Sur les grands chemins… de Lourdes et d’ailleurs

Mercredi, avril 21st, 2010

Près de 12 000 pèlerins partent ce soir de toute la région parisienne pour rejoindre Lourdes, pour le FRAT… Quatre lettres pour un immense espoir, pour une expérience d’amitié, de dépaysement total, de découverte de Lourdes, et au plus fort, de rencontre de Dieu. Une expérience faite à vingt ans, ou plus tôt encore, au temps du lycée, et qui marque des vies pour longtemps, et même pour toujours : plusieurs le disent, longtemps après, quand les événements de la vie et parfois quelques bourrasques sont passés par là. Le FRAT demeure alors, comme le début ou la réinitialisation de l’alphabet essentiel, comme la trace et l’empreinte de Dieu affleurant avec discrétion sur le sable de la vie, avec la force ou la stabilité du roc. A Lourdes, comme en quelques autres lieux, la rencontre de Dieu marque pour toujours. Et le coeur devenu pèlerin le demeurera aussi pour toujours, car cette expérience faite un jour demeure elle aussi prête à affleurer au… besoin. Et la vie réveille cet appel là, chacun le sait d’expérience.

De quelques heures passées au FRAT, sûrement je vous reparlerai, avec le sentiment d’y être un peu peut-être en votre nom. Y priant pour tous, et pour le monde.

Pèlerins d’hiver

Dimanche, février 14th, 2010

Lourdes, en plein hiver : températures froides et humidité. Et la neige, qui recouvre peu à peu le paysage… mais n’arrête pas le pèlerin. C’est alors Lourdes insolite, pour qui connaît la petite ville des Pyrénées sous ses couleurs de plein été, bordées de verdure généreuse. De la gare de Tarbes aux premeirs abords de la ville, tout respire à un autre rythme : celui que l’hiver inscrit lentement dans le paysage et partout, rendant les gestes plus intimes peut-être, moins visibles, plus discrets. Mais brûle au coeur du pèlerin la même ardeur en même temps que la même soif. 

Surplombant depuis des siècles la ville, le chateau fort semble presque blotti dans ce froid d’hiver, en un décor de solitude. Tout est saupoudré de blanc, comme les Sanctuaires qui plus encore peut-être ainsi, tracent le chemin essentiel, où la croix signe le pèlerin à son entrée. Elle lui fait signe aussi de poursuivre son chemin plus encore vers l’essentiel, le coeur du coeur.

Les coupoles, le carmel, les bâtisses de pierre se sont grisées dans le paysage, comme pour indiquer en ce discret surlignage l’importance qu’ils ont, comme des cairns immenses pour le pèlerin en chemin. Et la grotte, dans le froid, demeure, centre de gravité, encoche dans la montagne et dans le roc. Le pèlerin est marcheur, mais sa démarche imperceptibelement, le fonde sur le roc.

Pèlerins… sans fard

Samedi, février 13th, 2010

Surprise dans la marche sérieuse du pèlerin, que ces visages. Déparent-ils ? Non, pas sûr. Quelle beauté, quand le visage s’habille des couleurs qui traversent les coeurs. Car le clown est-il autre que l’intérieur de chacun ? Il met des mots et… des couleurs sur notre blanc intérieur, sur la tristesse, sur le temps des questions et celui des doutes. Et ici, l’un et l’autre, le recto et le verso, tournés tous les deux dans la même direction, portent le tout de ces blancs, de ces questions et de ces doutes… et du poids des jours, à Massabielle, comme si bien au-delà d’eux-mêmes ils apportaient un peuple. Oui, ils portent un peuple, qui à travers ces couleurs se sait sans fard.

Pèlerins d’hiver et de neige

Vendredi, février 12th, 2010

Le pèlerin est un être en marche, poussé par un mouvement intérieur dans lequel il aspire à l’essentiel et cherche Dieu. Le pèlerin de Lourdes se met en marche par tous les temps, comme en ce coeur de l’hiver où il ne craint pas de braver le froid pour porter, haut dans la nuit, la lumière qui le touche doucement aussi intérieurement… Il marche, avec d’autres : chercheurs, guetteurs d’aurore.

Il marche dans la nuit, comme dans la pleine lumière du jour, vers la grotte de Massabielle, où des milliers comme lui, avant lui et après lui, vont cueillir l’espérance et le ciel. Ils vont sur les pas de Bernadette Soubirous, qui s’y rendit un jour, aux mêmes dates, au même froid, et pressée par le même mouvement intérieur, dans lequel Dieu se donne… Marcheurs de Dieu !

11 février : Lourdes, date fondement

Jeudi, février 11th, 2010

11 février ! Date socle, fondement.

Oui, ils sont plus profonds que les fondations des impressionnantes basiliques, cette date, et l’évènement qui la marqua un jour de 1858, rencontre entre ciel et terre. Et en fait, sans cette date, Lourdes ne serait pas Lourdes. Les cartes inscriraient autrement, sûrement, et en bien plus petit, le nom de cette ville pyrénéenne. 

Dans le froid d’un matin d’hiver… tenez, comme aujourd’hui, exactement, une gosse de pauvres traversait les terrains vagues sous le crachin, en quête de bois sec ou plutôt – car il ne peut être sec dans ce froid humide – de bois mort. Pour vivre : pour réchauffer ou être vendu contre nourriture de pauvre. Bernadette Soubirous, car c’est d’elle qu’il est question, emporte ce jour-là son asthme dans le froid et peine à traverser le canal du Gave, quand devant elle le ciel s’ouvre au fond d’une grotte, qui n’était d’abord qu’un gîte à animaux poisseux, avant qu’une source n’y coule et peu à peu plus ample, assainisse les lieux, et bien avant eux, les coeurs.

L’histoire de Lourdes commence un 11 février 1858, avant que ne viennent par centaines et par milliers pèlerins et touristes. Mais est-on jamais touriste sur les lieux qu’éclaire et rencontre le ciel ?

Ce 11 février, 10 000 pèlerins et nomades bravent encore le froid de l’hiver, pour venir, comme aimantés par ce lieu ou par le ciel qui le traverse, à fleur de coeur et de peau. Il fait un froid à pierre fendre, comme en 1858. Et le chant s’élève à la rencontre du ciel. Et dans ce va et vient entre ciel et terre, naissent et renaissent des gens : hommes, femmes, enfants. Je le sais, j’en suis.

Ainsi, dans la nuit des chants se sont levés… infatigables, éveillant la lumière et soutenus par elle. Et les coeurs venaient y boire un souffle de ciel.

Oui, Lourdes…

Ils ont marché dans la nuit

Lundi, décembre 7th, 2009

Oui, ce soir encore, ils ont marché dans la nuit, par milliers. Pèlerins, sur les chemins de Lourdes. Oh, pas la foule des grands jubilés récents, bien-sûr, mais presque. La foule de ceux qui affrontent l’hiver en traçant sur le soir et sur la nuit la lumière qu’ils ont reçue du ciel et qui entre leurs mains semble dialoguer avec les étoiles et la beauté des cieux. Et tandis que le chant dans la nuit s’élève, ils l’accompagnent du geste à la fois retenu et ample de la main, qui se lève, portant la lumière plus haut encore, comme une houle immense, un océan de ferveur forte, de foi chevillée au cœur, et de prière.

Un peuple d’intercesseurs ce peuple. Dans la nuit, il porte comme en un immense filet de pécheur que l’on relève, les intentions du monde, celles de tous, celles de tous ceux qui aimeraient que là soit déposée leur prière, ou que là elle soit portée, hissée au grand mat de la prière qui tutoie le ciel. Et elle l’est, le sillage de lumière le montre dans la nuit.

8 décembre : fête de l’Immaculée Conception. Et en ces deux mots, le nom que la Vierge révéla à Bernadette le 25 mars 1858 à Massabielle, ou lieu-dit « Vieille roche » aux abords alors déserts de Lourdes. La foule venue en grand nombre priera encore demain, 8 décembre, avec ferveur. Le ciel peut être couvert, il ne peut retenir la louange et la joie discrète et vive qui s’exprime en ce lieu.

Vous y êtes avec moi. Si vous le voulez, du moins… Pèlerins !

Il faut marcher au creux de la lumière

Dimanche, décembre 6th, 2009

Noël approche, et ses lumières, que l’on allume de partout déjà… Mais le pèlerin apprend à marcher en regardant le ciel et ses lumières, plus solides, plus fiables, qui orientent la marche, au sens fort, lui disent son horizon et sa direction. L’Avent est le temps de la venue en l’homme de notre Dieu… Chemin rude et magnifique. Pas si rude peut-être, même, il suffit de marcher, vraiment, chaque jour, en se fiant à la lumière de Celui qui vient.

Je pars à Lourdes, pour LA fête – de l’Immaculée Conception -. S’y éveillent aussi les lumières pour tant de marcheurs, tant de gens… je vous empore en cette marche ! A tout bientôt !

Un regard de soleil… au bord de l’eau

Vendredi, octobre 23rd, 2009

Ce soir, à quai, sur le Je sers, la péniche-chapelle ou église sur la Seine, à Conflans-Sainte-Honorine. Au loin, la magnifique église Saint-Maclou, édifiée à partir du XIe siècle, est éclairée, illuminée. La Seine est large. Deux immenses bateaux, des péniches de gros tonnage, accostent à la fois lourdement et souplement, un autre passe.

Ici, ils sont vingt enfants, de combien de nationalités ? Combien d’histoires derrière ces visages ? de migrations réussies ou trébuchantes, de bonheur, de tristesses, d’angoisses ? Mais le soleil dans les yeux quand ils jouent au loto ou au sudoku de la relation : ils vont, crayon en main, les uns vers les autres, les décibels en plus ! Et la carte de chacun se remplit de détails qui établissent une carte de connaissance, un peu à la façon des impressionnistes.

Ils chantent. On mange. Et puis nous parlons de Lourdes… mais le miracle était déjà. Plus facile d’en parler. On va sur les chemins de la révélation et de Dieu, de la prière, comme en un pays de connaissance. La montagne en plus, pour Lourdes, qui fait rêver les terriens du bord de l’eau.  La Seine poursuit son cours. Les eaux ondulent dans le vent du soir. Pressentent-elles cette vie immense ici, à quai et en plein voyage intérieur ? Sûrement. Moi en tout cas, j’en ai plein les yeux et le coeur ! Ils ont jeté l’ancre en moi…

L’homme en blanc devenu pèlerin

Vendredi, septembre 11th, 2009

Voilà un an, Benoît XVI devenait pèlerin… de Paris, puis de Lourdes. Le pèlerin soulève doucement sous ses pas la poussière du chemin, et laisse une trace, une empreinte sur le sol, qui peut s’estomper, s’effacer. Oui, bien-sûr, une trace…! Mais le pèlerin reçoit aussi lui-même la marque d’une empreinte, intérieure, qui peut être beaucoup plus longue. Et ceux qui ont croisé un moment le pèlerin, peuvent aussi recevoir la marque de cette empreinte. C’est plus encore le cas, sûrement, quand ce pèlerin est l’homme en blanc venu de Rome, dont on guette les pas, les mots, le profil, les gestes… voire les faux-pas. Et on pense spontanément que venu de Rome, il fait un chemin à rebours, puisqu’il vient de la ville éternelle. Mais non, il est devenu pèlerin. Il l’a dit, et bien-sûr chacun a pu le prendre au mot – sinon à quoi bon parler, si c’était pour dire l’inverse de la pensée que l’on porte, ou des mots adossés au vide, une forme d’absence sidérale, une illusion, un mensonge… or on en fait parfois aussi l’expérience dans la vie quotidienne -.

Le journal La Croix fait un bref point d’étape à un an tout juste. Et de fait, chacun se souvient, et l’onde de choc ne s’est pas éteinte, même s’il y a eu depuis des remous dans les eaux profondes de l’Eglise, et leur onde de choc laisse aussi son empreinte à l’intérieur des croyants, comme alentour. Alors, je garderai pour aujourd’hui ces mots d’André Cabes, prêtre du diocèse de Lourdes et théologien, parlant à propos de la visite de Benoît XVI à Lourdes : « Dieu est toujours ainsi : il met le projecteur sur ce que les hommes ne voient pas. » Et il ajoute, clin d’oeil peut-être : « Oui, c’est ce que l’on appelle une apparition : faire apparaître ce qui habituellement est caché ». A suivre !

Quand vient le jour J pour le pèlerin

Mardi, août 11th, 2009

Voilà ! Trains et cars sont arrivés, en une grande noria… La fourmilière pèlerine s’anime. Demain ce sera l’ouverture solennelle, du mouvement inauguré pour chacun bien en amont, mais demain, ce sera tous ensemble, foule immense, bigarrée.

Les jours qui viennent seront chargés pour moi… Je vous rejoins par la pensée, et vous invite pendant ces quelques jours sur http://pelerinage-national.org/ et sur http://www.croire.com/