire s’il est possible ton sur ton !

En plein hiver, les chiffres qui glacent !

Mardi, février 3rd, 2009

En cette période, les sujets de bonheur ou de  joie sont multiples. Les autres aussi. Avec beaucoup, je partage la joie de l’équipe de France de hand ball, qui vient de pulvériser l’obstacle et de se qualifier, 24-19 contre la Croatie, remportant, 5 mois après la médaille d’or olympique, un troisième titre mondial masculin (après ceux de 1995 et 2001, et celui du championnat d’Europe en 2006). Magnifique équipe des Bleus, habillés en blanc ce dimanche. Oui, toujours les couleurs ! Et ce dimanche, je parlais aussi du Vendée-Globe. Je ne finis pas d’admirer ces hommes… et femme qui traversent ainsi seuls les mers. Et je le confiais aussi, j’ai aussi feuilleté avec bonheur le dernier n° de Pèlerin. Beaucoup de français sont (très) solidaires.

Mais radios et journaux tirent aujourd’hui une sonnette d’alarme. Alerte orange… foncé. Pas seulement pour la météo. Ils nous parlent de ceux qui traversent aussi l’hiver en solitaires et sans provisions. Et ces chiffres donnent froid dans le dos. Un million de personnes en France sont sans logement personnel. 100 000 sont sans domicile, selon des chiffres de 2001 que l’actualité récente ne parvient pas à démentir. Et en 2005, la Fondation Abbé Pierre estimait à 150 000 le nombre de personnes hébergés chez des tiers dans des conditions difficiles, mais elle remonte aujourd’hui au créneau, avec calme et détermination. Le combat du logement est un combat premier. Pour preuve s’il en fallait une par les chiffres, la moyenne des français laisse dans le logement 25% de ses revenus ! Et la Fondation estime (chiffres entendus ce matin de l’un de ses responsables sur une radio) à 3,5 millions le nombre des mal-logés. La Croix consacre aussi aujourd’hui deux pages à la question, rappelant la vulnérabilité des personnes âgées en la matière.

Ainsi ceux qui courent les mers ne sont pas les seuls à faire la traversée sans escale et sans assistance. Cela m’émeut, n’enlevant pas un gramme à mon admiration pour eux. Mais ainsi, ils ne sont pas les seuls à traverser l’épreuve.

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de bonheur !

Vendredi, janvier 30th, 2009

Les raisons seraient multiples de parler de choses graves, de celles qui vous tiennent solidement au corps ou au coeur. Celles qui demeurent en tête et semblent ne pas vouloir en bouger, qu’on se lève ou qu’on dorme, que l’on travaille ou que l’on aille simplement son rythme : société, remous de l’économie, interrogations sur des affirmations d’hommes d’Eglise qui blessent en profondeur. Et je feuillette Pèlerin, en ayant vu le titre de cette semaine, mais le mettant momentanément en suspens : « Être heureux c’est possible » (entretien avec Boris Cyrulnik), comme pour attendre d’abord des signes de confirmation.

Je feuillette, et je laisse images et titres, rythme du journal, me porter, plus doucement encore que les navigateurs solitaires du Vendée Globe, qui à l’heure qu’il est, affrontent la vague plus peut-être qu’elle ne les porte. Et je vois des couleurs tendres malgré elles, qui montrent la dévastation des forêts landaises. Peut-être les couleurs tendres sont-elles celles de la nature, qui résiste malgré tout. Peut-être sont-elles dûes au photographe – oui, aussi ! – mais aussi à ces hommes en bleu et en jaune, qui marchent au sol ou en hauteur pour rétablir le contact et la vie.

Je retiens mon souffle ensuite, comme chacun, face aux photos certes lumineuses, qui évoquent le schisme intégriste. Comme chacun, cette question et tout ce qu’elle entraîne, me blesse. Mais vient une page sur les chrétiens de Gaza, et des amis m’ont transmis il y a peu une lettre poignante du curé de Gaza durant les événements. Autre visage de l’Eglise, aux prises avec le monde, et qui forge envers et contre tout de l’espérance. Puis solidarité dans le Nord-Pas de Calais, mon pays. Ils marchent, ils ont du peps ! Puis St Paul Hors-les-Murs, lutte contre le cancer, et le visage très humain de la justice des mineurs, encore dans le Nord (oui, Bienvenue dans ce pays !), où s’est rendu avec passion Benoît Fidelin. Puis Simone Weil, « une âme éprise d’absolu »…

Alors oui, Boris Cyrulnik, OK pour l’option de bonheur annoncée. « Etre heureux, c’est possible », dites-vous ? Au bénéfice du doute, j’accepte d’aller y voir. Et merci aux marcheurs innombrables de ce numéro de Pèlerin ! Ils ont du souffle, et tout en couleurs, m’en donnent.

Transversale

Jeudi, janvier 15th, 2009

Transversale ! Parce que c’est en transversal que j’avais envie de marcher, depuis plusieurs jours (cf. les dates de ce blog). Mais retenu par un bug qui m’empêchait d’avancer ici comme je le souhaitais, j’ai différé. Le blog a ses secrets que parfois il se refuse à livrer et la technique imposait de patienter. Mais la voie est rouverte, et la pensée demeure pour moi.

Transversal[es] ! Parce qu’aujourd’hui il est important de marcher parfois ainsi, cultiver les idées, les pensées, les rencontres, l’ouverture d’esprit… de façon transversale. Inter-disciplinarité dit-on dans les domaines de la recherche, compétences multiples ou croisées… Et la vie quotidienne se joue – ou du moins peut le faire !-, sur ce mode des rencontres parfois non prévues, mais éventuellement cultivées comme telles, qui croisent les horizons, les perspectives, les itinéraires. Les pèlerins, de Compostelle et d’ailleurs le savent bien. Et tous les marcheurs du quotidien.

Croisements donc, ou carrefours, même si le premier mot est plus évocateur, plus poétique peut-être que le premier. (suite…)

Matin d’hiver

Vendredi, janvier 9th, 2009

Tous, ils vont, dans le quotidien…

Petit matin d'hiver sur Paris

Petit matin d'hiver sur Paris

Le tramway - ligne T3

Le tramway - ligne T3

Quand le chemin est libre, filer...

Quand le chemin est libre, filer...

…parcelles d’une Histoire toujours plus grande qui oriente ou aimante le chemin.

Non loin des Champs Elysées

Non loin des Champs Elysées

Tenir, parfois quoi qu’il en soit

Jeudi, janvier 8th, 2009
Résister dans le froid de l'hiver

Résister dans le froid de l'hiver

Résister au froid

Résister au froid

Résister et tenir

Résister et tenir

seul... ?

seul... ?

La météo résonne parfois comme un signal intérieur. Et la nature secrètement parle à qui veut bien entendre. Correspondance entre ce qui est donné à voir, entendre, comprendre, et l’espace intérieur. Correspondance entre le quotidien et le monde.
Marcher parfois pensif, pour entendre le chant du monde. Regarder et parfois malgré tout, se prendre à espérer. Marche de pèlerin parfois sur le bas côté, parfois au centre des événements du monde. Et aussi longtemps que dure l’hiver.

Bonjour tout le monde !

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Bienvenue sur ce blog, attentif  à la marche ou aux marches des hommes. Sensible tout particulièrement, au jour où je l’ouvre, au changement d’année et aux mouvements des hommes et des femmes, à leurs rites et à leurs gestes en ces jours particuliers de fin d’une année et d’entrée dans une nouvelle année.

Ce blog a pris le relais d’un autre blog dédié aux marcheurs et aux pèlerins de Lourdes, tout au long de l’année 2008, qui fut en ce lieu un temps de jubilé, lié au cent-cinquantième anniversaire des apparitions. Il fait suite aussi à un tout petit livre que j’ai aimé écrire et qui « marche » : Nomades, le petit livre du marcheur et du pèlerin.

Il n’y a pas que sur les routes des grands pèlerinages que les hommes sont pèlerins. Ne le sont-ils pas tous, marcheurs à l’étoile du quotidien, pour un avenir meilleur, ou soucieux de construire, de vivre, d’aimer, de marcher simplement et d’espérer. Ce sont tous ceux là, mages des routes d’aujourd’hui et du quotidien, que j’aimerais rendre présents ici, avec amitié et avec reconnaissance.

Ce blog est hébergé par le site pelerin.info, le site web du magazine Pèlerin. Oui, pèlerins et nomades, une affinité très forte.