Des crèches humaines où se pose le ciel

 Au creux du rocher de Massabielle, à Lourdes, cette crèche, en attente de naissance. Une crèche imagine toujours. Lorsque François d’Assise l’imagina il y a longtemps, il voulait de vrais animaux, de la vraie paille… qui rapidement n’était plus dorée du tout, de la paille d’étable. Pour que l’on imagine jusqu’où prenait l’Incarnation en terres arides, en terres de labour, en terre humaine, jusqu’où Dieu allait quand il entrait en humanité. Les chemins des hommes alors devenaient chemins de Dieu. Ceux de Dieu avaient croisé et adopté ceux des hommes !

Ainsi les crèches imaginent, toujours ! Elles imaginent les lieux, les reliefs, les visages. Pour les lieux, on a abandonné les papiers rocher d’antan, en les regrettant peut-être secrètement. Ici ou là, on imagine les murs d’une ville, ou ceux de Bethléem, ou des tentes d’Irak et d’ailleurs, celles des terrains vagues de l’espérance en attente rugueuse, où la vie est à conquérir chaque jour, et l’espérance… aussi. Quand les crèches portent ces couleurs là, elles pressentent ce que signifie aujourd’hui même l’incarnation de Dieu en humanité.

Mais les visages !… Tous mériteraient de figurer ici : visages rugueux, dévastés parfois par la vie, visages d’attente, visages de toutes couleurs, de toutes rides, visages portant sur eux la strie des larmes, celles de l’usure, de la tristesse. Visages aussi, bien-sûr, du bonheur simple. La vie est multiple, et elle est profonde, comme une terre de labour quand le soc la retourne en attente du printemps et du fruit.

Les visages de cette crèche blottie depuis quelques semaines dans le rocher de Lourdes donne à Joseph et Marie les traits de la confiance et ceux de la dignité, comme si le ciel les avait déjà traversés. Comme si sa lumière les avait doucement touchés.

Peut-être est-ce le cas de notre propre visage. De tout visage. Car c’est aussi cela Noël. Déjà joyeux Noël !

 

 

21/12/2010

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