Ce sont les pleurs de Rachel

J’évoquais hier la fête des Saint innocents, au lendemain de la Nativité et de  Noël. La liturgie de l’Eglise y donne à entendre le texte de Matthieu qui fait suite à l’épisode des Mages. Qui en est même la seconde partie. Les mages, ces chercheurs d’infini, suivent encore l’étoile et l’élan de leur découverte, qui les a remplis de joie. Et il est tant de ces chercheurs et marcheurs à l’étoile aujourd’hui ! Ce texte parle d’eux. Mais il parle aussi d’Hérode l’homme ivre de pouvoir et de violence. Comme il en est aujourd’hui aussi sous des visages moins caricaturaux et pourtant réels. Hérode craint pour son pouvoir. On craint toujours pour un pouvoir.

La suite est dite par le texte. C’est le drame terrible, comme on en voit aussi aujourd’hui tant, qui sont pourtant chaque fois aussi terriblement uniques. Et Matthieu, comme il le fait souvent, cite les Ecritures, le Premier Testament, pour le laisser résonner et qu’il laisse aussi jaillir plus large sa lumière pour donner sens à ce qui peine à en trouver. Il le fait comme on le faisait à son époque, en conjuguant des textes qui se mettent en écho, au point qu’en l’occurence, les exégètes s’interrogent pour les identifier avec précision. Mais qu’importe, le sens lui est sans ambiguïté aucune. On entend résonner à  l’infini le cri et les pleurs de Rachel « qui pleure ses enfants car il ne sont plus ».

La tombe de Rachel est à l’entrée de Bethléem, à l’ombre d’un très haut mur de sécurité. Sa voix s’entend-elle encore à travers le désert de Judée tout proche, qui résonne aussi d’autres pleurs ? Rachel pleurant ses enfants assume tous les pleurs des mères à travers l’histoire et les continents, car elle fut une mère en Israël et à ce titre assume en sa chair, en sa figure symbolique aussi, toutes ces mères douloureuses comme on en voit parfois de si douloureuses. Et l’on partage en ces instants la souffrance et la peine immense de Rachel… Sainte Rachel !

29/12/2009

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