Le brin de muguet

Samedi, mai 1st, 2010

Etonné ce matin, du nombre de « petits vendeurs de muguet » ou encore de lilas, partout dans Paris, et éventuellement, faute de lilas et de muguet, des petites roses de couleurs (vues une seule fois, à la différence des autres). Beaucoup de ces vendeurs semblent d’origine étrangère. C’est l’occasion rêvée, le jour où pouvoir ajouter un peu de couleur à la journée et un peu d’argent dans l’escarcelle… avec une parole de bonheur en plus, et le rêve qu’elle vous revienne en écho ou en boomerang, aussi lourde de bonheur et même plus que celle que vous avez envoyée, adressée. Avec le muguet, du bonheur. Avec le lilas aussi ! Et une odeur de printemps qui semble ne pas vouloir vous quitter… Mais après tout, après l’hiver long que nous avons eu, c’est plutôt bienvenu.

C’est le jour du lilas et du muguet, et des marches aussi… Bon 1er mai !

Allez ! la fête des voisins !

Mardi, mai 26th, 2009

C’est aujourd’hui la fête des voisins. Pas de chance que l’orage ait éclaté hier un peu partout en faisant retomber la température de près de 10° dans la plupart des cas. Mais après tout, c’est une fête pour briser la glace. Alors… A vos glacières. Ceux qui ont tenté l’expérience en sont sortis ravis et récidivent.

Une fois de temps en temps, le bonheur est dans le près… de chez soi !

[mais j'ajoute en commentaire un... long message qui a résisté à la technique et m'a été remis presque perso... et la signataire a 84 ans. Je le passe de suite !]

Ils repartent…. (les mages !)

Dimanche, février 1st, 2009

Voilà, comme prévu, Michel Desjoyeaux a « coupé la ligne » ce dimanche après-midi. Conditions magnifiques, presque optimales : un dimanche après-midi ! Comme disait Michel Desjoyeaux dans un clin d’oeil, tous étaient à la messe. Et sur les pontons des Sables d’Olonnes, malgré le froid vif. Des instants comme ceux-là sont du pur bonheur, du bonheur au goût profond d’infini. Impressionnant : 84 jours, puis les heures, les minutes et même les secondes. Ce doit être rude pour les derniers concurrents qui, en passe de franchir le Cap Horn, ont encore devant eux un long mois de navigation. La caravane ne va pas toujours au même rythme. Mais Les Sables, c’est de tradition de marins, reviendront au ponton fêter chaque arrivée. Moins de monde peut-être, moins de fête, mais quand même : dire la reconnaissance à qui a fait le voyage… un peu en notre nom.

Et les autres repartent. Les autres ici, ce sont les mages, ces marcheurs d’absolu qui au bord des mers de sable des déserts, suivirent une étoile et reconnurent au terme du voyage le cristal de clarté céleste qui bouleversa leur vie, et qui bouleverse aussi la nôtre, nous qui sommes peu ou prou de la même caravane ou de la même cordée.

Le 2 février en effet, c’est la Chandeleur. Et les crêpes, à retourner haut la main, en faisant des voeux et des rêves de richesse, en veillant à ce que la crêpe ne tombe pas, entraînant avec elle les souhaits et les rêves. Mais comme l’indique le nom « Chandeleur », c’est aussi la fête de la lumière. Une fête qui vient 40 jours après Noël. Et l’on devine la portée symbolique du chiffre. Exit alors la crèche ! La lumière elle aussi a franchi la ligne, celle de notre vie quotidienne. Les chrétiens pensent ou expérimentent en effet, et cette date symbolique le leur rappelle, que le cristal de lumière évoqué plus haut, la présence de Dieu, ou celle… d’un enfant qui livre en sa seule présence le secret le plus profond de Dieu, peuvent marquer pour toujours le chemin. Il y aura des jours d’ombre, des jours de grain comme diraient les marins. Mais la marche à l’étoile est devenue autre. Un peu comme dans les tableaux de Rembrandt, il y aura ce clair-obscur dans lequel la lumière emporte même le plus noir.

Sur le chemin de la pensée simple…

Samedi, janvier 10th, 2009

Cette pensée pleine de fraîcheur, ce matin, pour donner goût au week-end et au repos ou à la détente, que l’on serait peut-être bien inspiré d’ailleurs de ne pas supprimer, ni trop modifier ou déstructurer [le fameux travail du dimanche me semble une idée assez peu porteuse, pour ne pas dire une contre-idée, dans une société qui a besoin de travailler... vraiment, et de se reposer et vivre, et qui a profondément besoin de rencontres et de lien social].

Oui donc, cette pensée piquante : « Vivez tant que vous êtes vivants, faites quelque chose, un coup de folie, ou mieux, qui sait, si vous venez de dîner, faites tranquillement la vaisselle. » Voilà un moment que cette pensée m’étonne et me travaille. Je la dois à Jean Sulivan, à la fois prêtre et poète, mort il y a quelques années, qui avait le regard vif et la pensée parfois subversive, qui savait cueillir des fruits au goût vif sur les chemins communs. Je vous souhaite de ce bonheur simple et tonique.

Mais aussi cette pensée de l’abbé Pierre, que je retrouve ce matin : « L’unique pensée qui me remplissait l’âme c’était : ‘quand on a mis sa main dans celle des pauvres, on trouve à l’heure de mourir la main de Dieu dans son autre main’. »

Il est sûrement des chemins simples à ne pas manquer.

Fèves et marche royale

Lundi, janvier 5th, 2009

Il suffit de tomber sur la fève et l’on voit se lever le soleil. La  forme de la galette l’évoque. Et la fête chrétienne de l’Epiphanie  célèbre le Christ comme le soleil venant en ce monde, suivant ainsi les Ecritures. Ainsi la fève crée des rois autour des tables familiales et amicales. Ils prennent la couronne et choisissent la reine. Et la vie continue, plutôt en fête.

Mais si l’on y pense, la fève et devenir « roi », c’est en fait tout un programme qui requiert même de l’audace et un engagement bien au-delà des douceurs – appréciables – de la fragipane. Le roi dans la bible a un projet, qui n’est pas le sien. C’est le projet de Dieu, au-delà de ce que peut porter un homme. On y parle de paix, dont il sera garant, dont il sera l’auteur. Il veillera sur le pauvre et l’orphelin et créera le bonheur de son peuple. Ce jour-là ce sera le bonheur pour tous.

Les Ecritures anciennes ont une audace infinie, qui pourrait beaucoup nous inspirer. En goûtant à la frangipane, on s’en rapproche inconsciemment. En tombant sur la fève, on part peut-être en cette direction, comme les navires gros et petits appareillent pour la haute mer, pour les grands larges. Je vous renouvelle mes voeux, des voeux de grand large, de bonheur, de projets forts, de solidarité aussi.

Mais je sais, je parle de fève, de rois et d’Ecritures tandis qu’à Gaza l’artillerie est implacable et des peuples exsangues d’espérance, dans une vie quotidienne noire. Cela me travaille. J’y reviens. Pour aujourd’hui, je resterai sur le versant de la montagne où le soleil se lève, sans oublier pourtant la face Nord. Pour demain !