Reprendre le chemin

Jeudi, novembre 19th, 2009

Reprendre le chemin, tout autre. Tel est aussi le chemin du pèlerin. La route qu’il a faite est chemin intérieur, à pousuivre… Chemin de Dieu.

Aux abords de la Loire, les splendeurs de Nevers

Mercredi, avril 15th, 2009

Photos prises au fil des marches récentes… Car la marche est ou crée en chacun une sorte de vivier immense d’images, d’émotions, de rencontres, qui construisent peu à peu une façon d’être autre…

En hommage ou en présent à vous, qui lisez ces lignes… sur vos propres chemins.

Compostelle : l’appel du chemin, par les pieds ou par le rêve !

Mardi, mars 17th, 2009

Avec le retour des beaux-jours, ils sont nombreux ceux qui vérifient leur équipement et graissent les chaussures comme on disait il y a peu encore, quand le cuir avait besoin d’être nourri et plus souple, ce que bien-sûr le gore-tex est spontanément, mais le cuir… ! Et il n’est qu’à prendre date avec quelques personnes, pour une réunion de travail ou de pure amitié, pour que se laissent doucement débusquer les marcheurs. Les plages de temps sont soigneusement protégées et les prévisions très avancées, pour se mettre ou se remettre en chemin, sur el Camino, la route de Compostelle !

Alors pour préparer l’itinéraire ou l’accompagner, ou pour le faire en pensée, ne pas manquer, chez les marchands de journaux, dans les librairies religieuses ou par VPC, le nouveau-né magnifique des Hors-série Pèlerin qui m’a donné le titre de cette note. Oui,  Compostelle, l’appel du chemin. Pour accompagner la marche ou le temps de rêver ! N’est-ce pas aussi une façon de faire la route ?

couv-compostelle

Les images portent et emportent, mais les chiffres parlent aussi : il y a vingt ans, l’archevêché de Santiago remettait la Compostela, ce certificat attestant la qualité de pèlerin, à moins de trois mille personnes par an. Aujourd’hui, venant de France et de tous les continents, par des voies désormais classées au Patrimoine mondial de l’Unesco et inscrites comme itinéraires culturels, ils sont aujourd’hui près de 120 000 à recevoir le précieux document !

Au menu de ce Hors-série que je vous recommande chaleureusement, histoires et légendes, itinéraires, conseils pratiques. Une mine d’infos utiles sur le chemin et sur les étapes [en France, en Espagne et en Europe], et des récits impressionnants de Patrick Poivre d’Arvor, Laurence Lacour ou Bernard Ollivier, journalistes et écrivains marcheurs. Et aussi un glossaire des mots-clés, de « coquille » à « équipement », de « sécurité » à « liberté »…

L’occasion aussi de découvrir ce  blog à la fois voisin et ami : le blog des marcheurs, pour savoir où, quand et avec qui marcher, échanger des conseils, des bons plans et des coups de cœur. Gilles Donada, qui l’anime, est journaliste à Pèlerin et aussi marcheur, et son blog propose une veille d’informations sur les nouveautés en matière de trek, de randonnée et de pèlerinage à pied (itinéraires, guides, matériels) et de multiples liens sur Internet, avec associations, blogs… tous marcheurs.

Alors, marcher par les yeux et par le coeur, marcher en rêve… et se réveiller en marchant ! En route !

Visage de nomade

Jeudi, février 19th, 2009

A l’instant, j’entends sur une radio que j’aime écouter quand cela se présente, une artiste russe qui parle de musique. Et lui revient cette phrase d’un auteur russe dont je n’ai pas retenu le nom, mais la phrase est étonnante : « Jusqu’à 40 ans on a le visage que les parents vous ont donné, après 40 ans, le visage que Dieu vous a donné… » Au moment des épreuves du bac, on aurait trois heures ou quatre pour développer. Mais est-ce suffisant ici ? Je préfère m’en donner beaucoup plus et vous offrir aussi cette pensée ce matin, dans le lumineux soleil d’hiver qu’il fait aujourd’hui.

photo P. Leclerc    L'homme en marche - expo Colisée - Lambersart 59 - janvier 09

photo P. Leclerc L'homme en marche - expo Colisée - Lambersart 59 - janvier 09

 Ma première réflexion est qu’au fil de la vie, le nomade que nous sommes opère un voyage intérieur qui peu à peu modèle l’être par l’intérieur et le modifie. J’aime que dans ce chemin il soit question de Dieu. Qu’il ait même une place très significative. Je continuerai à penser à cette phrase, et vous souhaite bon chemin.

Sur les pas d’Elie (le prophète)

Mardi, février 17th, 2009

J’évoquais hier les Carmes, dont on sait qu’ils se reconnaissent héritiers spirituels du grand prophète biblique Elie (9ème siècle av. J.C., aux abords du Mont… Carmel). Il faut relire dans la Bible les chapitres magnifiques évoquant ce prophète (Premier livre des Rois chapitre 17, jusqu’au chapitre 2 du deuxième livre… mais ils sont courts !). Dans le couvent d’Avon, un lieu de prière aux dimensions très larges mais tout dépouillé porte son nom : oratoire Saint Elie.

Chapelle Saint Elie (Carmes d'Avon)

Chapelle Saint Elie (Carmes d'Avon)

 J’ai voulu vous le montrer ici, dans son dépouillement. Pour le goûter dans cette sobriété, il faut lire en particulier le Premier livre des Rois dans la bible, au chapitre 19, avec éventuellement les deux précédents pour se laisser emporter. Elie est en fuite devant la redoutable reine Jézabel. C’est pourtant un prophète à la parole et à l’audace étonnantes. Il a défié les prophètes des baals, ces divinités païennes associées en Canaan aux cultes de fécondité. Il les a défiés tant et si bien que la Bible sans ambage mais pas sans souffle épique à la manière des chansons de geste, dit qu’il en trucida 450 sans sourciller ! Le même, l’instant d’après, est terrifié devant la menace de Jézabel. A peine croyable. Mais il fuit. Il est surtout dans l’épuisement de sa tâche prophétique qui le met seul contre tous, ce que dit bien le texte étonnant que je viens d’évoquer.

Il fuit son lieu. Du Nord il part plein sud, laisse ses serviteurs et s’enfonce plus encore vers le sud, dans le désert qu’un jour parcoururent Moïse et les Hébreux. Mais là, pas plus valeureux qu’eux, il se couche pour mourir. Mais l’ange le réveille à trois reprises et lui dit : « prends et mange ! ». A son chevet une galette de pain et une gourde d’eau. Alors, fortifié par cette nourriture, il poursuivit le chemin jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb. Là il verra de véritables bouleversements cosmiques comme ceux qui accompagnaient la manifestation de Dieu tandis que Moïse était sur la montagne. Mais pour lui, c’est dans le souffle d’une brise infime qu’il rencontre son Dieu, qui lui dit : « Que fais-tu là ? ». Et c’est par ce souffle infime, cette « voix de fin silence » (selon la magnifique traduction de Lévinas) qu’il est remis en chemin et replacé dans son ministère de prophète, lui qui de découragement ou d’épuisement, le fuyait !

Chez les carmes d’Avon, dans l’oratoire, un livre de la Parole – une solide bible – sur une table, Parole donnée en nourriture. Une outre suspendue, en bois magnifiquement sculpté, contient la présence de Dieu, en sa forme surprenante, dans le culte chrétien, du peu de pain de l’Eucharistie, présence réelle de Dieu… C’est de cette présence de Dieu que se nourrit le prophète, comme aussi le chrétien. Un bois d’arbre à peine retravaillé et splendide, évoque le Christ ressuscité, les bras en croix ouverts et tout en mouvement.

Christ en gloire - chapelle Saint Elie - Avon

Christ en gloire - chapelle Saint Elie - Avon

Liver de la Parole - chapelle saint Elie

Livre de la Parole - chapelle saint Elie

Nourriture et Présence en chemin

Nourriture et Présence en chemin

 

 

 

 

 

 

 

Tabernacle, lieu de la Présence - chapelle saint Elie

Tabernacle, lieu de la Présence - chapelle saint Elie

Je vous donne ce lieu, en quelques photos. Pour vous soutenir vous aussi dans le voyage – de vos tâches et de votre vie. Oui, en signe de la présence discrète mais indéfectible de Dieu.

 

A Lourdes l’hiver

Lundi, février 9th, 2009

Retour au calendrier de la date du 11 février, l’une des grandes dates de Lourdes. De nouveau, malgré le froid, des pèlerins nombreux vont affluer dans la ville mariale du coeur des Pyrénées. Près d’un millier aussi de directeurs de pèlerinages, de différentes langues, principalement venus d’Europe, qui vont venir placer ici les jalons  de l’année à venir. Les pèlerins de Lourdes tout au long de cette année, seront invités à suivre les pas de Bernadette, de Lourdes où elle vécut son enfance et connut les apparitions de la Vierge, jusqu’à Nevers où quelques années après elle partit pour continuer le chemin intérieur, un chemin qu’elle voulait au plus près des pauvres, et enraciné dans la rencontre intime du Christ.

Ce chemin de Bernadette est impressionnant. J’ai aimé le prendre et en parler tout au long de l’année 2008, année jubilaire à Lourdes. Mais il est infini, comme un appel au coeur du pèlerin. J’y reviendrai sûrement. Depuis Lourdes peut-être, dès les tout prochains jours.

Retour ailleurs de la tempête, dans des régions qui n’en demandent pas tant. Des amis croisés aujourd’hui même, reviennent des Landes. Ils sont atterrés de ce qu’ils ont vu. La nature est forte, mais comme l’homme se sent petit devant autant de force… Oui, la nature n’est pas que poésie, même si elle en comporte tant.