Au fil de l’eau

Mercredi, octobre 6th, 2010

S’écarquiller encore les yeux devant la beauté, ici au fil de l’eau, dans les reflets du magnifique golfe du Morbihan, quand la nature est calme et offre à qui contemple le secret d’un souffle intérieur. Incroyables reflets du soleil dans les eaux calmes… qui font rêver à d’autres reflets du ciel, sur le visage des êtres, beauté ou reflet de Dieu, visages de Dieu…!

Oui, golfe infini des eaux et des terres de Dieu, traces de son passage en terre humaine et sur les visages humains, parfois burinés, ou jeunes et sans rides, souvent inquiets, ou plus même, quand les bourrasques du monde n’épargnent rien…

Ainsi les eaux du golfe du Morbihan ici, m’entraînent au loin, vous entraînent aussi ?… Bon vent !

Parfois, marche entre deux

Samedi, mars 13th, 2010

Ces petits matins de pleine montagne m’impressionnent toujours, ce mélange de clarté et de brume qui semblent s’affronter sans heurt et pourtant vivement, avant que ne s’établisse le plein jour. Et j’imagine sans peine qu’il en est de même dans la vie quotidienne de chacun : parfois il faut marcher entre deux, parce qu’on n’a pas le choix, le temps ou les soucis le disputent à la clarté, qui pourtant couve en braise… La vie a ses météos, comme le ciel ; et ses clartés aussi, comme le ciel, à ne pas perdre de vue…

11 février : Lourdes, date fondement

Jeudi, février 11th, 2010

11 février ! Date socle, fondement.

Oui, ils sont plus profonds que les fondations des impressionnantes basiliques, cette date, et l’évènement qui la marqua un jour de 1858, rencontre entre ciel et terre. Et en fait, sans cette date, Lourdes ne serait pas Lourdes. Les cartes inscriraient autrement, sûrement, et en bien plus petit, le nom de cette ville pyrénéenne. 

Dans le froid d’un matin d’hiver… tenez, comme aujourd’hui, exactement, une gosse de pauvres traversait les terrains vagues sous le crachin, en quête de bois sec ou plutôt – car il ne peut être sec dans ce froid humide – de bois mort. Pour vivre : pour réchauffer ou être vendu contre nourriture de pauvre. Bernadette Soubirous, car c’est d’elle qu’il est question, emporte ce jour-là son asthme dans le froid et peine à traverser le canal du Gave, quand devant elle le ciel s’ouvre au fond d’une grotte, qui n’était d’abord qu’un gîte à animaux poisseux, avant qu’une source n’y coule et peu à peu plus ample, assainisse les lieux, et bien avant eux, les coeurs.

L’histoire de Lourdes commence un 11 février 1858, avant que ne viennent par centaines et par milliers pèlerins et touristes. Mais est-on jamais touriste sur les lieux qu’éclaire et rencontre le ciel ?

Ce 11 février, 10 000 pèlerins et nomades bravent encore le froid de l’hiver, pour venir, comme aimantés par ce lieu ou par le ciel qui le traverse, à fleur de coeur et de peau. Il fait un froid à pierre fendre, comme en 1858. Et le chant s’élève à la rencontre du ciel. Et dans ce va et vient entre ciel et terre, naissent et renaissent des gens : hommes, femmes, enfants. Je le sais, j’en suis.

Ainsi, dans la nuit des chants se sont levés… infatigables, éveillant la lumière et soutenus par elle. Et les coeurs venaient y boire un souffle de ciel.

Oui, Lourdes…

Hommage à Louis Blériot et à Icare !

Samedi, juillet 25th, 2009

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Le mythe d’Icare a la vie longue dans le cœur des hommes, pèlerins par toutes voies et désireux aussi manifestement, des voies du ciel. Le cœur pèlerin, finalement. Et en la Saint Jacques (de Compostelle et autres lieux) ce jour, belle prouesse, réitérant celle de Louis Blériot il y a tout juste cent ans, qui traversait le premier la Manche en avion. Un avion à la fois performant et… très simple. A ciel ouvert !

 Louis Blériot est né à Cambrai, ville qui m’est chère, le 1er juillet 1872. Il partit le 25 juillet 1909 à 04H41 du hameau des Baraques à Sangatte (rebaptisé Blériot-Plage en 1936), et posa son aéroplane à 05H18 dans une prairie, au pied du château-fort qui domine le port de Douvres, en Angleterre, après avoir couvert en 37 minutes les 43 km à la vitesse moyenne de 65 km/h.  Edmond Salis a réédité aujourd’hui l’exploit, ralliant Douvres, depuis Blériot-Plage (Pas-de-Calais) à bord d’un monoplan d’époque, un Blériot XI de 1934 identique à celui de Louis Blériot et construit par lui, mais en 45 minutes !

 bleriot-xi

Ascension : oui, mais le ciel… !

Jeudi, mai 21st, 2009

Aujourd’hui, c’est l’Ascension. Une telle phrase ferait rêver les montagnards qui l’entendent. Mais ici, nous parlons de la fête de l’Ascension. Et cela me donne à penser. Raison pour laquelle je choisis ici une photo de nuages ou de… ciel. Car l’Ascension, dit-on très vite, pour fixer les choses, c’est la montée du Christ au ciel. Oui, justement, mais quel ciel ?

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Nous disons ciel et relevons la tête, côté nuages ou plus loin, à perte de vue : stratosphère… et au-delà. Mais l’Ascension parle du ciel de Dieu. Représentation autre. Jésus vient de Dieu et retourne vers Dieu. Qui donc est-il, à hauteur de ciel ? L’Ascension dit qui est Jésus : l’intime de Dieu, le Fils bien-aimé comme le dit l’Ecriture, en appelant à sa mémoire jusqu’à Abraham qui eut lui-même un fils bien-aimé, qui  faisait ou qui était sa dilection. Et l’Ascension parle aussi de nous, les disciples, appelés à prendre le relais en l’absence décisive de Jésus, du moins à regard humain. Prise de relais, dans une course à poursuivre au même rythme…

Oui, l’Ascension, c’est le ciel de Dieu… Et nous y avons accès. Bonne ascension !… comme disent les montagnards !

Reprendre souffle

Samedi, janvier 31st, 2009

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 Week-end ! Desjoyeaux s’approche des côtes, après des semaines de navigation en solitaire, de grain, de soleil, de veilles et de regard infini sur l’océan. Il a baroudé et voit aujourd’hui les côtes. Fascinés, beaucoup sont au plus près de l’accès aux Sables (d’Olonne !), pour apercevoir et accompagner un peu s’ils le peuvent Foncia, le bâteau sur lequel il a fait cette traversée.

Peut-être en ces instants a-t-on le sentiment diffus d’avoir fait soi-même un peu le chemin, puisque l’on est à l’arrivée. Mais l’on pressent la distance infinie entre celui qui a suivi de loin et celui qui a fait la traversée.

La pensée me vient, que nous qui aimons, surtout le temps d’un week-end, prendre intérieurement le large, nous le voyons avec cette arrivée du grand large, venir à nous. L’arrivée de Desjoyeaux nous entraîne au large puisqu’elle amène jusqu’à nous le grand large !

Alors en photo, pour poursuivre le voyage ou le rêve, dans ce sentiment étonnant du grand large, la mer. Ici une mer de nuages, vue de plus haut encore même [photo d'altitude !], et qui ressemble tellement à la mer. Espaces infinis au coeur aussi de nous-mêmes. Et un week-end pour leur permettre de se redéployer, et à nous-mêmes de nous redéployer.

Simplement regarder la mer, ou plus près de nous quand nous sommes loin des côtes, regarder le ciel, et reprendre souffle… En pensée en tout cas, car chacun bien-sûr, continue d’être actif. Sous le magnifique ciel d’hiver. 

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Marches en couleurs

Mercredi, janvier 28th, 2009

Nous le savons, et sur une radio quelqu’un ce matin l’évoquait avec une pointe d’humour, sur l’air du jeu de mots : quand les choses ne marchent pas, on marche. Marche volontaire pour beaucoup, marche forcée aussi pour d’autres. Gandhi déjà marchait. Marche[s] non-violente[s] qui firent l’histoire, comme d’autres à Soweto, en Birmanie et en tant d’autres lieux, devenues emblématiques, et qui deviendraient une longue liste si on les énumérait toutes.

Quand un peuple est touché en profondeur, il marche, et sa marche souvent prend couleur, non seulement celle de ses banderoles et de ses différents signes d’appartenance, mais la marche elle-même, tout entière porte souvent la dominante d’une couleur, qui devient son identité, son signe : marches blanches, marche orange, marche safran…

Parce que la marche a partie liée avec la couleur !  Les couleurs du ciel et les couleurs intérieures. Les couleurs des vêtements aussi, que l’on se choisit pour se fondre au paysage ou s’ y poser doucement, ou encore pour s’en démarquer franchement. Et en lien aussi parfois avec le paysage intérieur. Aux couleurs qu’il porte, en bannière, calicot ou banderole, à ses couleurs d’appartenance, on reconnaît le marcheur.

Ce jeudi, les français vont marcher, aux couleurs mitigées. On ne sait en effet ces jours-là, si la marche est remède ou symptôme. Mais la marche, dans tous les cas, a partie liée avec la couleur. Que je vous souhaite envers et contre tout quand parfois le ciel est [trop] gris.
 
 
 

 

Sur la Bible de Lincoln

Mercredi, janvier 21st, 2009

Hier tandis qu’il était 18h00 en France, Barack Obama a prêté serment à Wahington. Sur la bible de Abraham Lincoln, prédecesseur illustre, l’un des présidents favoris des américains. C’est lui qui mit fin à l’esclavage aux Etats Unis.

L’adoption du 13 ème amendement de la Constitution des Etats-Unis intervint le 18 décembre 1865… un peu plus de 6 mois après sa mort, assassiné en avril 1865, à la fin d’une guerre de Sécession qui fut meurtrière. Il avait tenu ferme le parti de garder les  Etats-Unis de la division, et ne s’était pas fait que des amis.

Les mots de Lincoln quelques jours avant étaient forts. Ainsi le 4 mars 1865 : « Sans haine contre personne, avec de la charité envers tous, avec une ferme confiance dans la justice, car Dieu nous permet de reconnaître ce qui est juste, finissons le travail que nous avons commencé [...]. Faire tout notre possible pour réaliser et aimer une paix juste et durable ».

Sans honte, ces hommes comptent sur le ciel quand il faut que le soc de la charrue aille profond, et parfois en terre gelée. Obama a une feuille de route très rude, les deux pieds sur terre et la tête un peu au ciel. C’est ainsi que font les gens de « vision » comme on le dit en anglais. Des gens qui voient loin et beaucoup plus large que l’ordinaire.

Hier le journal La Croix, qui avait comme aujourd’hui de magnifiques pages, en attendant dans quelques heures un Pèlerin magnifique et en images, traçait le portrait du pasteur Joseph Lowery, pasteur méthodiste à qui Obama a confié la bénédiction qui devait conclure la cérémonie d’investiture. Né en 1924, il milita très activement pour la fin de la ségrégation dans les bus et espaces publics. Il travailla aussi avec Martin Luther King, enraciné dans l’option de non-violence. Emprisonné plusieurs fois, puis réhabilité. Il a raconté avoir prié pour que le pays élise un jour un président noir. « Mais je n’ai jamais pensé que je vivrais pour le voir » a-t-il affirmé. Il est des jours où le ciel écoute la terre attentivement, ensemençant les efforts des hommes.

Je vous souhaite de ces jours-là.

Arpenter un Paris de lumière

Dimanche, janvier 18th, 2009
  
Le Louvre, dans le petit matin

Le Louvre, dans le petit matin

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Soleil sur les bords de Seine et le Chatelet

Soleil sur les bords de Seine et le Chatelet

Couleurs de petit matin, prises cette semaine, tandis que Paris s’éveillait dans le froid de l’hiver. Avec cette indicible luminosité qu’offrent les petits matins d’hiver. Elles sont ici, en ce petit matin de dimanche, pour se remplir les yeux de beauté.

Dans les évangiles, au moment où est évoquée la Résurrection, au moment où elle s’annonce, il est question de cette lumière du petit matin, qui en évoque une autre, plus profonde encore. Celle qui éclaire désormais l’histoire de l’humanité et notre histoire.

Evocation, en ces couleurs de petit matin et au pied de Notre-Dame, de cet autre petit jour, dont le « premier jour de la semaine » comme le disent les évangiles, est signe. Pas étonnant que l’eau reflète. Comme notre vie aussi reflète, fait écho, donne écho, au mystère !

Bon dimanche…

 

Entre eau, ciel et soleil

Entre eau, ciel et soleil

 

Dans la lumière du soleil hivernal

Dans la lumière du soleil hivernal

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie