Pensées d’orient et de sagesse infinie

Pensées, car le monde tourne et va son rythme, avec parfois ce tournis qui vous prend quand l’actualité décharge son fardeau en longues séquences de nouvelles rudes et âpres.

Je lisais ces derniers jours un très beau livre de la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei (La rivière et son secret - Laffont 2008). Le sous-titre dit le torrent glacial que cette artiste dut remonter après qu’il l’ait emportée, au fil de sa vie : Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d’une femme d’exception. L’écriture est magnifique. L’histoire n’est belle que par celle qui y parsema des germes d’espoir plus forts que l’hiver communiste et les migrations cahotantes ou cahotiques. Ici ou là, puisque c’est sa culture, des pensées aussi de Lao-Tseu, comme celle-ci : « Percevoir le plus petit, voilà la clairvoyance. Garder la douceur, voilà la force d’âme… ». Mais aussi celle-ci – et il y en aurait d’autres : « La bonté suprême est comme l’eau, qui favorise tout et ne rivalise avec rien. En occupant la position dédaignée de tout humain, elle est tout proche du Tao ». Mais il y aurait encore celle-ci : « Fermeté et force sont disciples de la mort. Souplesse et faiblesse sont disciples de la vie. » Ces pensées me donnent à méditer profondément, comme si le tout d’une vie pouvait y passer au tamis !

De part et d’autre du livre, une aria, comme au début et à la fin des fameuses Variations Goldberg de Bach, qui guidèrent intérieurement la pianiste, qui lui rendirent aussi en chemin la paix, et qu’elle recommande à tout le monde d’écouter. Aria et douceur sont ainsi les maîtres-mots sur ce long chemin, ou peut-être la fondamentale, mais peut-on dire la fondamentale quand l’oeuvre évoquée est toute en légèreté ?

Je cite donc Lao Tseu. Les pensées que j’évoque sont riches d’enseignement. Mais je reste, ou suis simplement, d’une autre culture, qui ne se superpose pas, mais croise ici ou là cette pensée. Je la prends en particulier pour ma part, en ces jours, par le biais de Pâques, du mystère subversif de la vie totalement enfouie quand elle est donnée, et qui resurgit par la grâce totale de Dieu. Résurrection… ! Ce mot que nous peinons souvent à cerner ou appréhender, tant sa dynamique bouleverse, étonne, emporte, au-delà de l’entendement. Et pourtant nous en saisissons quelque chose, comme par étincelles, d’expérience plus que de pensée. Les textes bibliques que la liturgie chrétienne médite en ces jours sont également subversifs, en même temps que beaux… Bon dimanche, tout en aria peut-être ?

17/04/2009

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