L’extraordinaire dans l’ordinaire

Escapade à Avon, le temps d’une respiration. Chez les Carmes dont le couvent est marqué d’histoire. Il fut celui du P. Jacques, révélé au grand public par le film de Louis Malle : Au revoir les enfants (1987), son chef-d’oeuvre, qui met en scène l’arrestation de trois enfants juifs dans ce couvent, alors collège des Carmes à Avon, ainsi que celle du P. Jacques, qui dirigeait le collège et fut déporté avec eux en janvier 1944. Ils moururent à Auschwitz le 6 février suivant. Le P. Jacques fut mené de camp en camp – plus disciplinaire ! -, jusqu’à Mathausen. Le 5 mai 1945, le camp est libéré par les américains, et le P. Jacques transféré à l’hôpital de Linz en Autriche, où il meurt quelques jours plus tard, le 2 juin.

Louis Malle fut témoin sous l’Occupation de cette tragédie, qui devait lui arracher cette confession longtemps après :  » Depuis, je n’ai jamais pu m’enlever de l’idée que nous étions tous, moi comme les autres, un peu coupables de leur mort.  » (Le Monde, 1987)

Plaque à la mémoire du P. Jacques - Avon

Plaque à la mémoire du P. Jacques - Avon

Face au couvent des Carmes, la rue porte son nom, tandis que les espaces alentour sont d’une beauté infinie. Car c’est aussi à portée de main le chateau de Fontainebleau, aux salles et aux mobiliers somptueux, et entouré d’espaces magnifiques : canal où nagent majestueusement malgré le froid cygnes et colverts aux couleurs magnifiques, et tout autour, les jardins de Le Nôtre aux tracés infinis, et des allées forestières que l’on pressent, même dans le froid de l’hiver et malgré les arbres dépouillés, comme une ressource étonnante de nature. 

La petite église du village est elle aussi étonnante, splendide. Et dans le gel matinal, le ciel se pare de couleurs d’un rouge superbe, tandis que les cheminées fument, comme pour confirmer que c’est bien l’hiver. Mais Dieu, qu’il est beau !

15/02/2009

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