Des larmes d’homme

Ce vendredi soir, à la télévision, Bernard Lavilliers. Il vient de sortir un nouveau disque. On l’invite à réagir sur les événements de la semaine. Jusqu’à une rétrospective, un portrait bien mené, où on le voit, de ses débuts à maintenant. Ce n’est pas ce que l’on pourrait appeler une figure de tendre. Et on le voit, invité en Moselle, dans la « Vallée des anges » [Florange, Hagondange, Gandrange...] qui voit se fermer un à un ses sites métallurgiques. On l’a invité là-bas parce qu’il connaît ce travail: il a vu et bien connu la mine près de son Saint-Etienne natal. Habillé cuir, il a la voix ferme et [r]allume l’espoir. Le coeur en morceaux, les gens chantent et font le rappel. Retour au studio. Le journaliste avec délicatesse lui dit : vous étiez ému durant ce reportage. Et l’émotion remonte en lui, et il répond sans détour, mais à nouveau les larmes dans les yeux : cette vie des travailleurs le touche profondément. Des larmes d’homme touché par d’autres larmes, de tristesse ou de colère, c’est selon.

Des larmes d’homme [quand du moins, bien-sûr, elles ne sont pas feintes et ne viennent pas pour sembler pimenter le décor !] sont, c’est ainsi que je les vois, une semence d’espoir. La force de compassion là où elle se trouve de façon vraie, est une force motrice immense. Mais dans le même temps on délogeait sans ménagement les enfants de Don Quichotte ! S’y prennent-ils mal, pour dire que beaucoup de gens sont encore dans la rue ?

En Inde on vote, à Guantanamo on… avance, au Sri Lanka la situation reste terrible. Le pape avait raison de dire que les murs sont des impasses, et d’opter sans détour pour un rêve de paix. Et des actes.

16/05/2009

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