Dans quelques jours, je m’envole pour Israël, préparer, avec le soin qui s’impose, un pèlerinage qui aura lieu en novembre, avec des pèlerins handicapés et en fauteuil roulant. Il s’agit de voir… où on pourra rouler comme il faut, en étant parfaitement pèlerins !
Alors inutile de dire que l’article que Pèlerin – oui, encore – consacre à l’étonnante personnalité de Jacques Attali, m’a passionné. Une leçon de judaïsme très concrète et passionnante en deux pages, signées S. Lieven. Bravo ! On y goûte je crois ce qu’est vraiment le judaïsme, qui pétrit des vies, les rend libres et inventives… si possible pour le bien de tous, même si Dieu est peu mentionné, comme s’il était une sorte d’évidence première, un air que l’on respire. La démonstration en ces deux pages, est parfaite.
Elle ne manque pas non plus de ces détails piquants que l’on retrouve dans les histoires juives. Ainsi dit Attali, ce qui est important c’est la vie, et si on vous donne le choix entre la conversion et la mort, il faut de suite opter pour la conversion, même si l’on devait en revenir ! Et encore, cette réponse faite un jour à Pivot. A la question : « Quand tu arriveras en paradis, que voudrais-tu que Dieu te dise ? » La réponse est simple : « Ne t’inquiète aps, je m’occupe des tiens ! ». « Ce qui compte dans le judaïsme, précise-t-il, ce n’est pas ce que l’au-delà nous réserve, mais le monde que nous laissons derrière nous ». Et enfin, car on ne peut tout reprendre ici, la différence « minuscule » entre juifs et chrétiens : « pour les uns, le Messie doit venir, pour les autres, il doit revenir. »
De l’humour… Et des questions à se sussurer pour être sûr de ce que l’on a compris… et de ce que l’on choisit soi-même : « Le Judaïsme n’apporte pas une réponse à chaque question, mais pose une question derrière chaque réponse ».
A lire, sous le beau titre : « Etre juif, c’est vouloir réparer le monde ». Oui, j’écris ces lignes dans la pensée aujourd’hui d’Ilan Halimi. Il y a tant à réparer.