Fèves et marche royale

Il suffit de tomber sur la fève et l’on voit se lever le soleil. La  forme de la galette l’évoque. Et la fête chrétienne de l’Epiphanie  célèbre le Christ comme le soleil venant en ce monde, suivant ainsi les Ecritures. Ainsi la fève crée des rois autour des tables familiales et amicales. Ils prennent la couronne et choisissent la reine. Et la vie continue, plutôt en fête.

Mais si l’on y pense, la fève et devenir « roi », c’est en fait tout un programme qui requiert même de l’audace et un engagement bien au-delà des douceurs – appréciables – de la fragipane. Le roi dans la bible a un projet, qui n’est pas le sien. C’est le projet de Dieu, au-delà de ce que peut porter un homme. On y parle de paix, dont il sera garant, dont il sera l’auteur. Il veillera sur le pauvre et l’orphelin et créera le bonheur de son peuple. Ce jour-là ce sera le bonheur pour tous.

Les Ecritures anciennes ont une audace infinie, qui pourrait beaucoup nous inspirer. En goûtant à la frangipane, on s’en rapproche inconsciemment. En tombant sur la fève, on part peut-être en cette direction, comme les navires gros et petits appareillent pour la haute mer, pour les grands larges. Je vous renouvelle mes voeux, des voeux de grand large, de bonheur, de projets forts, de solidarité aussi.

Mais je sais, je parle de fève, de rois et d’Ecritures tandis qu’à Gaza l’artillerie est implacable et des peuples exsangues d’espérance, dans une vie quotidienne noire. Cela me travaille. J’y reviens. Pour aujourd’hui, je resterai sur le versant de la montagne où le soleil se lève, sans oublier pourtant la face Nord. Pour demain !

05/01/2009

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