Parfois, marche entre deux

Samedi, mars 13th, 2010

Ces petits matins de pleine montagne m’impressionnent toujours, ce mélange de clarté et de brume qui semblent s’affronter sans heurt et pourtant vivement, avant que ne s’établisse le plein jour. Et j’imagine sans peine qu’il en est de même dans la vie quotidienne de chacun : parfois il faut marcher entre deux, parce qu’on n’a pas le choix, le temps ou les soucis le disputent à la clarté, qui pourtant couve en braise… La vie a ses météos, comme le ciel ; et ses clartés aussi, comme le ciel, à ne pas perdre de vue…

Après le givre, encore l’automne

Mardi, octobre 20th, 2009

Oui, après le givre, encore l’automne, lumineux. Je regarde la nature, les lumières et reflets du soleil, qui aèrent intérieurement, puisqu’il faut aussi être soucieux de tant de choses, dans une actualité qui continue à charrier du meilleur – élections afghanes, combat d’Obama pour l’accès de tous à la santé… et un ami qui passe et travaille professionnellement pour un salaire significativement moindre, mais pour construire, et créer de l’emploi… et il est heureux ! – mais aussi tout le plus rude… Et toujours le ballet (balai !) des petites nouvelles que l’on répète sans faire avancer la grande Histoire.

Alors voilà, ces photos ci-dessous, comme une respiration pour avoir le souffle plus long sur le reste, l’essentiel. Bonne journée !

Instants de prière

Jeudi, septembre 10th, 2009

Au soir d’une journée, tandis que les rumeurs du monde continuent d’habiter la pensée et le coeur, tandis aussi que tout poursuit intérieurement le chemin en nous, visages et tâches multiples… Re-cueillir le tout, le temps d’une prière.

Regard

Mercredi, juillet 29th, 2009

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Oui, juste revenir du regard, doucement protégé par ce feuillage hospitalier, sur la beauté de la mer et des côtes, de ces étendues boisées qui conduisent au bleu tendre, ici sur la photo, du golfe d’Ajaccio.

Une pensée, sur le bienfait immense de laisser se refaire en soi les capacités d’émerveillement, laisser se refaire les forces intérieures, et la capacité à contempler et à voir, du regard intérieur, la beauté des êtres autant que la rudesse des événements, la beauté aussi de l’homme solidaire. Laisser les forces de l’indignation demeurer intactes, contenues seulement mais sans contrainte, par la sérénité croissante qu’offre le temps de l’été, et que l’on souhaite à chacun. Que je vous souhaite, avec amitié.

Marcher en images

Dimanche, juillet 26th, 2009

J’ai décidé de continuer à marcher en images. Cela complète les autres marches, ou les remplace parfois, quand elles ne sont pas possibles, puisque ce sont les départs en vacances pour les uns, plus tard pour les autres, ou pas du tout même. Marcher en images, c’est traverser les impossibilités et prendre le large. Alors je vous dédie aussi ces images.

Celles-ci aujourd’hui, de Corse, ces lieux qui sentent la cendre alentour et malgré les vents de mer, parce que des incendiaires ont mis à mal des espaces entiers, pourtant tellement beaux. Tristesse de ces feux incendiaires. Et hommage aujourd’hui à – et rêverie en – ces lieux !

Un film sur la fin du monde !

Samedi, juin 6th, 2009

500 heures de tournage pour… 2 heures de film. Et parce que la cause est urgente, ce film est libre de droit et a déjà été téléchargé plus d’un million de fois sur Youtube ! Home, le film que vient de réaliser Yann Arthus-Bertrand, et dont les téléspectateurs ont pu voir hier soir de magnifiques et impressionnantes images.

« Un film sur la fin du monde », déclarait Yann Arthus-Bertrand hier soir en commentant ces images. Car c’est ce qu’il a eu le sentiment de réaliser, tant la question de la sauvegarde de la planète est urgente. En effet, il est grand temps : 10 ans affirment les scientifiques. La planète, dans le réchauffement climatique, pourrait être comme du lait sur le feu, lorsqu’il est prêt à bouillir et qu’en très peu de temps on ne contrôle plus rien. Mais pas pessimiste pourtant, Yann Arthus-Bertrand : « Il est trop tard pour être pessimiste , martelle-t-il dans le film. Nous pouvons changer !  » Et en écho, lorsqu’il est interviewé, sans hésiter : « l’engagement rend heureux », ajoute-t-il. Avec encore ce commentaire :  « Ce travail me transforme. »

Nous aussi ! Et on se prend à rêver, immensément. Devant tant de beauté et de détermination. A suivre donc. Un peu comme on suit le guide en montagne !

Voyage vers le Caucase, et plus si exil

Vendredi, mars 27th, 2009

Je reviens ce matin sur le voyage dans le Caucase entrepris hier, dans la présentation que je faisais du magnifique livre d’Anne-Laure Bondoux : Le temps des miracles. J’ai lu ce livre sur la suggestion de quelqu’un qui me l’a mis dans les mains, et ce livre m’a touché. Aussi je suis à la fois étonné et heureux qu’il soit édité aussi en format adulte, car je pense qu’il fait faire à quiconque le lit, un voyage dont on ne se remet pas vraiment… et tant mieux ! On souhaiterait qu’il en soit ainsi en tant d’autres moments dans la vie, pour les choses essentielles.

A l’occasion de cette nouvelle édition du livre, l’auteur revient sur ce qu’il représente pour elle. Elle le fait en des mots simples, évoquant la part dans ce roman, de questions et de préoccupations personnelles en même temps que de réminiscences diverses. Ainsi, dit-elle,  « vous trouverez dans ce livre un immeuble communautaire, un verger merveilleux, un atlas, des routes partant vers l’horizon, beaucoup d’espoir, des mensonges, et… la pure vérité« . Et c’est bien ce mélange qui probablement nous touche, au plus profond, sur le lieu de « la pure vérité ». On se prend alors à regarder le monde autrement, et aussi la vie. On réentend aussi comme en échos illimités, ces mots trouvés un moment dans le livre, et qui justifient, sans véritable souci de le faire, le choix du Caucase, magnifique et rude : « notre planète ne manque pas d’endroits dangereux pour les enfants… ».

Et c’est aussi cette simple mais rude vérité qui bouleverse, tout au long du livre, comme probablement dans la vie quotidienne. Aussi cette note ne me distrait pas vraiment de la vie quotidienne. Bonne lecture, et dans quelques heures, bon week-end !

Dans la fraîcheur du printemps

Dimanche, mars 22nd, 2009

Petit matin de dimanche. Pensée en grand large [ici sur les hauteurs de Sète]. Le coeur en prière sur le monde…

Mesures d’infini

Dimanche, mars 8th, 2009

Ainsi de temps à autre le regard saisit une mesure d’infini, infiniment plus grande qu’une mesure de musique, et pourtant en connivence étrange, tant la musique est grande et belle. Comme les anneaux d’infini à l’entour de notre planète ou des autres, de notre immense galaxie, répliques d’autres anneaux encore, d’infiniment grand aussi bien que d’infiniment petit. Le mot de Pascal me revient souvent, mais sans frayeur aucune, mouvement plutôt de contemplation profonde : « Le silence de ces espaces infinis m’effraie ». Beauté infinie !

Ces quelques notes, du pays où naissent les notes en reflets immenses, juste pour la contemplation, la beauté. Bon dimanche !

Paroles simples sur la beauté – Christian Bobin, à propos d’Etty Hillesum

Samedi, mars 7th, 2009

Je retrouve, sans indications de source, un texte du poète Christian Bobin, sur Etty Hillesum. Je poursuis donc avec ces mots de poète la rélfexion ouverte hier avec un fragment des écrits d’Etty Hillesum, invitant à aller les retrouver au-delà de ces quelques mots ou de ces quelques lignes. Oui, dans le temps de la montée vers Pâques, leur gravité même est chemin, que l’on suit avec frémissement, mais aussi avec gratitude…

…Je me souviens d’un carnet écrit par une juive quelques jours avant sa mort.
Elle est dans un camp de transit.
Hier la vie le travail l’amour.
Aujourd’hui la soif la faim la peur.
Demain rien.
Le train qui l’emmènera vers demain
est sur les rails
vérifié par des mécaniciens scrupuleux.
Le train qui filera dans un demain sans épaisseur
dans un jour sans jour.
Cette femme regarde autour d’elle
et vers le dernier matin
décrit émerveillée le linge des enfants
lavé dans la nuit par les mères
et mis à sécher sur les barbelés.
Elle dit combien cette vue
la réconforte
lui donne un cœur
contre lequel viennent battre
en vain
les aboiements des chiens et les cris des soldats
le souffle lourd des trains plombés.

Laver le linge
pour que l’enfant demain
se sente léger confiant
dans des vêtements frais propres.
Même si demain n’est plus
dans la suite des jours.
Même si demain
ne verra pas le jour.

Il n’y a pas d’autre légèreté
que celle de ces gestes
qui délivrent la vie quotidienne
sans façons sans se poser de questions
comme on peut défaire des nœuds de lacet
doucement lentement
surtout sans impatience
car on ferait aussitôt d’autres nœuds.
Pas d’autre grâce que celle-là
qui est la seule que nous ayons
la vie le quotidien la vie
la vie la vie la vie…

C. Bobin