40 jours ! Le chemin essentiel

Mardi, mars 8th, 2011

 

Mercredi « des Cendres » ! Peut-être passe-t-il plus inaperçu que le Mardi gras. Pourtant il marque un point de départ, comme peuvent le comprendre les grands sportifs, ou les navigateurs, les montagnards. Il est des temps où il faut s’entraîner sans trêve, parce que l’enjeu est décisif. Décisif pour le chrétien, que sa vie se configure entièrement au Christ. Défi redoutable, mais incontournable, et au plus profond, n’est-il pas le chemin du bonheur ?

40 jours ! C’est le temps que Moïse resta sur la montagne tandis que Dieu lui parlait et lui donnait des paroles essentielles à transmettre à son peuple (Exode 24, 18). C’est aussi le temps que le prophète Elie, épuisé et prêt à mourir, mais nourri de pain et d’eau par un « ange » qui le réveilla et le sortit de sa torpeur, marcha, infatigablement, jusqu’à la motagne de Dieu, l’Horeb (1 R 19).

Ainsi Elie et Moïse, très différents, sont-ils frères, à travers le temps, sur le chemin de l’essentiel dont aujourd’hui encore nous vivons.

Jésus lui-même fut entraîné par l’Esprit au désert où il demeura pendant 40 jours et 40 nuits, lui aussi. Il jeûna. Dépouillement total, mais dit l’évangéliste Marc, « les anges le servaient » (Mc 1,12-13).

L’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de la Parole donnée par Dieu. 40 jours pour réapprendre ce chemin et se laisser gagner ainsi par la Résurrection !

Eh bien, le Carême en un clic !

Mardi, février 23rd, 2010

Le Carême, un temps de pause ou de… demi-pause, le temps que prend le marin pour vérifier la ligne d’horizon et refixer plus solidement le cap. Le temps que prend le sportif pour s’alléger et… s’engager de tout son être dans l’effort. Le temps que prend le poète pour que le vent du large éveille en lui la parole. Le temps que prend le chrétien pour que s’éveille en lui aussi la Parole, celle dont il vit au plus profond, celle qui le fait vivre, qui est son Orient, c’est-à-dire aussi son « lever », d’un mot qui évoque dans la bible la résurrection : celle de Jésus et celle qui touche tout homme. Le temps du Carême, pour que nous touche justement la Résurrection : non pas à la fin des temps – bien que… elle aussi – mais aujourd’hui. Car Dieu n’est pas un Dieu du futur, mais du présent. Et c’est la force de ce présent qui éveille puissament l’avenir, à une hauteur qui ne peut plus être hauteur d’homme, mais… à hauteur d’infini.

Alors sur ce chemin, une recette – si l’on ose dire en ce temps sobre ! – : le carême en un clic. A la page ouverte (site Prions en Eglise), descendre en bas de page et cliquer sur le bandeau de téléchargement de la méditation du jour. Il est demandé de s’identifier la première fois, puis de voguer libre, chaque jour.

Bon vent !

La médaille d’or… sous la cendre !

Mercredi, février 17th, 2010

Sous la cendre, la braise. Peut-être est-ce là aussi le sens du rite que pratiquent les chrétiens au mercredi… des Cendres. L’expression, comme telle, fait allusion au signe extérieur du deuil ou de la conversion dans la bible : pleurs [intérieurs ?], liés à la tristesse du péché, quand on aspire à vivre ! Alors parlons cendres, et que tout le bois mort [en nous] soit prêt à s’enflammer. En ce cas, le carême, c’est 40 jours pour souffler activement sur la braise demeurée cachée sous la cendre, comme on le fait dans le foyer pour que jaillisse le feu et la lumière, comme on le fait ou faisait dans un feu de plein air, qui réchauffe aux jours froids, et rassemble.

Eh bien au temps du jeûne, tournons-nous vers les recettes. Celles de Pèlerin par exemple (n° 6637, 11 février), qui annonce à la une ses 7 façons de vivre le carême aujourd’hui. Précieux ces sept pistes pour qui n’est pas téméraire. Comme l’écrit Anne Ponce dans son édito : « Le Carême, top ou flop ? » Citation alors du philosophe Patrick Viveret, qui plaide assez simple : « partager, pour vivre intensément !… », plaidoyer pour la « sobriété heureuse ». On tourne alors les pages… du magazine en même temps que les pages intérieures. Et p. 32, Samuel Lieven effeuille la marguerite du carême réussi, pour « un printemps de la vie chrétienne » (V. Cabanac) : accéder à une nourriture spirituelle de qualité, partager la beauté des liturgies et des prières, se priver de quelque chose pour faire un don, aborder facilement des points personnels, décaler un peu son temps pour une aération intérieure, etc… 7 et 1000 façons de vivre le carême, qui finalement, si j’en crois ce que j’en pense, valent mieux qu’une ! Des recettes pour carême sans face de carême…. je prends. Et si vous avez de ces recettes, pas trop compliquées bien-sûr, pour le coup, répondez à ce blog. Mutualisons la recherche.

La prière en chemin

Jeudi, février 26th, 2009

Au fil du Carême, les chrétiens, et peut-être d’autres avec eux, retrouvent le chant des sources. Ils retrouvent ou redécouvrent les fondamentaux. Comme la prière de Jésus, qu’un jésuite relit pour la laisser résonner autrement, en des mots qui surprenent doucement et renouvellent ceux que nous connaissons et redisons.

Pour aujourd’hui, je vous fais présent de cette page prise dans un de ses livres, qui parle de joie. Pas mauvais pour le marcheur, qui aime avancer en chantant parfois, ou en sifflotant, au rythme d’une certaine légèreté intérieure.

« Un jour que ses disciples lui demandèrent de leur apprendre à prier, il leur fit confidence de cette prière qui était la sienne quand il se retirait à l’écart :
 « Notre Père, celui des cieux, celui de tous,
révèle ton visage, étends ton royaume d’amour
et que le projet que tu as conçu de toute éternité
se réalise sur cette terre.
Donne-nous chaque jour ce qu’il nous faut pour vivre.
Accueille-nous tels que nous sommes
Et pardonne nos faux pas
Ainsi que nous-mêmes essayons de pardonner
A ceux qui nous ont blessés.
Dans la tentation, apporte-nous ton soutien
Et libère-nous du Mal ». »

 (Charles Delhez, Tu es né pour la joie, Fidélité, Namur, 2000, p. 30-31)

Braise et cendre… et le pain de la marche

Mercredi, février 25th, 2009

Mercredi des Cendres et retour du carême. Montagnards et marcheurs, navigateurs ou sportifs, et tant d’autres, connaissent ces temps de préparation avant l’événement attendu de tout leur être. Et pour le coup ici, abordant donc le carême, la préparation est essentielle, ligne fine à suivre pour que la vie tout entière passe à la clarté de Pâques. Temps de l’apprentissage, comme à nouveau, du goût de la Parole et de l’essentiel. Suivre le chemin d’Elie jusqu’à la montagne sainte où, passé le fracas des éléments, il entend une voix de fin silence, qui orientera sa vie (Premier livre des Rois, chapitre 19). Retrouver le goût de la Parole et du pain, de la simplicité, de l’essentiel, laisser notre vie reprendre au sens le plus fort son orient, la source qui la fonde.

Le chrétien aujourd’hui reçoit les cendres. Geste très ancien, venu des temps les plus profonds de la bible. Sous la cendre, retrouver la braise de Dieu et la laisser prendre.

Des voix de prophètes appellent au coeur de ce silence, ils laissent entendre puissamment la voix de Dieu : « Revenez à moi de tout votre coeur, déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour…». Oui, « c’est maintenant le moment favorable, confirme Paul. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (Prophète Joël et l’apôtre Paul aux Corinthiens).

Quarante jours donc, pour reprendre souffle et retrouver le goût de la Rencontre, unique, qui fonde nos vies.

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Alina Reyes parle magnifiquement de ce temps dans Panorama ce mois-ci, en un long entretien : « Je vais vivre mon premier carême ! ». A lire, ou à retrouver sous une autre forme ici, ou ici.

Derrière la mine

Mardi, février 24th, 2009

Mardi gras ! Changement de mine et mines en fête, derrière les soucis ou les rides, ou derrière les jours… Pause si l’on veut, ou demi-pause, le temps d’un soupir, de flaner, de regarder… derrière les mines aussi. Demain sera plus grave. Mais le mot « grave » d’abord évoque le poids ou le centre de gravité, à retrouver parfois. Parfums de crêpes ici ou là, saveur de carême déjà. Temps de la pause avant l’effort, de la détente avant l’attention à qui vient en notre vie la toucher doucement de résurrection.

Pour aujourd’hui donc ces couleurs, parmi tant d’autres…