Le désert où se forge ou s’attendrit le coeur de l’homme

Mardi, novembre 10th, 2009

Le désert où se forge ou s’attendrit le coeur de l’homme, une terre où Dieu parle au coeur. Une terre où erra longuement le peuple que Dieu forgeait selon son coeur et son alliance, terre d’ancien testament, terre de naissance, de renaissance… Une terre pour la Parole ! Et pour [re]naître.

Partance

Samedi, novembre 7th, 2009

L’instant d’avant est toujours important, comme le disait si bien Saint Exupéry dans son Petit Prince. Temps où l’on s’apprête. Le temps des espaces infinis qu’évoque cette photo au couchant, mais aussi cet olivier noueux. Ils me parlent doucement de Tibériade et des oliviers de Samarie et de Judée, à très peu de temps d’y partir moi-même, comme je l’évoquais sur ce blog il y a quelques semaines. Pèlerins… Près de quatre-vingt, dont vingt cinq ou vingt six en fauteuil roulant. Partir – ce lundi – pour le pays de la Bible, pays de paix en gestation si longue, terre d’Evangile… Aridité du désert qui dit tant de l’homme et lui parle au coeur. Verdoyante Galilée où semblent résonner à l’infini les Béatitudes. Bethléem, blottie derrière le Mur… comme au temps du recensement d’Hérode, mais l’histoire ne se reproduit pas, elle est un tissu continu même s’il est parfois déchiré, sur la terre où naquit Jésus, où il ouvrit une fontaine d’espérance. Jérusalem, ville sainte, aux clochers multiples, aux appels infinis aussi, lancés vers le ciel et lancés vers les hommes, qu’un jour resplendisse la paix…

Pèlerins… Et je vous emmène en pensée bien-sûr sur ces chemins infinis et ces routes, enc es paysages que je vous partagerai encore, soucieux comme au mois de Mai ici-même, d’ouvrir les voies d’un pèlerinage virtuel aussi… réel dans les profondeurs du coeur qu’un « vrai » pèlerinage. Mais qu’est-ce qu’un vrai pèlerinage ? Celui où l’on bouge à l’intérieur, et où Dieu parle au plus profond, au plus secret aussi, mystérieusement, pour chaque être.

5

olivier-noueux

Le vol fragile de la colombe de la paix

Mercredi, juin 10th, 2009

Je trouve à l’instant cette dépêche AFP. Elle parle des chemins de paix, auxquels on pense de plus en plus pouvoir croire. Alors j’y fais écho sans tarder : L’émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a réitéré mercredi en Cisjordanie le soutien américain à la création d’un Etat palestinien, affirmant que son pays ne « tournera pas le dos » à la quête palestinienne d’indépendance. « Le président des Etats-Unis et la secrétaire d’Etat ont clairement énoncé notre politique: la seule solution viable à ce conflit passe par la réalisation des aspirations de deux parties dans deux Etats », Israël et la Palestine, a-t-il déclaré à la presse à Ramallah en Cisjordanie.

M. Mitchell s’exprimait après un entretien avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au lendemain de ses entretiens avec les dirigeants israéliens dans le cadre d’une nouvelle tournée régionale. « Israéliens et Palestiniens ont la responsabilité de respecter leurs obligations prévues par la Feuille de route », a-t-il ajouté. On le sait, la Feuille de route, lancée en 2003, est un plan de paix soutenu par la communauté internationale qui prévoit à terme la création d’un Etat palestinien au côté d’Israël. Mais elle est largement restée lettre morte depuis.

La colombe de la paix a du souffle. On entend le frémissement léger de son vol fragile ! Suspendez le souffle, regardez. En gardant au coeur des mots de paix, et le murmure léger d’une prière tenace.

Une rose blanche à Buchenwald et des paroles de paix

Samedi, juin 6th, 2009

 Sentiment qu’il a du charisme Obama. Son prénom évoque la bénédiction, est-ce entièrement un hasard ? Et dans le monde comme il va, c’est du bonheur profond d’entendre des paroles de paix infatigables. Celles du Caire étaient tellement bonnes à entendre, après celles sans nuances de Bush pendant huit ans, qui mêlait Dieu inconsidérement aux choses et à ses choix politiques parfois de peu de vision. Qu’il est bon d’entendre cet homme à la parole et à la présence simples, Obama. On parle d’obamania. Ce n’est pas la meilleure chose qui puisse arriver. Le côté mania est peu porteur et sujet aux vents changeants. Les vents et la mania peuvent changer vite. Les paroles de paix non.

Donc au Caire, Obama, puis sans transition ou à peine, à Dresdes. Déjà tout un symbole. Mais aussi Buchenwald. Là les mots se taisent. Ils n’étaient que quatre ou cinq en ce lieu. Peu de mots, peu de gestes, mais symboliquement forts. Une rose blanche, l’expression d’une émotion totale et des paroles sans faille sur l’horreur. Et Elie Wiesel, nobel de la paix, juif qui a connu ces lieux, et son père aussi qui y mourut. Occasion pour Obama de redire une fidélité sans faille à Israël. Mais le rappel aussi de la justice pour que vienne, sans plus de retard, une paix… juste entre Israël et les palestiniens.

Il y a un mois, Benoit XVI (tiens ! son nom aussi signifie une bénédiction !), dans une parole semblable. Aujourd’hui Obama. Et il y revient, signe qu’il ne lâchera pas ce dossier. Tant de choses autour de la paix s’attachent à cette terre, que personnellement j’aime, profondément, mais qui souffre trop.

Puis ce furent  Caen, et Colleville-sur-Mer, et les paroles encore de la mémoire. De l’humanité profonde. Ce soir, le couple Obama est à Notre-Dame avant une soirée parisienne, en famille.

D-day, Jour-J… Il est des jours où on a le sentiment de grandir en humanité. C’est aujourd’hui. Respiration profonde. Un ange [de la paix !] passe. Bon dimanche !

 

 

Rencontre avec la terre

Dimanche, mai 3rd, 2009

La première étape du pèlerinage vers Jérusalem et la Terre sainte, c’est la rencontre avec la terre d’Israël. C’est cette vue sur Tel-Aviv, que l’on découvre quand on arrive… Puis le contact de l’avion au sol, légère secousse avant le freinage, accompagnée dans certains cas d’applaudissements, joie et reconnaissance que le voyage parvienne bien, et expression spontanée de bonheur et aussi de reconnaissance de ceux pour qui cette rencontre est une renontre mystique.

Je vous offre ces premières images… Entrée en pèlerinage intérieur.

Le judaïsme pose une question derrière chaque réponse

Vendredi, mai 1st, 2009

Dans quelques jours, je m’envole pour Israël, préparer, avec le soin qui s’impose, un pèlerinage qui aura lieu en novembre, avec des pèlerins handicapés et en fauteuil roulant. Il s’agit de voir… où on pourra rouler comme il faut, en étant parfaitement pèlerins !

Alors inutile de dire que l’article que Pèlerin – oui, encore – consacre à l’étonnante personnalité de Jacques Attali, m’a passionné. Une leçon de judaïsme très concrète et passionnante en deux pages, signées S. Lieven. Bravo ! On y goûte je crois ce qu’est vraiment le judaïsme, qui pétrit des vies, les rend libres et inventives… si possible pour le bien de tous, même si Dieu est peu mentionné, comme s’il était une sorte d’évidence première, un air que l’on respire. La démonstration en ces deux pages, est parfaite.

Elle ne manque pas non plus de ces détails piquants que l’on retrouve dans les histoires juives. Ainsi dit Attali, ce qui est important c’est la vie, et si on vous donne le choix entre la conversion et la mort, il faut de suite opter pour la conversion, même si l’on devait en revenir ! Et encore, cette réponse faite un jour à Pivot. A la question : « Quand tu arriveras en paradis, que voudrais-tu que Dieu te dise ? » La réponse est simple : « Ne t’inquiète aps, je m’occupe des tiens ! ». « Ce qui  compte dans le judaïsme, précise-t-il,  ce n’est pas ce que l’au-delà nous réserve, mais le monde que nous laissons derrière nous ». Et enfin, car on ne peut tout reprendre ici, la différence « minuscule » entre juifs et chrétiens : « pour les uns, le Messie doit venir, pour les autres, il doit revenir. »

De l’humour… Et des questions à se sussurer pour être sûr de ce que l’on a compris… et de ce que l’on choisit soi-même : « Le Judaïsme n’apporte pas une réponse à chaque question, mais pose une question derrière chaque réponse ».

A lire, sous le beau titre : « Etre juif, c’est vouloir réparer le monde ». Oui, j’écris ces lignes dans la pensée aujourd’hui d’Ilan Halimi. Il y a tant à réparer.

Arcboutés sur la prière et sur le ciel

Mardi, février 10th, 2009

Ce soir je suis à Lourdes. La pluie est froide, mais le coeur des milliers de pèlerins présents est chaud. Et dans la nuit et la douce lumière que portent les pèlerins, le chant monte, comme une seule voix qui semble tutoyer le ciel, lui parlant ou lui chantant selon les moments, le cri de la terre et du monde, de ses espoirs, de ses attentes, de ses inquiétudes, de sa passion de vivre et d’aimer. En Israël, ils votent ou viennent de voter tout au long de la journée, et je ne peux l’oublier. Au moment où j’écris cette note, je ne connais pas les résultats de cette élection. Juste un sondage sortie des urnes donnant Kadima en légère avance sur le parti de Benyamin Nétanyahou, contrairement aux estimations et prévisions récentes. Mais les indications de ce sondage sont encore minces. Les choses, nous le savons bien, sont dans la réalité beaucoup plus complexes.

Dans la nuit, dans le chant, dans le souffle froid alternant avec la pluie, face à une lune pâle qui laisse apparaître successivement et lentement quelques nuages, éclairés doucement quand ils passent dans son rayon de lumière, je pense, intensément, à la paix. Je prie, intensément, pour la paix, pour ces élections, pour tous. Pour les familles – j’en connais tant – pour les gens seuls, ceux qui tracent leur chemin avec le sentiment de guère plus de lumière que cette lune pâle, mais pourtant réelle et belle dans la nuit.

Lourdes a le coeur qui bat toujours au rythme du monde et à celui du ciel, en même temps. La vie est faite souvent de ce double mouvement se rejoignant ou tentant de le faire, même si c’est parfois en léger décalage, en légère arythmie, en secrète tension. Comme va aussi, souvent, le pas du pèlerin.

Israël retient son souffle

Lundi, février 9th, 2009

Oui, Israël vote ce mardi. Un vote attendu. Les événements de Gaza n’étaient probablement pas étrangers à cette effervescence montante. On dit les candidats au coude à coude, et les plus radicaux arbitreront. Le pèlerin de Terre sainte ne se sent pas étranger à toute cette effervescence et aux décisions qui vont se prendre et marquer une nouvelle étape de l’histoire. Il prie le ciel d’être aussi étoilé que celui que contempla Abraham tandis que Dieu lui faisait une promesse de bonheur « pour tous les peuple de la terre » (il faut relire le magnifique chapitre 12 de la Genèse, qui n’en finit pas de résonner encore dans tous les chapitres qui suivent).

Le pèlerin prie pour la paix dans cette terre d’incarnation. Il sait qu’il ne peut rêver, mais seulement prier, de tout son être, arcbouté sur la prière et sur le ciel comme le fut Moïse un jour où Israël affrontait un défi majeur pour sa survie. Moïse alors monta avec quelques uns au sommet de la colline dominant le champ de l’affrontement contre les Amalécites (et on peut aussi relire le livre de l’Exode au chapitre 17). Le récit est assez imagé pour poursuivre ainsi : « [...] Mais les mains de Moïse s’alourdissaient. On prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil… » Quand Moïse de fatigue laissait retomber les bras, c’était la déroute d’Israël, qui l’emportait chaque fois que Moïse tenait dans cette rude mission, assis finalement sur une pierre et les bras levés.

Oui, il est des jours où il faut se soutenir ferme dans cette tâche de parler au ciel tandis que la terre cherche son chemin. Manifestement une tâche rude, mais merveilleuse, et à poursuivre sans trêve. Pour cette partie du monde et pour les autres aussi.