La route de Jérusalem

Après la rieuse et verdoyante Galilée, le pèlerin prend la route de Jérusalem. Un pèlerinage est toujours une découverte profondément humaine : rencontre d’une terre, d’un peuple dans sa vie d’aujourd’hui, et cette terre est une terre d’incarnation. Mais le pèlerin qui « monte » à Jérusalem, le fait aussi comme le fit Jésus, qui allait ainsi au coeur de la foi de son peuple, comme tout pèlerin d’alors le faisait trois fois l’an, mais en un pèlerinage infini. En ce lieu, il était à l’essentiel, là où tout se joue, où tout se donne, où tout est donné…

Oui, Jérusalem, ville étonnante, bruissante de vie, mais aussi d’appels : à la vie, à la rencontre, à la foi, à la réconciliation aussi. Le nom en hébreu est énigmatique : Yeroushalaïm. Peut-être, c’est en tout cas l’une des voies de compréhension, est-ce une forme plurielle, et même plus précisément duelle : ‘La ville des deux paix’. Celle du ciel et celle de la terre ? Recherche de paix totale, puisque cette ville ne peut être qu’à l’image de Dieu. Et le chemin est long. Mais l’appel incontournable.

Le pèlerin suit ici les chemins qu’un jour son maître suivit lui-même, entre le mont des Oliviers et celui du Temple. Au mont Sion aussi, dont le seul nom est un éveil intérieur. Cénacle, et partage du pain, dans lequel la vie est livrée avant qu’elle ne soit prise, aux abords de la nuit, dans les jours de la Passion. Lieu aussi de la Pentecôte et du commencement de tout pour le disciple, éveil ou réveil intérieur de tout ce qui y était déjà présent mais comme en sommeil.

Rencontre aussi du Saint Sépulcre, basilique qu’à la manière des chrétiens d’Orient on peut aimer appeler plutôt Eglise de la Résurrection, Anastasis (c’est le mot grec), avec cette discrète voix de l’ange qui vous dit : « Il n’est pas ici, il vous précède en Galilée ». Signal alors du retour, pour le pèlerin, en terres multiples, celles du fil des jours, celles de l’ordinaire, baignées de lumière, de la lumière souvent discrète mais pourtant radicale et réelle, du Ressuscité.

07/05/2009

5 Réponses pour “La route de Jérusalem”

  1. Redigé par leclainche:

    Pélerine souvent à Lourdes et une fois en Palestine ,jaime y retourner avec plaisir avec vous et avec Benoît XVI, mais pas en baskets (j’ai 84 ans)…vive internet et les blogs je vous suis pendant tout ce « pélé-virtuel » mais profond-merci pour les photos qui nous aident à prier,adorer et implorer…M.J.L.

  2. Redigé par Tran:

    Etonnant tout de même comment « la religion » a drainé des millions de pèlerins vers les sanctuaires : Compostelle, Rome, Jérusalem etc.

    Il y en a même qui y vont encore à pied aujourd’hui. Comme par exemple celui-là :

    http://www.villemagne.net/jerusalem

    Il faut qu’ils y croient vraiment, non ?

  3. Redigé par lefoulon Monique:

    Oui, il faut croire que la force qu’on trouve en nous pour accomplir ce long pélé nous est donné par l’Esprit. Demain je fêterai mon arrivée à Jérusalem venus à pieds de Bordeaux avec des amis. Qu’en est-il après 18 ans. Oui le mur de la honte n’existait pas, oui toujours des conflits pour s’approprier des terres qui n’appartiennent à personne, oui des sanglantes bagarres pour défendre ses idées politiques. Et pourtant je constate aujourd’hui que la peur n’est pas en moi , que je peux traverser de part en part les différents quartiers sans être agressée, les armes des jeunes militaires sont maintenant seulement en bandoulière. Nous avions hier la messe du Pape dans la vallée du Cédron, oui on n’a subit des barrages pour accéder à ce lieu, mais il y avait à cette cérémonie des drapeaux israeliens pour accueillir Benoït XVI . Alors gardons confiance. Ce soir à st Pierre en Gallicante nous accueillerons une nouvelle chrétienne qui sera baptisée. Bienvenue.

  4. Redigé par jacques:

    Oui, les signes de paix, plus tenaces que les signes de division. Il y faut des veilleurs infatigables, pour que vienne le printemps… Bon courage à toi en chemin !… Amitiés.

  5. Redigé par Jérusalem aux coupoles d’or et de lumière | Pèlerins et nomades:

    [...] la route de Jérusalem. Revivre dans le coeur une histoire millénaire d’attente, de joie, de drames et de [...]