Le train pèlerin

Depuis longtemps, les trains de pèlerinage  traversent la France, et même l’Europe, menant inlassablement les pèlerins vers la ville mariale. Quand le train arrive en gare de Lourdes pour la première fois, en 1866, les locomotives, qui crachent le feu et les escarbilles sur leur passage, sont encore assimilées au diable pour les bonnes âmes qui s’émeuvent plus qu’elles ne se réjouissent. Les dessins et caricatures d’époque le montrent à l’envie. Or les trains convergeront dès cette date vers Lourdes, y menant les pèlerins par centaines et par miliers. Le voyageur d’aujourd’hui regarde avec étonnement les photos des premiers trains et trouve bien rudimentaires les wagons et installations, qui permettent aussi aux pèlerins malades de voyager.

La famille de l’Assomption, qui fonda le Pèlerinage National en 1873, saisit très vite que s’il faut parler des monstres du rail comme du diable, celui-ci peut être sans peine apprivoisé. 2010 marque le bicentenaire de la naissance d’Emmanuel d’Alzon, fondateur des Assomptionnistes, qui ont rassemblé ces étonnants témoignages d’époque en une exposition en gare de Lourdes. Près de 10 000 pèlerins se sont ainsi rendus à Lourdes une fois encore en ce mois d’août, pour une expérience forte et vive. Oui, le pèlerin va bon train.

19/08/2010

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