Ils repartent…. (les mages !)

Voilà, comme prévu, Michel Desjoyeaux a « coupé la ligne » ce dimanche après-midi. Conditions magnifiques, presque optimales : un dimanche après-midi ! Comme disait Michel Desjoyeaux dans un clin d’oeil, tous étaient à la messe. Et sur les pontons des Sables d’Olonnes, malgré le froid vif. Des instants comme ceux-là sont du pur bonheur, du bonheur au goût profond d’infini. Impressionnant : 84 jours, puis les heures, les minutes et même les secondes. Ce doit être rude pour les derniers concurrents qui, en passe de franchir le Cap Horn, ont encore devant eux un long mois de navigation. La caravane ne va pas toujours au même rythme. Mais Les Sables, c’est de tradition de marins, reviendront au ponton fêter chaque arrivée. Moins de monde peut-être, moins de fête, mais quand même : dire la reconnaissance à qui a fait le voyage… un peu en notre nom.

Et les autres repartent. Les autres ici, ce sont les mages, ces marcheurs d’absolu qui au bord des mers de sable des déserts, suivirent une étoile et reconnurent au terme du voyage le cristal de clarté céleste qui bouleversa leur vie, et qui bouleverse aussi la nôtre, nous qui sommes peu ou prou de la même caravane ou de la même cordée.

Le 2 février en effet, c’est la Chandeleur. Et les crêpes, à retourner haut la main, en faisant des voeux et des rêves de richesse, en veillant à ce que la crêpe ne tombe pas, entraînant avec elle les souhaits et les rêves. Mais comme l’indique le nom « Chandeleur », c’est aussi la fête de la lumière. Une fête qui vient 40 jours après Noël. Et l’on devine la portée symbolique du chiffre. Exit alors la crèche ! La lumière elle aussi a franchi la ligne, celle de notre vie quotidienne. Les chrétiens pensent ou expérimentent en effet, et cette date symbolique le leur rappelle, que le cristal de lumière évoqué plus haut, la présence de Dieu, ou celle… d’un enfant qui livre en sa seule présence le secret le plus profond de Dieu, peuvent marquer pour toujours le chemin. Il y aura des jours d’ombre, des jours de grain comme diraient les marins. Mais la marche à l’étoile est devenue autre. Un peu comme dans les tableaux de Rembrandt, il y aura ce clair-obscur dans lequel la lumière emporte même le plus noir.

01/02/2009

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