Du pain et aussi des fleurs

Je retrouve ce matin cette belle phase du poète Erri de Luca. Elle résonne plus comme une phrase de Noël, mais je la relis pourtant et la retiens, tant elle a de saveur : « Dehors il y a une ville qui s’appelle Bet Léhem, Maison de Pain. Toi, tu es né ici, sur une terre boulangère ».

Et c’est bien parce qu’il est né sur une terre boulangère que le pain des hommes, leurs marches, leurs amours, leurs espérances, leurs déceptions, ne peuvent jamais être comptés pour rien. Ils ont aussi goût de pain.

Plusieurs sur de grandes coques, vont se lancer sur la route du Rhum et ses chemins marins. Des milliers vont les suivre des yeux, et au-delà, par l’imagination, le rêve. Des milliers, des millions, parfois les mêmes, vont aller et venir aussi vers les lieux de leurs racines, des fleurs à la main, pour le temps du souvenir, parler à Dieu de ceux qui sont partis, leur parler aussi à eux par le coeur. A la Toussaint pour le croyant, le ciel s’allume, lumineusement, et aussi la terre des hommes et leurs visages, car c’est de clarté que parle cette fête, de la clarté de Dieu quand elle gagne les humains. Et le jour suivant, c’est le jour de mémoire pour ceux qui sont partis. Cette mémoire vive est adossée doucement à la lumière, pour qu’elles soient indissociables.

Beaucoup marcheront donc ce samedi, ce dimanche, ce lundi, espérant la clarté. Une grande pensée pour vous !

30/10/2010

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