Ce sont les pleurs de Rachel

Mardi, décembre 29th, 2009

J’évoquais hier la fête des Saint innocents, au lendemain de la Nativité et de  Noël. La liturgie de l’Eglise y donne à entendre le texte de Matthieu qui fait suite à l’épisode des Mages. Qui en est même la seconde partie. Les mages, ces chercheurs d’infini, suivent encore l’étoile et l’élan de leur découverte, qui les a remplis de joie. Et il est tant de ces chercheurs et marcheurs à l’étoile aujourd’hui ! Ce texte parle d’eux. Mais il parle aussi d’Hérode l’homme ivre de pouvoir et de violence. Comme il en est aujourd’hui aussi sous des visages moins caricaturaux et pourtant réels. Hérode craint pour son pouvoir. On craint toujours pour un pouvoir.

La suite est dite par le texte. C’est le drame terrible, comme on en voit aussi aujourd’hui tant, qui sont pourtant chaque fois aussi terriblement uniques. Et Matthieu, comme il le fait souvent, cite les Ecritures, le Premier Testament, pour le laisser résonner et qu’il laisse aussi jaillir plus large sa lumière pour donner sens à ce qui peine à en trouver. Il le fait comme on le faisait à son époque, en conjuguant des textes qui se mettent en écho, au point qu’en l’occurence, les exégètes s’interrogent pour les identifier avec précision. Mais qu’importe, le sens lui est sans ambiguïté aucune. On entend résonner à  l’infini le cri et les pleurs de Rachel « qui pleure ses enfants car il ne sont plus ».

La tombe de Rachel est à l’entrée de Bethléem, à l’ombre d’un très haut mur de sécurité. Sa voix s’entend-elle encore à travers le désert de Judée tout proche, qui résonne aussi d’autres pleurs ? Rachel pleurant ses enfants assume tous les pleurs des mères à travers l’histoire et les continents, car elle fut une mère en Israël et à ce titre assume en sa chair, en sa figure symbolique aussi, toutes ces mères douloureuses comme on en voit parfois de si douloureuses. Et l’on partage en ces instants la souffrance et la peine immense de Rachel… Sainte Rachel !

Détour et contours

Jeudi, octobre 15th, 2009

La radio amène ce soir comme chaque jour son lot d’informations et aussi de désinformations, d’insistance sur le détail qui lasse sans construire, ou sur ceux que l’on aimerait garder dans l’ombre (comme l’histoire aujourd’hui même de ces travailleurs clandestins travaillant la nuit dans le métro parisien et dans des conditions que Zola aurait peintes et vigoureusement dénoncées). Mais au fil de la voix, c’est quelque chose du chant du monde qui me parvient, qui nous parvient. C’est l’histoire du monde en train de se construire dans le clair-obscur et les contours parfois indéfinis. Oui, on aimerait moins d’obsession sur le détail même piquant, et plus de regard large, profond. Entendre battre le coeur du monde. Ce qu’évoque peut-être cette étrange photo prise dans le métro parisien à une heure tardive où les jeux de lumière se conjuguent dans le flou, le clair et l’obscur.

JN i-phone sept 09 097

Me revient aussi la phrase bien connue : « On entend plus le fracas des murs qui tombent que le murmure du blé qui lève ». Et pourtant, comme aurait dit le vieux Galileo Galilée, et pourtant… il lève.

Voyage vers le Caucase, et plus si exil

Vendredi, mars 27th, 2009

Je reviens ce matin sur le voyage dans le Caucase entrepris hier, dans la présentation que je faisais du magnifique livre d’Anne-Laure Bondoux : Le temps des miracles. J’ai lu ce livre sur la suggestion de quelqu’un qui me l’a mis dans les mains, et ce livre m’a touché. Aussi je suis à la fois étonné et heureux qu’il soit édité aussi en format adulte, car je pense qu’il fait faire à quiconque le lit, un voyage dont on ne se remet pas vraiment… et tant mieux ! On souhaiterait qu’il en soit ainsi en tant d’autres moments dans la vie, pour les choses essentielles.

A l’occasion de cette nouvelle édition du livre, l’auteur revient sur ce qu’il représente pour elle. Elle le fait en des mots simples, évoquant la part dans ce roman, de questions et de préoccupations personnelles en même temps que de réminiscences diverses. Ainsi, dit-elle,  « vous trouverez dans ce livre un immeuble communautaire, un verger merveilleux, un atlas, des routes partant vers l’horizon, beaucoup d’espoir, des mensonges, et… la pure vérité« . Et c’est bien ce mélange qui probablement nous touche, au plus profond, sur le lieu de « la pure vérité ». On se prend alors à regarder le monde autrement, et aussi la vie. On réentend aussi comme en échos illimités, ces mots trouvés un moment dans le livre, et qui justifient, sans véritable souci de le faire, le choix du Caucase, magnifique et rude : « notre planète ne manque pas d’endroits dangereux pour les enfants… ».

Et c’est aussi cette simple mais rude vérité qui bouleverse, tout au long du livre, comme probablement dans la vie quotidienne. Aussi cette note ne me distrait pas vraiment de la vie quotidienne. Bonne lecture, et dans quelques heures, bon week-end !

Le souffle de l’histoire

Jeudi, janvier 22nd, 2009

Le 8 janvier 2008, Obama trouvait des accents lyriques qui devaient – et doivent ! – mener loin. C’était à Nashua dans le New Hampshire, pendant les primaires démocrates. Des mots que je reproduis ici, comme un long poème, de ces poèmes qui créent du neuf et façonnent le monde, façonnent des esprits et donnent forme à l’espérance.

Lire ce poème et le relire. Le recopier. L’encadrer pour le relire encore. L’apprendre comme à l’école. Comme on apprend à lire, à vivre, à espérer, plus solidaires. Alors ce poème du 8 janvier 2008, dont nous mesurons un an après la force porteuse immense, comparable au « I have a dream » de Luther King qui a traversé et porté un pan immense de l’Histoire :

« Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables [...], des générations d’Américains ont répondu par une conviction qui résume l’esprit de tout un peuple : Oui, nous pouvons.

Cette conviction, elle était inscrite dans les documents fondateurs qui forgèrent la destinée de notre nation. Oui, nous pouvons.

Il a été murmuré par les esclaves et les ablitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits. Oui, nous pouvons.

(suite…)

Matin d’hiver

Vendredi, janvier 9th, 2009

Tous, ils vont, dans le quotidien…

Petit matin d'hiver sur Paris

Petit matin d'hiver sur Paris

Le tramway - ligne T3

Le tramway - ligne T3

Quand le chemin est libre, filer...

Quand le chemin est libre, filer...

…parcelles d’une Histoire toujours plus grande qui oriente ou aimante le chemin.

Non loin des Champs Elysées

Non loin des Champs Elysées