Dans les nuages

« Vous êtes dans les nuages ! » La phrase sonne souvent comme un rappel dur aux oreilles de l’enfant quand on le lui dit pour le rappeler à la réalité. Elle sonne tout autrement aux oreilles de qui les entend en altitude, montagnard en pleine course ou voyageur en altitude. Elle sonne alors un peu comme… une sorte de barrière ouverte aux rêves, ou à la détente, à des espaces aériens et plus doux, infinis.

Peut-être est-ce un peu cela aussi le rythme que permet – mais pas toujours ! – l’entrée en week-end. Alors je prends cet avertissement discret comme un souhait ou un appel au débrayage ou au rêve : Vous êtes dans les nuages. Il est un peu permis de rêver.

Le paysage évolue alors, paysage extérieur et paysage intérieur. Image à terre et sous la pluie, d’abord, puis du haut des nuages, plus haut que la grisaille, quand les nuages semblent former une mer qui ondule et parfois se creuse, ouvrant ici ou là en profondeur des abîmes – à terre ! – que la neige de l’hiver recouvre légèrement, leur donnant à eux aussi, même au ras du sol, une allure de nuages.

Répliques une fois encore entre la terre et le ciel, comme il en est d’autres dans la vie quotidienne où prennent parfois un sens infini, on ne sait pourquoi, les mots de la prière chrétienne, lorsque l’on dit, laissant résonner en soi des paroles qui nous dépassent mais que Jésus enseigna : « sur la terre comme au ciel ». Et les autres mots de cette prière aussi, qui apprend au plus profond cette correspondance entre le monde des hommes et celui de Dieu, qui n’en font peut-être qu’un, personnellement je le crois.

[des photos viendront, ce lundi. En attendant, voici celles ci-dessous, apparentées]

Oui, il est des correspondances qui donnent à penser. Paraboles de l’essentiel semées dans un quotidien d’hommes et de femmes pèlerins du quotidien.

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Alors oui, vous êtes dans les nuages ! La trêve des soucis n’est jamais entière ou rarement, et les bruits du monde continuent de venir. Mais justement, les nuages donnent une surface ou un volume large pour écouter autrement… et vraiment les entendre. Dans les nuages, le coeur se reconfigure, doucement.

17/01/2009

Comments are closed.