Le roi à genoux

Pèlerins encore dans le temps, autant que dans l’espace. Pèlerins intérieurs… Je ne me lasse pas des marques qui scandent le temps : sensible aux dates. Sensible au fait que cette semaine par exemple marque la fin de l’année liturgique, c’est-à-dire de ce retour des saisons de la foi et du mystère dont vivent les chrétiens, allant de l’Avent, c’est-à-dire de l’attente, à Noël, et de l’incarnation à Pâques, et à l’Ascension et la Pentecôte… Ainsi le temps est rythmé et le pas du pèlerin, du croyant, élancé et relancé chaque fois.

Aujourd’hui donc pour les chrétiens, la fête du Christ Roi. Curieux terme pour des gens qui vivent en… république, avec en général peu de nostalgie pour le temps de la royauté. Jésus roi ! Entré comme tel sur un âne à Jérusalem, tandis que les équipages romains avaient infiniment plus de panache, de force et d’ampleur. Roi à genoux ! d’aimer, et de servir. A Pilate qui interroge bourru : « tu es roi ? » Il répond que sa royauté n’est pas de ce monde. Roi perdant, d’un royaume où tout est inversé : riches et pauvres, premiers et derniers… Ainsi Jésus va, disant en paraboles le royaume qui surgit. Ainsi va-t-il, invitant à la metanoia, au bouleversement de la pensée, de l’esprit, de tout, pour entendre et apprendre des idées de Dieu différentes des idées d’hommes… Roi à genoux, appelant quiconque au bonheur de reconsidérer ainsi l’ensemble de la vie. Une question de point de vue, une question de vue, une question de vie, une question de coeur. Metanoia… !

22/11/2009

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