Donc attendre

Mardi, décembre 22nd, 2009

Mouette en veille

Donc attendre l’aube, les premières lueurs qui disent la venue certaine du jour. Attendre et lire… les signes d’espérance, de vie, d’humanité profonde partout où elle se donne : dans des gestes simples souvent, ceux de tous les jours qui ont valeur d’éternité, qui en sont référence, inscription certaine dans le réel… L’éternité n’est pas une idée philosophique, elle est une part tangible de nous-mêmes. Elle est un consentement de l’humain à l’infini qui l’habite et passe par ses mains, ses gestes, son coeur, son travail, son labeur, sa peine, et aux heures bénies, sa joie profonde, son allégresse même.

A Noël et dans l’ « Avent » de Noël, il est question d’éternité tissée de maille serrée avec notre humanité, les jours de Dieu tissés aux notres, notre ordinaire marqué du poinçon lumineux du ciel, de l’infini de Dieu devenu rencontrable, humain. Qu’il est bon le temps de Noël, pour cela justement ! Les cadeaux quand il y en a, viennent en plus, en contrepoint, comme en musique le contre-point fait sentir de plus près le rythme principal et la mélodie essentielle.

Alors pour le moment en fait, attendre l’aube, comme le font les veilleurs. Comme le font ceux dont la nuit a été déjà longue, sans rien… ou presque, ou si peu… Ils sont nombreux – et combien de fois nous en sommes - les gens de la veille nocturne, dans les entre-deux de la nuit, les entre-deux de la vie, ceux éventuellement de la santé, ceux de la recherche, mais… de nuit, comme un jour le disait Jean de la Croix, ou Soeur Emmanuelle, ou encore Mère Térésa et quelques autres, tous gens du même bois que nous !

Peut-être neigera-t-il à Noël, et dans le tourbillon des flocons, nous entendrons l’infini en notes silencieuses et extraordinairement belles. Oui, s’il neigeait… !

Mages et nomades

Jeudi, décembre 17th, 2009

Pour maintenant, ils sont en route, les mages et nomades des confins de l’humanité guettant l’aurore… Je serai de leur nombre. Et je vous le souhaite aussi…

Une rose blanche à Buchenwald et des paroles de paix

Samedi, juin 6th, 2009

 Sentiment qu’il a du charisme Obama. Son prénom évoque la bénédiction, est-ce entièrement un hasard ? Et dans le monde comme il va, c’est du bonheur profond d’entendre des paroles de paix infatigables. Celles du Caire étaient tellement bonnes à entendre, après celles sans nuances de Bush pendant huit ans, qui mêlait Dieu inconsidérement aux choses et à ses choix politiques parfois de peu de vision. Qu’il est bon d’entendre cet homme à la parole et à la présence simples, Obama. On parle d’obamania. Ce n’est pas la meilleure chose qui puisse arriver. Le côté mania est peu porteur et sujet aux vents changeants. Les vents et la mania peuvent changer vite. Les paroles de paix non.

Donc au Caire, Obama, puis sans transition ou à peine, à Dresdes. Déjà tout un symbole. Mais aussi Buchenwald. Là les mots se taisent. Ils n’étaient que quatre ou cinq en ce lieu. Peu de mots, peu de gestes, mais symboliquement forts. Une rose blanche, l’expression d’une émotion totale et des paroles sans faille sur l’horreur. Et Elie Wiesel, nobel de la paix, juif qui a connu ces lieux, et son père aussi qui y mourut. Occasion pour Obama de redire une fidélité sans faille à Israël. Mais le rappel aussi de la justice pour que vienne, sans plus de retard, une paix… juste entre Israël et les palestiniens.

Il y a un mois, Benoit XVI (tiens ! son nom aussi signifie une bénédiction !), dans une parole semblable. Aujourd’hui Obama. Et il y revient, signe qu’il ne lâchera pas ce dossier. Tant de choses autour de la paix s’attachent à cette terre, que personnellement j’aime, profondément, mais qui souffre trop.

Puis ce furent  Caen, et Colleville-sur-Mer, et les paroles encore de la mémoire. De l’humanité profonde. Ce soir, le couple Obama est à Notre-Dame avant une soirée parisienne, en famille.

D-day, Jour-J… Il est des jours où on a le sentiment de grandir en humanité. C’est aujourd’hui. Respiration profonde. Un ange [de la paix !] passe. Bon dimanche !

 

 

Semences d’actualité

Mardi, mars 3rd, 2009

Attente encore, en Guadeloupe et Martinique, pour les accords conclus mais encore non signés, roses blanches à Levallois pour Cécile, comme pour conjurer la peine et l’incompréhension de la violence et de la mort par de discrètes semences de tendresse et d’espérance, capitaux pour reconstruire à Gaza, mais le « re » de reconstruire blesse, tant il est régressif… Page arrachée à la marche si lente parfois de l’humanité en croissance d’être, ici comme souvent par fractures successives.

Les « marcheuses »

Dimanche, janvier 18th, 2009

Etonnant ce mot. Entendu il y a trois jours sur une radio, et que je retrouve ce dimanche dans le journal. Dans les deux cas, un reportage. Si l’on est assez habitué au masculin pluriel, en effet le féminin surprend. Au singulier, il rappellerait des initiatives comme celle en mer par exemple, de Maud Fontenoy, ces solitaires partis pour l’exploit, dans la ténacité de l’effort mêlé d’audace. Mais au pluriel ! Serait-ce donc (suite…)

Bruits de chenilles et marche en arrière

Mardi, janvier 6th, 2009

Une marche qui piétine l’humain peut-elle rester humaine ? La question me poursuit et tout en moi répond non. Ce n’est pas le lieu ici de simplifier des questions politiques que je sais très complexes. Mais la marche… Marche en avant d’armées. Recul de populations, recul de la haine ? Recul de l’humain… L’homme est un être de parole. L’absence de parole se muant en violence, la boucle se resserre en étau, serré très fort, trop fort, où chacun se déshumanise.

Plomb durci. C’est le nom de l’opération armée sur Gaza. Alors ‘Plomb durci’ peut-il adoucir la haine et construire la paix ? Peut-il faire avancer les choses ? Je lisais il y a quelques jours un édito du grand journal israélien Haaretz. Tom Segev, dans cet édito, en doute. « Encore une guerre pour rien » dit-il. Quel gâchis !

Eh bien nous continuerons la marche en avant, solidaires de toutes les forces de paix. Et dans la nuit et le silence, à cours de mots mais pas de pensée, nous ouvrirons une voie, comme on le fait dans les montagnes justement sur les grandes faces Nord. Une voie pour la prière. Une voie [une voix ! ] de prière, appelant de la douceur du ciel sur la terre.