Marcher dans la nuit froide

Samedi, janvier 22nd, 2011

Lourdes, au coeur de l’hiver, par un froid vif mais une luminosité étonnante. Et marcher dans la nuit, dans ce froid, jusqu’à la Grotte. Y demeurer pourtant, et y porter le monde. Y prononcer cette litanie des prénoms qui habite le coeur et se transforme en ce lieu en prière en laquelle il n’est plus de frontière. Sentiment encore, dans la solitude mais la clarté de ce lieu, que le ciel et la terre se rencontrent. Présence discrète mais douce et immense de la clarté de Dieu.

Ainsi la prière monte dans la nuit, à plein coeur, petite foule seule et porteuse de l’immensité. Bonheur.

Des crèches humaines où se pose le ciel

Mardi, décembre 21st, 2010

 Au creux du rocher de Massabielle, à Lourdes, cette crèche, en attente de naissance. Une crèche imagine toujours. Lorsque François d’Assise l’imagina il y a longtemps, il voulait de vrais animaux, de la vraie paille… qui rapidement n’était plus dorée du tout, de la paille d’étable. Pour que l’on imagine jusqu’où prenait l’Incarnation en terres arides, en terres de labour, en terre humaine, jusqu’où Dieu allait quand il entrait en humanité. Les chemins des hommes alors devenaient chemins de Dieu. Ceux de Dieu avaient croisé et adopté ceux des hommes !

Ainsi les crèches imaginent, toujours ! Elles imaginent les lieux, les reliefs, les visages. Pour les lieux, on a abandonné les papiers rocher d’antan, en les regrettant peut-être secrètement. Ici ou là, on imagine les murs d’une ville, ou ceux de Bethléem, ou des tentes d’Irak et d’ailleurs, celles des terrains vagues de l’espérance en attente rugueuse, où la vie est à conquérir chaque jour, et l’espérance… aussi. Quand les crèches portent ces couleurs là, elles pressentent ce que signifie aujourd’hui même l’incarnation de Dieu en humanité.

Mais les visages !… Tous mériteraient de figurer ici : visages rugueux, dévastés parfois par la vie, visages d’attente, visages de toutes couleurs, de toutes rides, visages portant sur eux la strie des larmes, celles de l’usure, de la tristesse. Visages aussi, bien-sûr, du bonheur simple. La vie est multiple, et elle est profonde, comme une terre de labour quand le soc la retourne en attente du printemps et du fruit.

Les visages de cette crèche blottie depuis quelques semaines dans le rocher de Lourdes donne à Joseph et Marie les traits de la confiance et ceux de la dignité, comme si le ciel les avait déjà traversés. Comme si sa lumière les avait doucement touchés.

Peut-être est-ce le cas de notre propre visage. De tout visage. Car c’est aussi cela Noël. Déjà joyeux Noël !

 

 

Sous la neige et sans neige… (et galerie complète des photos)

Samedi, décembre 11th, 2010

8 décembre 2010. Soleil sur Lourdes pour fêter l’Immaculée, tandis qu’une neige très vite lourde et grise bloquait la moitié Nord de la France, qu’on l’ait vue ou non… Je pense à de curieux débats sur la météo ! Et envers et contre tout, poursuivre le chemin de l’Avent, d’une venue de Dieu qui surprend plus encore. Bonne route !

Et la galerie complète des photos. Oui, il a bien neigé ce jour là !

La croix et la source

Vendredi, août 27th, 2010

Pas évident durant le pèlerinage à Lourdes de poster des notes. C’était si bon, si fort…  Je vous y invitais : allez voir en images sur le site qui a suivi et accompagné ces journées ! Et comme en écho, je reprends ici ces photos d’une autre montagne, entre la croix et la source… une vraie parabole de ce que des milliers ont vécu dans la ville mariale, sur le chemin pèlerin.

Anomalie ? Deux photos aussi du renard… rusé, qui file, rencontré un jour au détour du chemin dans ces montagnes. Et s’il n’était pas si rusé que cela, juste passant… A voir.

Le chemin repasse à Lourdes

Mercredi, août 25th, 2010

Oui, le chemin de ce blog repasse à Lourdes ou revient vers Lourdes, où les 5  jours du Pèlerinage National furent d’une grande densité. Redécouverte du signe de la croix qui signe la vie du chrétien et la marque de la présence du Christ. Les mots peinent à dire une exépérience quand elle est trop vive. Invitation à revenir en image sur ces jours. Allez voir le site qui présente ces images sous la rubrique reportage. Ils sont multiples, diversifiés… et placent en direction de l’événement vécu, quand le ciel et la terre se touchent, se rencontrent.

Le train pèlerin

Jeudi, août 19th, 2010

Depuis longtemps, les trains de pèlerinage  traversent la France, et même l’Europe, menant inlassablement les pèlerins vers la ville mariale. Quand le train arrive en gare de Lourdes pour la première fois, en 1866, les locomotives, qui crachent le feu et les escarbilles sur leur passage, sont encore assimilées au diable pour les bonnes âmes qui s’émeuvent plus qu’elles ne se réjouissent. Les dessins et caricatures d’époque le montrent à l’envie. Or les trains convergeront dès cette date vers Lourdes, y menant les pèlerins par centaines et par miliers. Le voyageur d’aujourd’hui regarde avec étonnement les photos des premiers trains et trouve bien rudimentaires les wagons et installations, qui permettent aussi aux pèlerins malades de voyager.

La famille de l’Assomption, qui fonda le Pèlerinage National en 1873, saisit très vite que s’il faut parler des monstres du rail comme du diable, celui-ci peut être sans peine apprivoisé. 2010 marque le bicentenaire de la naissance d’Emmanuel d’Alzon, fondateur des Assomptionnistes, qui ont rassemblé ces étonnants témoignages d’époque en une exposition en gare de Lourdes. Près de 10 000 pèlerins se sont ainsi rendus à Lourdes une fois encore en ce mois d’août, pour une expérience forte et vive. Oui, le pèlerin va bon train.

Là où ciel et terre se recontrent

Lundi, août 9th, 2010

Oui, marcher encore du moins en pensée, à l’approche de Lourdes, et contempler le lys martagon, roi en ces espaces où pourtant tout fourmille de vie, de couleurs, de fleurs et d’espace… Pour ce que la marche éveille en l’homme d’autres espaces infinis encore. A quelques jours du Pèlerinage en terre de Lourdes, laisser l’espace intérieur se faire, pour accueillir le temps de la grâce, de la rencontre, d’une reconfiguration, comme on en trouve toujours en terre de Lourdes, parce que le ciel et la terre s’y sont rencontrés… Et la terre ne s’en remet pas. Comme le pèlerin !…

Fraicheur en chemin

Dimanche, août 8th, 2010

Dans quelques jours désormais, dans quelques heures, Lourdes. Et ces autres montagnes m’y conduisent en pensée : de montagne à montagne, de sources en Source, de croix de sommets à celles qui guident le chemin des pèlerins à Lourdes, et à ce signe justement de la croix, que fit un jour de façon unique Bernadette, et que réapprend le pèlerin. On dit de Bernadette qu’elle s’enveloppait dans le signe de la croix comme dans un vêtement. Comment mieux dire une entrée en prière : non pas isolement, jamais, mais espace intérieur où le monde peut entrer, et où Dieu peut parler.

Dans le souffle du Frat encore…

Mercredi, mai 5th, 2010

Oui, c’est tout ça le Frat… Un souffle puissant et fort, immensément bon. Et que je vous partage avec joie.

Reprendre un vent de fraîcheur sur les chemins de Lourdes

Lundi, mai 3rd, 2010

Oui, comme promis, retour sur le Frat à Lourdes, ces 5 jours de bonheur simple au pied de la Grotte en cette fin d’avril 2010. Des moments de prière simple, où s’entrecroisent sans s’entrechoquer, le rire, le chant, la liesse, la prière, le silence, le recueillement… le tracé du chemin de la foi dans des coeurs jeunes, où la vie coule à flot, comme l’eau très vive dans le Gave voisin, joyeux et quelque peu impétueux. La foi se conjugue. Elle se conjugue dans le temps, comme la grammaire de nos enfances, qui structure encore notre langage chaque jour. Elle se conjugue aux âges de la vie, aux événements. Elle se conjugue avec la joie, parfois la peine, l’inquiétude (n’y a-t-il pas aussi cette inquiétude quand on est jeune ?), elle se conjugue avec les couleurs : celles des nuages, celles du temps, celle de la peau, celles du coeur…

Frat, c’est une signature fraternelle. C’est son nom ! C’est un éveil de la foi : la foi à la fois joyeuse et profonde… Un chemin.