Oui, Séguin emporté…

Séguin emporté… C’est le titre de Libé, jouant sur les mots qui d’un même trait évoquent sa mort et son tempérament parfois très vif (le « bougon de la République », comme aimaient le dire quelques uns…). Je crois que je ne pense rien de particulier de Philippe Séguin. Rien que chacun ne puisse penser. Je l’ai vu au fil des années, parfois avec irritation, quand je le trouvais très cynique ou trop sûr de lui, parfois sans comprendre (le Non à Maastricht par exemple), et finalement avec une estime croissante, pour l’honnêteté qui semblait bien être la sienne, à la prestigieuse Cour des comptes, épinglant les frais de l’Elysée, revendiquant la propriété de leur terrain par les clubs de foot, puisque c’est leur « outil de travail ». Et puis, je ne suis pas politologue, je peux bien me tromper, et ce ne serait pas dramatique du tout.

Mais j’ai été touché que de gauche à droite – et réciproquement ! – l’hommage qui lui est rendu soit unanime. Touché en particulier quand j’entendais hier que les musulmans de France étaient invités à « avoir une pensée pour le défunt, [...] et pour aussi lui rendre hommage ». En période de vents très contraires, sur l’identité nationale, la bourka et beaucoup d’autres sujets, je suis en fait touché qu’une personnalité qui a eu ses coups de gueule et ses défauts, largement sûrement, soit, par l’honnêteté profonde et la droiture de son chemin, enraciné dans des convictions personnelles… et partagées par d’autres, signe d’espoir ou d’espérance. Un rayon de lumière dans la vie politique qui a bien besoin de retrouver sa part d’oxygène pur…

Tombe la neige !… Et son voile de blancheur. Auquel parfois on aspire, profondément.

08/01/2010

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