L’homme en blanc devenu pèlerin

Voilà un an, Benoît XVI devenait pèlerin… de Paris, puis de Lourdes. Le pèlerin soulève doucement sous ses pas la poussière du chemin, et laisse une trace, une empreinte sur le sol, qui peut s’estomper, s’effacer. Oui, bien-sûr, une trace…! Mais le pèlerin reçoit aussi lui-même la marque d’une empreinte, intérieure, qui peut être beaucoup plus longue. Et ceux qui ont croisé un moment le pèlerin, peuvent aussi recevoir la marque de cette empreinte. C’est plus encore le cas, sûrement, quand ce pèlerin est l’homme en blanc venu de Rome, dont on guette les pas, les mots, le profil, les gestes… voire les faux-pas. Et on pense spontanément que venu de Rome, il fait un chemin à rebours, puisqu’il vient de la ville éternelle. Mais non, il est devenu pèlerin. Il l’a dit, et bien-sûr chacun a pu le prendre au mot – sinon à quoi bon parler, si c’était pour dire l’inverse de la pensée que l’on porte, ou des mots adossés au vide, une forme d’absence sidérale, une illusion, un mensonge… or on en fait parfois aussi l’expérience dans la vie quotidienne -.

Le journal La Croix fait un bref point d’étape à un an tout juste. Et de fait, chacun se souvient, et l’onde de choc ne s’est pas éteinte, même s’il y a eu depuis des remous dans les eaux profondes de l’Eglise, et leur onde de choc laisse aussi son empreinte à l’intérieur des croyants, comme alentour. Alors, je garderai pour aujourd’hui ces mots d’André Cabes, prêtre du diocèse de Lourdes et théologien, parlant à propos de la visite de Benoît XVI à Lourdes : « Dieu est toujours ainsi : il met le projecteur sur ce que les hommes ne voient pas. » Et il ajoute, clin d’oeil peut-être : « Oui, c’est ce que l’on appelle une apparition : faire apparaître ce qui habituellement est caché ». A suivre !

11/09/2009

Comments are closed.