La foi, comme un petit matin

En écrivant ces mots : la foi comme un petit matin, je pense au petit matin de Pâques. Lisant il y a quelques jours sur ce blog la note sur Decoin, Dieu et nous : la foi et la marche, des voix amies en effet m’ont interrogé sur le mot doute lorsque l’on parle de la foi. Et je repense à un vieil ami de… plus de 90 ans, qui vient de poursuivre son chemin vers l’éternité, entrepris intérieurement depuis beaucoup plus longtemps. Il aimait me parler de Dieu, et de la foi qui saisit et transforme une vie. Mais il y a peu, il me disait, après le décès de sa femme, que lui aussi allait la rejoindre, qu’il était avec elle, dans la lumière. Et il précisait, « pour moi, ce n’est même pas la foi, c’est la certitude ». Et ces mots m’ont travaillé. Ce sont ceux de Didier Decoin l’autre jour.

Je pense aussi à Jacob, luttant avec un inconnu dans la nuit, au passage du gué du Yaboq (Genèse ch. 32). C’est dans la nuit (comme le dit aussi St Jean de la Croix dans un poème magnifique que se lèguent les générations), qu’il vécut ce combat dont l’enjeu était une rencontre étonnante de Dieu, et sa bénédiction, qui marquait pour toujours Jacob.

Le mot doute renvoie au fait qu’il faut parfois du temps à l’homme pour reposer sur Dieu ou en Dieu.  Et qu’il le cherche parfois aussi de nuit, ce qui coûte à tant de femmes et d’hommes. Le mot hébreu pour dire la foi dérive de la racine que nous connaissons bien par le mot Amen, qui signifie beaucoup plus que ce qu’on en dit d’habitude, quand on dit rapidement « dire : Oui amen à tout ». En hébreu, cette racine évoque ce qui est stable, fiable et sûr, comme un granit de montagne pour le montagnard, comme Dieu sur qui l’on peut se poser ou reposer, sur lequel on peut « tenir » (le mot est souvent traduit ainsi dans la bible). Et le chemin de l’homme se fraie le passage jusqu’à cette confiance totale, à un rythme très différent selon les êtres. Tant d’hommes et de femmes peinent en chemin… et/ou se pensent loin de « tout ça » quand souvent ils en sont proches, très proches, car la foi est comme la terre, qui tandis qu’une part d’elle-même est dans la lumière, est pour l’autre part dans l’ombre. Et l’humanité, ce serait une belle parabole aussi de la foi, est ainsi solidaire, les deux faces du globe se complétant, solidaires et l’une étant une part de l’autre et réciproquement. Et la clarté baigne l’ensemble successivement. Ici s’arrête peut-être la parabole (car la foi n’est pas cyclique).

C’est pourquoi j’écris et pense fermement, que Dieu veille. Il traverse ces zones d’ombres et de lumière qui parfois partagent les êtres… comme ce petit matin d’hiver en montagne dont je ne résiste pas à mettre la photo en grand ici. Comme un petit matin de résurrection dont la lumière se laisse pressentir… et gagne peu à peu le tout.

10/03/2010

2 Réponses pour “La foi, comme un petit matin”

  1. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    Ôui, Dieu donne à certains la certitude de qui Il est, pas seulement pour eux, mais pour tous ceux qui veulent bien les écouter. Pour eux aussi, car ils se heurtent aux mêmes difficultés auxquelles s’est heurté Jésus, St Paul, en face des corps constitués de « ceux qui savent » et qui refusent des vérités qu’ils n’ont pas trouvées eux-mêmes. Parce qu’il y a des vérités de Dieu qui ne se dévoilent pas dans l’étude des textes, mais dans un face à face avec Dieu. Dont ils donnent leurs expériences concrètes à ceux qui les écoutent. Comme Dieu est stable contrairement à l’homme, beaucoup de ces expériences se ressemblent, mais la façon de la raconter est différente. L’extase que Dieu m’a donnée dans la Trinité, je ne l’ai pas racontée de la même façon que ceux qui l’ont racontée à St Cassien, et pourtant c’est la même! Publiée dans des forums. Mon Evêque m’encourage à y participer pour annoncer ce que Dieu me donne, pour le transmettre à ceux qui ont le coeur ouvert.
    Car, comme St paul, nous ne pouvons pas nous taire!
    La prière de l’ermite vous accompagne

  2. Redigé par MARILYNIC:

    Quel message d’espoir, avoir la certitude de retrouver, après la mort, ceux que l’on a aimé ! Ce qui m’interpelle c’est cette certitude au-delà de la foi !
    Et la foi chacun va son chemin, à son rythme, comme tout marcheur.
    Le mot doute renvoie au fait qu’il faut du temps à l’homme pour reposer sur Dieu. C’est le mot confiance qui me vient à l’esprit pour équilibrer le mot doute.
    Toujours de belles photos de montagne, merci.