Bethléem, Jérusalem… aurore

Lundi, février 21st, 2011

« Jérusalem de lumière », chante entre contemplation et étonnement sans fin un grand classique en hébreu. Nuit, grisaille parfois, et lumière matinale, clarté totale, saisissent celui qui s’arrête en ce lieu. Bethléem ! Il est deux étymologies à ce nom : la maison du combat ou bien celle du pain. On choisit la seconde, même si la pâte parfois prend du temps pour lever. Le pain rassemble, nourrit et se partage. C’est un fondamental humain. Jérusalem, quant à elle, porte l’étymologie commune de ville de la paix. Mais à strictement parler, la forme du mot en hébreu invite à traduire la ville des deux paix : celle présente et celle à venir, ou celle du ciel et celle de la terre ? Le commentaire est illimité, mais la paix irréfutable. Et la lumière d’Orient, c’est tout cela. En ces lieux où pour le chrétien la Nativité et la Résurrection ont éclairé l’Histoire. Aurore d’humanité !…

Le chemin de Bethléem

Dimanche, janvier 9th, 2011

Bethléem, selon l’étymologie, la « maison du pain », ville si riche d’attente messianique et de paix. Ville dont les évangiles reparlent en ces temps où bien plus haut ou plus loin que les sapins, les croyants fêtent Noël et l’incarnation de notre Dieu. Ville en attente de paix totale puisque les Ecritures la promettent, prenant source justement en ce lieu.

Ces jours je pars pour Jérusalem, ville de la paix, et Bethléem, maison du pain donné…

Pensée pour vous tous. Je vous emporte  en pensée sur ces chemins d’humanité profonde et de paix.

Des crèches humaines où se pose le ciel

Mardi, décembre 21st, 2010

 Au creux du rocher de Massabielle, à Lourdes, cette crèche, en attente de naissance. Une crèche imagine toujours. Lorsque François d’Assise l’imagina il y a longtemps, il voulait de vrais animaux, de la vraie paille… qui rapidement n’était plus dorée du tout, de la paille d’étable. Pour que l’on imagine jusqu’où prenait l’Incarnation en terres arides, en terres de labour, en terre humaine, jusqu’où Dieu allait quand il entrait en humanité. Les chemins des hommes alors devenaient chemins de Dieu. Ceux de Dieu avaient croisé et adopté ceux des hommes !

Ainsi les crèches imaginent, toujours ! Elles imaginent les lieux, les reliefs, les visages. Pour les lieux, on a abandonné les papiers rocher d’antan, en les regrettant peut-être secrètement. Ici ou là, on imagine les murs d’une ville, ou ceux de Bethléem, ou des tentes d’Irak et d’ailleurs, celles des terrains vagues de l’espérance en attente rugueuse, où la vie est à conquérir chaque jour, et l’espérance… aussi. Quand les crèches portent ces couleurs là, elles pressentent ce que signifie aujourd’hui même l’incarnation de Dieu en humanité.

Mais les visages !… Tous mériteraient de figurer ici : visages rugueux, dévastés parfois par la vie, visages d’attente, visages de toutes couleurs, de toutes rides, visages portant sur eux la strie des larmes, celles de l’usure, de la tristesse. Visages aussi, bien-sûr, du bonheur simple. La vie est multiple, et elle est profonde, comme une terre de labour quand le soc la retourne en attente du printemps et du fruit.

Les visages de cette crèche blottie depuis quelques semaines dans le rocher de Lourdes donne à Joseph et Marie les traits de la confiance et ceux de la dignité, comme si le ciel les avait déjà traversés. Comme si sa lumière les avait doucement touchés.

Peut-être est-ce le cas de notre propre visage. De tout visage. Car c’est aussi cela Noël. Déjà joyeux Noël !

 

 

Ce sont les pleurs de Rachel

Mardi, décembre 29th, 2009

J’évoquais hier la fête des Saint innocents, au lendemain de la Nativité et de  Noël. La liturgie de l’Eglise y donne à entendre le texte de Matthieu qui fait suite à l’épisode des Mages. Qui en est même la seconde partie. Les mages, ces chercheurs d’infini, suivent encore l’étoile et l’élan de leur découverte, qui les a remplis de joie. Et il est tant de ces chercheurs et marcheurs à l’étoile aujourd’hui ! Ce texte parle d’eux. Mais il parle aussi d’Hérode l’homme ivre de pouvoir et de violence. Comme il en est aujourd’hui aussi sous des visages moins caricaturaux et pourtant réels. Hérode craint pour son pouvoir. On craint toujours pour un pouvoir.

La suite est dite par le texte. C’est le drame terrible, comme on en voit aussi aujourd’hui tant, qui sont pourtant chaque fois aussi terriblement uniques. Et Matthieu, comme il le fait souvent, cite les Ecritures, le Premier Testament, pour le laisser résonner et qu’il laisse aussi jaillir plus large sa lumière pour donner sens à ce qui peine à en trouver. Il le fait comme on le faisait à son époque, en conjuguant des textes qui se mettent en écho, au point qu’en l’occurence, les exégètes s’interrogent pour les identifier avec précision. Mais qu’importe, le sens lui est sans ambiguïté aucune. On entend résonner à  l’infini le cri et les pleurs de Rachel « qui pleure ses enfants car il ne sont plus ».

La tombe de Rachel est à l’entrée de Bethléem, à l’ombre d’un très haut mur de sécurité. Sa voix s’entend-elle encore à travers le désert de Judée tout proche, qui résonne aussi d’autres pleurs ? Rachel pleurant ses enfants assume tous les pleurs des mères à travers l’histoire et les continents, car elle fut une mère en Israël et à ce titre assume en sa chair, en sa figure symbolique aussi, toutes ces mères douloureuses comme on en voit parfois de si douloureuses. Et l’on partage en ces instants la souffrance et la peine immense de Rachel… Sainte Rachel !

Partance

Samedi, novembre 7th, 2009

L’instant d’avant est toujours important, comme le disait si bien Saint Exupéry dans son Petit Prince. Temps où l’on s’apprête. Le temps des espaces infinis qu’évoque cette photo au couchant, mais aussi cet olivier noueux. Ils me parlent doucement de Tibériade et des oliviers de Samarie et de Judée, à très peu de temps d’y partir moi-même, comme je l’évoquais sur ce blog il y a quelques semaines. Pèlerins… Près de quatre-vingt, dont vingt cinq ou vingt six en fauteuil roulant. Partir – ce lundi – pour le pays de la Bible, pays de paix en gestation si longue, terre d’Evangile… Aridité du désert qui dit tant de l’homme et lui parle au coeur. Verdoyante Galilée où semblent résonner à l’infini les Béatitudes. Bethléem, blottie derrière le Mur… comme au temps du recensement d’Hérode, mais l’histoire ne se reproduit pas, elle est un tissu continu même s’il est parfois déchiré, sur la terre où naquit Jésus, où il ouvrit une fontaine d’espérance. Jérusalem, ville sainte, aux clochers multiples, aux appels infinis aussi, lancés vers le ciel et lancés vers les hommes, qu’un jour resplendisse la paix…

Pèlerins… Et je vous emmène en pensée bien-sûr sur ces chemins infinis et ces routes, enc es paysages que je vous partagerai encore, soucieux comme au mois de Mai ici-même, d’ouvrir les voies d’un pèlerinage virtuel aussi… réel dans les profondeurs du coeur qu’un « vrai » pèlerinage. Mais qu’est-ce qu’un vrai pèlerinage ? Celui où l’on bouge à l’intérieur, et où Dieu parle au plus profond, au plus secret aussi, mystérieusement, pour chaque être.

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olivier-noueux

Le mur, « rappel incontournable de l’impasse »

Jeudi, mai 14th, 2009

« Peu importe combien un conflit peut paraître insoluble et profondément ancré, il y a toujours des raisons d’espérer qu’il puisse être résolu ». Visiblement impressionné, en particulier à sa sortie du camp de réfugiés d’Aïda, au pied du « mur de séparation » qui barre l’horizon entre Jérusalem et Bethléem, le Pape disait ainsi espérer, inlassablement, que « les efforts patients et persévérants de ceux qui travaillent pour la paix et la réconciliation porteront des fruits en fin de compte. [...] Mon souhait sincère pour vous, peuple de Palestine, est que cela arrivera bientôt pour vous permettre de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilité dont vous avez été privés depuis si longtemps ».

On ne peut que souscrire à ces propos du pape pèlerin, qui tout au long de son voyage aura parlé de paix, l’appellant de ses voeux et de sa prière, mais répétant aussi que « si chaque partie insiste en priorité sur les concessions que doit faire l’autre, le résultat ne peut être qu’une impasse ».

Et il y avait aussi dans ses paroles le rappel inlassable et exigent : « Ne permettez pas que les pertes en vies humaines et les destructions dont vous avez été les témoins nourrissent en vos coeurs l’amertume et le ressentiment ! » Ainsi, la paix doit labourer profond. Mais elle peut y parvenir.

Plus au sud, à Bethléem

Vendredi, mai 8th, 2009

Jérusalem est au sommet des collines qui, depuis la mer, montent en reliefs successifs et de plus en plus montagneux,vers l’est, jusqu’à atteindre une altitude de près de 900 m. Plus à l’est, c’est le désert, qui mène au loin – et tout proche à la fois -, jusqu’à la mer Morte, que par beau temps l’on devine, avec le soir les reflets roses du soleil couchant sur les monts de Moab, en Jordanie. La vieille ville de Jérusalem, entourée de ses remparts, est emplie de ses domes multiples, signes tous ensemble de la recherche de Dieu qui marque ce lieu en profondeur. Elle semble regarder vers l’est, là, vers le soleil levant. La géologie l’y incline doucement, traçant à ses pieds à l’est la vallée du Cédron, cours d’eau que le temps a effacé, et au sud, la valée de la Géhenne, qui entaille la colline et fut jadis le lieu des fumées des tanneurs, au bord de l’eau invisible aujourd’hui, car son lit aussi s’est asséché. Les deux vallées tracent les contours du site le plus ancien de la ville, sur fond de désert, à l’horizon tout proche.

Plus au sud, Bethléem, à portée de main : tout juste quelques kms. Le ‘mur’ aujourd’hui marque l’entaille qui traverse le coeur de cette terre. Bethléem est sous l’Autorité palestinienne. Quand la paix viendra, tout sera sûrement plus simple. Pour le moment non, et le mur marque une longue cicatrice vive.

A Bethléem, le pèlerin renontre cela, la trace d’une souffrance profonde. Mais c’est le lieu de la naissance du Christ. La communauté chrétienne le rappelle de façon vivante. Naissance, qui semble encore dans le temps d’un long enfantement. Ici, disent les évangiles, à la naissance de Jésus, les anges chantèrent dans le ciel : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix aux hommes ! Le pèlerin entend ce chant, qui résonne au plus profond de lui-même et devient en lui une longue prière, qu’il gardera pour toujours au coeur.