Archive la catégorie ‘Rites et rituels’

La médaille d’or… sous la cendre !

Mercredi, février 17th, 2010

Sous la cendre, la braise. Peut-être est-ce là aussi le sens du rite que pratiquent les chrétiens au mercredi… des Cendres. L’expression, comme telle, fait allusion au signe extérieur du deuil ou de la conversion dans la bible : pleurs [intérieurs ?], liés à la tristesse du péché, quand on aspire à vivre ! Alors parlons cendres, et que tout le bois mort [en nous] soit prêt à s’enflammer. En ce cas, le carême, c’est 40 jours pour souffler activement sur la braise demeurée cachée sous la cendre, comme on le fait dans le foyer pour que jaillisse le feu et la lumière, comme on le fait ou faisait dans un feu de plein air, qui réchauffe aux jours froids, et rassemble.

Eh bien au temps du jeûne, tournons-nous vers les recettes. Celles de Pèlerin par exemple (n° 6637, 11 février), qui annonce à la une ses 7 façons de vivre le carême aujourd’hui. Précieux ces sept pistes pour qui n’est pas téméraire. Comme l’écrit Anne Ponce dans son édito : « Le Carême, top ou flop ? » Citation alors du philosophe Patrick Viveret, qui plaide assez simple : « partager, pour vivre intensément !… », plaidoyer pour la « sobriété heureuse ». On tourne alors les pages… du magazine en même temps que les pages intérieures. Et p. 32, Samuel Lieven effeuille la marguerite du carême réussi, pour « un printemps de la vie chrétienne » (V. Cabanac) : accéder à une nourriture spirituelle de qualité, partager la beauté des liturgies et des prières, se priver de quelque chose pour faire un don, aborder facilement des points personnels, décaler un peu son temps pour une aération intérieure, etc… 7 et 1000 façons de vivre le carême, qui finalement, si j’en crois ce que j’en pense, valent mieux qu’une ! Des recettes pour carême sans face de carême…. je prends. Et si vous avez de ces recettes, pas trop compliquées bien-sûr, pour le coup, répondez à ce blog. Mutualisons la recherche.

Pèlerins d’hiver et de neige

Vendredi, février 12th, 2010

Le pèlerin est un être en marche, poussé par un mouvement intérieur dans lequel il aspire à l’essentiel et cherche Dieu. Le pèlerin de Lourdes se met en marche par tous les temps, comme en ce coeur de l’hiver où il ne craint pas de braver le froid pour porter, haut dans la nuit, la lumière qui le touche doucement aussi intérieurement… Il marche, avec d’autres : chercheurs, guetteurs d’aurore.

Il marche dans la nuit, comme dans la pleine lumière du jour, vers la grotte de Massabielle, où des milliers comme lui, avant lui et après lui, vont cueillir l’espérance et le ciel. Ils vont sur les pas de Bernadette Soubirous, qui s’y rendit un jour, aux mêmes dates, au même froid, et pressée par le même mouvement intérieur, dans lequel Dieu se donne… Marcheurs de Dieu !

Au fait, et la messe qui prend son temps…

Dimanche, mars 29th, 2009

Oui au fait, justement, je parlais hier du temps. Et en ce dimanche, je relis volontiers le reportage original réalisé, dans le cadre du dossier de Pèlerin, à l’Eglise saint Ignace. Elle aura peut-être l’inconvénient aux yeux de beaucoup, d’être au coeur de Paris, et les lecteurs de ce blog pourront apprécier d’autres références peut-être [mais le reportage en donne : à Lyon, Toulouse, Mulhouse, Marseille, Strasbourg, Pau...!]. Le temps d’une messe qui prend son temps.

Apparemment, de telles messes ont, si on peut le dire comme ça, mais les mots sont bien approximatifs, du succès. Oui, de plus en plus de gens aiment prendre le temps pour prier. Prendre le temps de l’écoute de la Parole et de l’intérioristation, du partage, du silence. Et l’on redécouvre que la messe dominicale aussi peut être cette halte bénéfique et fondatrice.

C’est dimanche. Je vous souhaite peut-être un temps aussi beau, et fondateur. Avec beaucoup d’amitié.

Braise et cendre… et le pain de la marche

Mercredi, février 25th, 2009

Mercredi des Cendres et retour du carême. Montagnards et marcheurs, navigateurs ou sportifs, et tant d’autres, connaissent ces temps de préparation avant l’événement attendu de tout leur être. Et pour le coup ici, abordant donc le carême, la préparation est essentielle, ligne fine à suivre pour que la vie tout entière passe à la clarté de Pâques. Temps de l’apprentissage, comme à nouveau, du goût de la Parole et de l’essentiel. Suivre le chemin d’Elie jusqu’à la montagne sainte où, passé le fracas des éléments, il entend une voix de fin silence, qui orientera sa vie (Premier livre des Rois, chapitre 19). Retrouver le goût de la Parole et du pain, de la simplicité, de l’essentiel, laisser notre vie reprendre au sens le plus fort son orient, la source qui la fonde.

Le chrétien aujourd’hui reçoit les cendres. Geste très ancien, venu des temps les plus profonds de la bible. Sous la cendre, retrouver la braise de Dieu et la laisser prendre.

Des voix de prophètes appellent au coeur de ce silence, ils laissent entendre puissamment la voix de Dieu : « Revenez à moi de tout votre coeur, déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour…». Oui, « c’est maintenant le moment favorable, confirme Paul. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (Prophète Joël et l’apôtre Paul aux Corinthiens).

Quarante jours donc, pour reprendre souffle et retrouver le goût de la Rencontre, unique, qui fonde nos vies.

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Alina Reyes parle magnifiquement de ce temps dans Panorama ce mois-ci, en un long entretien : « Je vais vivre mon premier carême ! ». A lire, ou à retrouver sous une autre forme ici, ou ici.

Derrière la mine

Mardi, février 24th, 2009

Mardi gras ! Changement de mine et mines en fête, derrière les soucis ou les rides, ou derrière les jours… Pause si l’on veut, ou demi-pause, le temps d’un soupir, de flaner, de regarder… derrière les mines aussi. Demain sera plus grave. Mais le mot « grave » d’abord évoque le poids ou le centre de gravité, à retrouver parfois. Parfums de crêpes ici ou là, saveur de carême déjà. Temps de la pause avant l’effort, de la détente avant l’attention à qui vient en notre vie la toucher doucement de résurrection.

Pour aujourd’hui donc ces couleurs, parmi tant d’autres…

Arcboutés sur la prière et sur le ciel

Mardi, février 10th, 2009

Ce soir je suis à Lourdes. La pluie est froide, mais le coeur des milliers de pèlerins présents est chaud. Et dans la nuit et la douce lumière que portent les pèlerins, le chant monte, comme une seule voix qui semble tutoyer le ciel, lui parlant ou lui chantant selon les moments, le cri de la terre et du monde, de ses espoirs, de ses attentes, de ses inquiétudes, de sa passion de vivre et d’aimer. En Israël, ils votent ou viennent de voter tout au long de la journée, et je ne peux l’oublier. Au moment où j’écris cette note, je ne connais pas les résultats de cette élection. Juste un sondage sortie des urnes donnant Kadima en légère avance sur le parti de Benyamin Nétanyahou, contrairement aux estimations et prévisions récentes. Mais les indications de ce sondage sont encore minces. Les choses, nous le savons bien, sont dans la réalité beaucoup plus complexes.

Dans la nuit, dans le chant, dans le souffle froid alternant avec la pluie, face à une lune pâle qui laisse apparaître successivement et lentement quelques nuages, éclairés doucement quand ils passent dans son rayon de lumière, je pense, intensément, à la paix. Je prie, intensément, pour la paix, pour ces élections, pour tous. Pour les familles – j’en connais tant – pour les gens seuls, ceux qui tracent leur chemin avec le sentiment de guère plus de lumière que cette lune pâle, mais pourtant réelle et belle dans la nuit.

Lourdes a le coeur qui bat toujours au rythme du monde et à celui du ciel, en même temps. La vie est faite souvent de ce double mouvement se rejoignant ou tentant de le faire, même si c’est parfois en léger décalage, en légère arythmie, en secrète tension. Comme va aussi, souvent, le pas du pèlerin.

Sur la Bible de Lincoln

Mercredi, janvier 21st, 2009

Hier tandis qu’il était 18h00 en France, Barack Obama a prêté serment à Wahington. Sur la bible de Abraham Lincoln, prédecesseur illustre, l’un des présidents favoris des américains. C’est lui qui mit fin à l’esclavage aux Etats Unis.

L’adoption du 13 ème amendement de la Constitution des Etats-Unis intervint le 18 décembre 1865… un peu plus de 6 mois après sa mort, assassiné en avril 1865, à la fin d’une guerre de Sécession qui fut meurtrière. Il avait tenu ferme le parti de garder les  Etats-Unis de la division, et ne s’était pas fait que des amis.

Les mots de Lincoln quelques jours avant étaient forts. Ainsi le 4 mars 1865 : « Sans haine contre personne, avec de la charité envers tous, avec une ferme confiance dans la justice, car Dieu nous permet de reconnaître ce qui est juste, finissons le travail que nous avons commencé [...]. Faire tout notre possible pour réaliser et aimer une paix juste et durable ».

Sans honte, ces hommes comptent sur le ciel quand il faut que le soc de la charrue aille profond, et parfois en terre gelée. Obama a une feuille de route très rude, les deux pieds sur terre et la tête un peu au ciel. C’est ainsi que font les gens de « vision » comme on le dit en anglais. Des gens qui voient loin et beaucoup plus large que l’ordinaire.

Hier le journal La Croix, qui avait comme aujourd’hui de magnifiques pages, en attendant dans quelques heures un Pèlerin magnifique et en images, traçait le portrait du pasteur Joseph Lowery, pasteur méthodiste à qui Obama a confié la bénédiction qui devait conclure la cérémonie d’investiture. Né en 1924, il milita très activement pour la fin de la ségrégation dans les bus et espaces publics. Il travailla aussi avec Martin Luther King, enraciné dans l’option de non-violence. Emprisonné plusieurs fois, puis réhabilité. Il a raconté avoir prié pour que le pays élise un jour un président noir. « Mais je n’ai jamais pensé que je vivrais pour le voir » a-t-il affirmé. Il est des jours où le ciel écoute la terre attentivement, ensemençant les efforts des hommes.

Je vous souhaite de ces jours-là.

Dans les nuages

Samedi, janvier 17th, 2009

« Vous êtes dans les nuages ! » La phrase sonne souvent comme un rappel dur aux oreilles de l’enfant quand on le lui dit pour le rappeler à la réalité. Elle sonne tout autrement aux oreilles de qui les entend en altitude, montagnard en pleine course ou voyageur en altitude. Elle sonne alors un peu comme… une sorte de barrière ouverte aux rêves, ou à la détente, à des espaces aériens et plus doux, infinis.

Peut-être est-ce un peu cela aussi le rythme que permet – mais pas toujours ! – l’entrée en week-end. Alors je prends cet avertissement discret comme un souhait ou un appel au débrayage ou au rêve : Vous êtes dans les nuages. Il est un peu permis de rêver.

Le paysage évolue alors, paysage extérieur et paysage intérieur. Image à terre et sous la pluie, d’abord, puis du haut des nuages, plus haut que la grisaille, quand les nuages semblent former une mer qui ondule et parfois se creuse, ouvrant ici ou là en profondeur des abîmes – à terre ! – que la neige de l’hiver recouvre légèrement, leur donnant à eux aussi, même au ras du sol, une allure de nuages.

Répliques une fois encore entre la terre et le ciel, comme il en est d’autres dans la vie quotidienne où prennent parfois un sens infini, on ne sait pourquoi, les mots de la prière chrétienne, lorsque l’on dit, laissant résonner en soi des paroles qui nous dépassent mais que Jésus enseigna : « sur la terre comme au ciel ». Et les autres mots de cette prière aussi, qui apprend au plus profond cette correspondance entre le monde des hommes et celui de Dieu, qui n’en font peut-être qu’un, personnellement je le crois.

[des photos viendront, ce lundi. En attendant, voici celles ci-dessous, apparentées]

Oui, il est des correspondances qui donnent à penser. Paraboles de l’essentiel semées dans un quotidien d’hommes et de femmes pèlerins du quotidien.

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Alors oui, vous êtes dans les nuages ! La trêve des soucis n’est jamais entière ou rarement, et les bruits du monde continuent de venir. Mais justement, les nuages donnent une surface ou un volume large pour écouter autrement… et vraiment les entendre. Dans les nuages, le coeur se reconfigure, doucement.

Matin d’hiver

Vendredi, janvier 9th, 2009

Tous, ils vont, dans le quotidien…

Petit matin d'hiver sur Paris

Petit matin d'hiver sur Paris

Le tramway - ligne T3

Le tramway - ligne T3

Quand le chemin est libre, filer...

Quand le chemin est libre, filer...

…parcelles d’une Histoire toujours plus grande qui oriente ou aimante le chemin.

Non loin des Champs Elysées

Non loin des Champs Elysées

Tenir, parfois quoi qu’il en soit

Jeudi, janvier 8th, 2009
Résister dans le froid de l'hiver

Résister dans le froid de l'hiver

Résister au froid

Résister au froid

Résister et tenir

Résister et tenir

seul... ?

seul... ?

La météo résonne parfois comme un signal intérieur. Et la nature secrètement parle à qui veut bien entendre. Correspondance entre ce qui est donné à voir, entendre, comprendre, et l’espace intérieur. Correspondance entre le quotidien et le monde.
Marcher parfois pensif, pour entendre le chant du monde. Regarder et parfois malgré tout, se prendre à espérer. Marche de pèlerin parfois sur le bas côté, parfois au centre des événements du monde. Et aussi longtemps que dure l’hiver.