Parti sur les chemins

Absent quelques jours, pèlerin au Mont saint Michel, pris intérieurement dans les marées infinies qui travaillent silencieusement la baie… et le coeur de celui qui passe, ou s’engage et traverse. Marcheurs et pèlerins guettent en effet le reflux silencieux de la mer, pour s’aventurer là où la nature est plus forte que tous, impressionnante. Ils marchent sur le sable souvent encore mouillé et frais, parfois sec, ensoleillé. Ils revivent les traversées infinies de tant de gens de partout. Ils revivent, le savent-ils, celle des Hébreux passant la mer et fuyant les forces redoutables de Pharaon. Traversée intérieure aussi.

Une telle traversée porte en elle-même le signe de la vie, exposée à plus grand qu’elle, friable et fragile, étonnante. Elle porte comme le Mont lui-même et son archange, le signe des combats essentiels, de celui entre bien et mal, et les questions des fins dernières, qui travaillent l’homme.

Des centaines de moines vécurent au fil du temps sur ce Mont et dans la très impressionnante abbaye qui le domine. Des prisonniers aussi y passèrent de très sombres années, quand on vida le monastère de sa force de prière pour remplacer celle-ci par le silence ou les cris. Ils y vécurent – pas difficile du tout à imaginer quand on est dans l’antre de cet édifice prodigieux -, dans des conditions de vie que l’on n’ose imaginer, dans l’humidité et le froid. Le désespoir aussi !

Que l’on ait ou non le pas ou le coeur pèlerin, le monde « tourne » pendant tout ce temps, et la marche ne distrait pas de ce chemin immense de la vie des hommes et des peuples. Pensée immense ici et aujourd’hui même, pour l’Iran. Le rêve de liberté, que plusieurs paient cher, trop cher…

16/06/2009

Une Réponse pour “Parti sur les chemins”

  1. Redigé par Palombe:

    Oui, des forces gigantesques se rendent visibles au Mont St Michel :
    Celles de la merveilleuse nature de l’océan et du ciel qui s’y reflète, le touche… Gare à celui qui oublie sa petitesse face aux courants!
    Celles de la nature des hommes qui au fil des générations ont accroché à un petit rocher des édifices fantastiques pour s’approcher un peu de Dieu en défiant les vents et l’eau
    Celles des hommes d’aujourd’hui qui emplissent les rues et la baie, en recherche continuelle de beauté et d’infini…
    C’est la force de Dieu qui se contemple et se communique ici.
    J’y retournerai.