Aujourd’hui, j’ai envie de parler de bonheur !

Les raisons seraient multiples de parler de choses graves, de celles qui vous tiennent solidement au corps ou au coeur. Celles qui demeurent en tête et semblent ne pas vouloir en bouger, qu’on se lève ou qu’on dorme, que l’on travaille ou que l’on aille simplement son rythme : société, remous de l’économie, interrogations sur des affirmations d’hommes d’Eglise qui blessent en profondeur. Et je feuillette Pèlerin, en ayant vu le titre de cette semaine, mais le mettant momentanément en suspens : « Être heureux c’est possible » (entretien avec Boris Cyrulnik), comme pour attendre d’abord des signes de confirmation.

Je feuillette, et je laisse images et titres, rythme du journal, me porter, plus doucement encore que les navigateurs solitaires du Vendée Globe, qui à l’heure qu’il est, affrontent la vague plus peut-être qu’elle ne les porte. Et je vois des couleurs tendres malgré elles, qui montrent la dévastation des forêts landaises. Peut-être les couleurs tendres sont-elles celles de la nature, qui résiste malgré tout. Peut-être sont-elles dûes au photographe – oui, aussi ! – mais aussi à ces hommes en bleu et en jaune, qui marchent au sol ou en hauteur pour rétablir le contact et la vie.

Je retiens mon souffle ensuite, comme chacun, face aux photos certes lumineuses, qui évoquent le schisme intégriste. Comme chacun, cette question et tout ce qu’elle entraîne, me blesse. Mais vient une page sur les chrétiens de Gaza, et des amis m’ont transmis il y a peu une lettre poignante du curé de Gaza durant les événements. Autre visage de l’Eglise, aux prises avec le monde, et qui forge envers et contre tout de l’espérance. Puis solidarité dans le Nord-Pas de Calais, mon pays. Ils marchent, ils ont du peps ! Puis St Paul Hors-les-Murs, lutte contre le cancer, et le visage très humain de la justice des mineurs, encore dans le Nord (oui, Bienvenue dans ce pays !), où s’est rendu avec passion Benoît Fidelin. Puis Simone Weil, « une âme éprise d’absolu »…

Alors oui, Boris Cyrulnik, OK pour l’option de bonheur annoncée. « Etre heureux, c’est possible », dites-vous ? Au bénéfice du doute, j’accepte d’aller y voir. Et merci aux marcheurs innombrables de ce numéro de Pèlerin ! Ils ont du souffle, et tout en couleurs, m’en donnent.

30/01/2009

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