Bouffée d’air !

Par temps de lente arrivée du printemps et de giboulées multiples, un petit air de fête ou de kermesse, dimanche soir, à la clôture du Salon de l’Agriculture. Attendrissant aux abords de la Porte de Versailles à Paris, l’effervescence de fin de Salon. Les derniers visiteurs sortaient tranquillement, ayant pris eux aussi un surprenant bain de campagne au coeur de la capitale. Les éleveurs prenaient congé, les uns suivis d’une vache tenue juste par la corde – pas habituel en ce lieu ! -, tandis que d’autres avaient dû assurer les montées en camions à bestiaux. Sur les radios et télés, des visages et des voix fatigués mais heureux, avant une nuit encore longue de retour dans les différentes régions d’où venaient ces fiertés bovines et autres.

Oui, 2009, un bon cru pour le Salon de l’Agriculture. Par temps de crise, on craignait le pire. Et non ! Plus de 670.000 personnes sont venues visiter « la plus grande ferme de France », soit 10% de plus que l’an dernier, alors que la crise avait fait redouter une baisse de fréquentation. Bêtes de concours et produits du terroir ont été, comme toujours, les principales attractions, avec les cortèges plus ou moins rapides et applaudis des personnalités politiques, pour lesquelles le détour par cette « France profonde » est un passage ou un exercice obligé, exécuté avec une grâce… inégale selon le charisme de chacun.

Plus profond encore, le débat qui agite le monde agricole sur son avenir. Mais ce débat-là est plus technique et échappe à une partie des gens même bien intentionnés. Ce qui n’échappe pas par contre, et peut-être les chiffres de fréquentation en hausse en sont-ils le révélateur, c’est le plébiscite certes implicite mais net, des valeurs sûres, du travail concret et enraciné et d’une économie, parfois difficile, mais réelle. Le retour à la nature ou le choix de la nature comme indices de l’aspiration de chacun à une vie vraie, et le refus, implicite encore, des économies ou des valeurs trop virtuelles. Le choix des racines et le retour des saisons plutôt que l’éphémère.

Oui, il est des jours, comme aux soirs de victoires au rugby ou au foot, ou bien encore en des jours de beauté et d’effort – je l’évoquais ici à propos du ski -, où l’on s’identifie plus ou moins consciemment et insensiblement, à ceux qui assument avec rudesse parfois, mais avec beauté le quotidien. Oui, on aime manger de ce pain là.

Ils sont repartis, mais quelque chose demeure pour nous, et on leur dit Merci.

04/03/2009

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