Arcboutés sur la prière et sur le ciel

Ce soir je suis à Lourdes. La pluie est froide, mais le coeur des milliers de pèlerins présents est chaud. Et dans la nuit et la douce lumière que portent les pèlerins, le chant monte, comme une seule voix qui semble tutoyer le ciel, lui parlant ou lui chantant selon les moments, le cri de la terre et du monde, de ses espoirs, de ses attentes, de ses inquiétudes, de sa passion de vivre et d’aimer. En Israël, ils votent ou viennent de voter tout au long de la journée, et je ne peux l’oublier. Au moment où j’écris cette note, je ne connais pas les résultats de cette élection. Juste un sondage sortie des urnes donnant Kadima en légère avance sur le parti de Benyamin Nétanyahou, contrairement aux estimations et prévisions récentes. Mais les indications de ce sondage sont encore minces. Les choses, nous le savons bien, sont dans la réalité beaucoup plus complexes.

Dans la nuit, dans le chant, dans le souffle froid alternant avec la pluie, face à une lune pâle qui laisse apparaître successivement et lentement quelques nuages, éclairés doucement quand ils passent dans son rayon de lumière, je pense, intensément, à la paix. Je prie, intensément, pour la paix, pour ces élections, pour tous. Pour les familles – j’en connais tant – pour les gens seuls, ceux qui tracent leur chemin avec le sentiment de guère plus de lumière que cette lune pâle, mais pourtant réelle et belle dans la nuit.

Lourdes a le coeur qui bat toujours au rythme du monde et à celui du ciel, en même temps. La vie est faite souvent de ce double mouvement se rejoignant ou tentant de le faire, même si c’est parfois en léger décalage, en légère arythmie, en secrète tension. Comme va aussi, souvent, le pas du pèlerin.

10/02/2009

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