Le pèlerin vêtu de blanc

Le regard porte, inlassablement, sur la marche, toujours infinie, des pèlerins et des marcheurs. Nous en croisons tant, et faisons partie du nombre. Car si l’on est acteur de la marche, elle nous le rend largement. Au fil de la marche, celle-ci remodèle ou reconfigure le marcheur, faisant se rencontrer étonnamment l’extérieur et l’intérieur.

Il y a quelques jours, je disais les couleurs des marches, comme celle des arc-en-ciel, ou comme on dit aussi les couleurs du temps… et les couleurs intérieures ! Il me semble que si l’on enlevait la couleur, partout, rien ne pourrait plus véritablement atteindre l’intérieur.

Et surprise, ce matin, de croiser à la fraîche le pèlerin vêtu de blanc. Numéro original de la revue du même nom, qui me fait imaginer aussitôt le pèlerin sur ses chemins, et un peu nous-mêmes. Un numéro tout en blanc ! C’est le titre. On regarde étonné la couverture, écrite presque ton sur ton (si l’on peut dire !), puis ce sont à l’infini des fondus enchaînés blanc et couleurs, devenues tendres de cotoyer de si près et si durablement le blanc. Et c’est, par les temps qui courent, Benoît XVI, l’homme en blanc, sur fond blanc, et quelques autres personnalités, tout décor emporté autour d’eux par cette clarté ambiante. Sûr que le rouge ou l’orange, ou encore le bleu, ressortent comme ont les voit rarement, sur ce fond de décor, avant que l’on ne nous parle de « soif de pureté »… Sûr aussi que de lire « Job et le visage de Dieu » sur fond blanc, est une sorte de parabole immédiate, à la fois de la force et de l’humilité infinie du langage quand on parvient à parler de lui.

Et peut-être serait-ce là que mène le chemin du pèlerin… vêtu de blanc. A mieux apercevoir les contours de ce visage (de Dieu) qui se laisse au fil des jours apercevoir, ton sur ton, sur des visages, un fond de silence, des événements, qui ont cette discrétion. Je vous souhaite pour aujourd’hui de ces chemins, à la fois blancs et divins !

Et à vous retrouver, sur une nouvelle page blanche… que je tenterai à nouveau d’écrire s’il est possible ton sur ton !

05/02/2009

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