Pèlerins d’hiver

Lourdes, en plein hiver : températures froides et humidité. Et la neige, qui recouvre peu à peu le paysage… mais n’arrête pas le pèlerin. C’est alors Lourdes insolite, pour qui connaît la petite ville des Pyrénées sous ses couleurs de plein été, bordées de verdure généreuse. De la gare de Tarbes aux premeirs abords de la ville, tout respire à un autre rythme : celui que l’hiver inscrit lentement dans le paysage et partout, rendant les gestes plus intimes peut-être, moins visibles, plus discrets. Mais brûle au coeur du pèlerin la même ardeur en même temps que la même soif. 

Surplombant depuis des siècles la ville, le chateau fort semble presque blotti dans ce froid d’hiver, en un décor de solitude. Tout est saupoudré de blanc, comme les Sanctuaires qui plus encore peut-être ainsi, tracent le chemin essentiel, où la croix signe le pèlerin à son entrée. Elle lui fait signe aussi de poursuivre son chemin plus encore vers l’essentiel, le coeur du coeur.

Les coupoles, le carmel, les bâtisses de pierre se sont grisées dans le paysage, comme pour indiquer en ce discret surlignage l’importance qu’ils ont, comme des cairns immenses pour le pèlerin en chemin. Et la grotte, dans le froid, demeure, centre de gravité, encoche dans la montagne et dans le roc. Le pèlerin est marcheur, mais sa démarche imperceptibelement, le fonde sur le roc.

14/02/2010

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