Bracelet vert

Jeudi, juin 18th, 2009

Juste un bracelet vert au poignet. Rien, ou si peu ! Mais ce bracelet dit tout, au poignet des footballers iraniens, qui osent ainsi publiquement dire leur dissidence, leur désapprobation au régime qui broie. Et les foules demeurent tenaces dans les rues chaque jour, aujourd’hui en vert et noir. Ils portent le deuil : le silence et le deuil. C’est leur parole de refus total, et de paix. Ils marchent, et cette marche devient, après les violences initiales, une marche de paix. Si elle prenait !…

Obama : la marche tenace

Vendredi, juin 5th, 2009

Je ne suis pas politologue, même si je pense quelque chose de notre pays et de la vie du monde. Et il me semble même que l’on ne peut s’empêcher de penser quelque chose, sur la vie de tous et le rythme du monde, sur les questions liées à la justice, à la répartition des biens, à la façon d’organiser la société, la santé, l’éducation… Penser aussi quelque chose de l’Europe, même si tout n’est pas toujours simple en la matière ! Et dimanche, de ce côté là il faut aussi passer à l’acte [de vote].

Penser et agir. Marcher aussi. Je suis impressionné actuellement par la grande marche d’Obama : Egypte, parole au monde musulman, Allemagne, plages du débarquement… Parler de l’homme et de ce qu’il devient. Une question urgente, partout.

Pour moi cette marche est une marche pèlerine… aussi. Le pèlerin est au plus profond chercheur de paix.

Pour rêver, suivez Pèlerin en baskets !

Mercredi, avril 29th, 2009

Efforcez-vous de rêver, ou bien ouvrez le Pèlerin  de cette semaine (n° 6596, du jeudi 30 avril). Feuilletez et dites-vous que dans un long week-end de 1er mai, vous reviendrez sans problème sur toutes les rubriques que vous apercevez seulement dans ce premier regard.

Pausologie : feuilleter seulement d’abord, et s’attarder à la p. 31. Si vous lisez bien, en haut de la page : Pèlerin donne des ailes à des jeunes, vous êtes sur la bonne page. Vous pouvez aussi la trouver sans les chiffres ni les lettres : si vous aimez la couleur terre rouge et que votre regard soit attiré tout à coup en feuilletant le journal par cette couleur chaude, vous êtes aussi à la bonne page. Alors laissez tomber les mains, juste pour voir, goulument, à satiété. Après le rouge terre, laissez vous aspirer par le blanc. Celui des baskets prêtes au voyage.

Différence de pausologie : vous êtes jeunes, vous avez entre 18 et 25 ans, vous suivez le pointillé et répondez au message de bas de page. Vous avez au-delà [ou en-deça] de 18 ans, vous pouvez faire le voyage par un simple regard prolongé sur cette photo, que je trouve personnellement magnifique [ce qui est parfaitement subjectif], et qui invite au voyage, à la marche, à l’évasion.

Justificatif [de cette attitude] : après tout, en Mai, fais ce qu’il te plaît. Et face à plusieurs week-ends longs [en espérant délibérément que le projet de loi sur le travail le dimanche, puis peut-être les jours fériés et les week-ends prolongés du mois de mai, ne va quand même pas aboutir], faites des projets : de marche, de ressourcement, d’évasion.

Et plus si affinité : oui, j’ai dit « marche, ressourcement, évasion », mais je crois que durant ces week-ends que le mois de Mai déploie devant nous, on peut aussi avancer paisiblement sur les chemins de silence et d’intériorité, les chemins de spiritualité.

Si ce traitement vous convient, renouvelez à la demande et sans restriction.

Précision : Merci Pèlerin ! Et je vous invite à lire bien-sûr tranquillement l’ensemble du numéro. Le week-end sera long…

La traversée du Mont, pieds nus…

Samedi, avril 25th, 2009

Pieds nus dans une eau plutôt fraîche, ne serait-ce qu’en raison de la saison, près de deux cents prêtres et évêques de Normandie ont fait la traversée du Mont. Brouillard matinal voilant doucement le Mont qui apparaissait peu à peu au fil de la marche… Une vision inhabituelle de l’Eglise, pleinement dans son identité : pieds-nus et pèlerine.

De quoi rêver soi-même à de nouvelles marches. Comment garder le coeur pèlerin au fil des jours, sans en rabattre sur le poids de la vie quotidienne, mais en choisissant, le temps d’une grande marche, de tout voir autrement. Quand on est marcheur ou pèlerin, le point de vue change, le regard, le contact au sol, un certain sentiment de solidarité autre…

Pour en savoir plus – ne manquez pas, en plus de l’article, l’album photos !.

Lourdes, Hanovre : vu du train, les signes du printemps tardent

Vendredi, avril 24th, 2009

Au moment où je mettais en ligne la note d’hier et revoyais les photos que je mets en ligne ce matin, un autre train arrivait à quai plus au nord, à Hanovre. Un millier de salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) avait passé la nuit dans le train qui les menait dans cette grande ville industrielle d’Allemagne. Pour manifester pendant l’assemblée générale du groupe, qui devait statuer – entre autres et sans grand espoir – sur le sort de leur usine.

Quand les choses ne marchent pas, on marche, écrivais-je sur ce blog à plusieurs reprises fin janvier. Ainsi les trains ne se ressemblent pas. Ils vont, parfois très vite, parfois lentement. Les uns sont des trains ordinaires, qui simplement mènent les gens d’une ville à l’autre, d’un point à un autre : pour leurs affaires, leur famille, leur dépaysement, leurs vacances, leurs pèlerinages. Celui de Hanovre – ce sont des choses que l’on ressent de façon plus aiguë dans la période que l’on traverse, là comme ailleurs -, est tout entier un train de l’espérance, ou peut-être du désespoir. De la reconnaissance aussi - de 20, 30 années de maison… qui sentent le poids du point final à l’horizon, plus noir qu’un ciel d’orage -. Ils est des marches ou des trains qui se refusent au train d’enfer, mais optent seulement pour la dignité.

Avec ces photos, une touche de couleur dans les ciels de grisaille, pour hâter le printemps.

Voyage vers le Caucase, et plus si exil

Vendredi, mars 27th, 2009

Je reviens ce matin sur le voyage dans le Caucase entrepris hier, dans la présentation que je faisais du magnifique livre d’Anne-Laure Bondoux : Le temps des miracles. J’ai lu ce livre sur la suggestion de quelqu’un qui me l’a mis dans les mains, et ce livre m’a touché. Aussi je suis à la fois étonné et heureux qu’il soit édité aussi en format adulte, car je pense qu’il fait faire à quiconque le lit, un voyage dont on ne se remet pas vraiment… et tant mieux ! On souhaiterait qu’il en soit ainsi en tant d’autres moments dans la vie, pour les choses essentielles.

A l’occasion de cette nouvelle édition du livre, l’auteur revient sur ce qu’il représente pour elle. Elle le fait en des mots simples, évoquant la part dans ce roman, de questions et de préoccupations personnelles en même temps que de réminiscences diverses. Ainsi, dit-elle,  « vous trouverez dans ce livre un immeuble communautaire, un verger merveilleux, un atlas, des routes partant vers l’horizon, beaucoup d’espoir, des mensonges, et… la pure vérité« . Et c’est bien ce mélange qui probablement nous touche, au plus profond, sur le lieu de « la pure vérité ». On se prend alors à regarder le monde autrement, et aussi la vie. On réentend aussi comme en échos illimités, ces mots trouvés un moment dans le livre, et qui justifient, sans véritable souci de le faire, le choix du Caucase, magnifique et rude : « notre planète ne manque pas d’endroits dangereux pour les enfants… ».

Et c’est aussi cette simple mais rude vérité qui bouleverse, tout au long du livre, comme probablement dans la vie quotidienne. Aussi cette note ne me distrait pas vraiment de la vie quotidienne. Bonne lecture, et dans quelques heures, bon week-end !

Compostelle : l’appel du chemin, par les pieds ou par le rêve !

Mardi, mars 17th, 2009

Avec le retour des beaux-jours, ils sont nombreux ceux qui vérifient leur équipement et graissent les chaussures comme on disait il y a peu encore, quand le cuir avait besoin d’être nourri et plus souple, ce que bien-sûr le gore-tex est spontanément, mais le cuir… ! Et il n’est qu’à prendre date avec quelques personnes, pour une réunion de travail ou de pure amitié, pour que se laissent doucement débusquer les marcheurs. Les plages de temps sont soigneusement protégées et les prévisions très avancées, pour se mettre ou se remettre en chemin, sur el Camino, la route de Compostelle !

Alors pour préparer l’itinéraire ou l’accompagner, ou pour le faire en pensée, ne pas manquer, chez les marchands de journaux, dans les librairies religieuses ou par VPC, le nouveau-né magnifique des Hors-série Pèlerin qui m’a donné le titre de cette note. Oui,  Compostelle, l’appel du chemin. Pour accompagner la marche ou le temps de rêver ! N’est-ce pas aussi une façon de faire la route ?

couv-compostelle

Les images portent et emportent, mais les chiffres parlent aussi : il y a vingt ans, l’archevêché de Santiago remettait la Compostela, ce certificat attestant la qualité de pèlerin, à moins de trois mille personnes par an. Aujourd’hui, venant de France et de tous les continents, par des voies désormais classées au Patrimoine mondial de l’Unesco et inscrites comme itinéraires culturels, ils sont aujourd’hui près de 120 000 à recevoir le précieux document !

Au menu de ce Hors-série que je vous recommande chaleureusement, histoires et légendes, itinéraires, conseils pratiques. Une mine d’infos utiles sur le chemin et sur les étapes [en France, en Espagne et en Europe], et des récits impressionnants de Patrick Poivre d’Arvor, Laurence Lacour ou Bernard Ollivier, journalistes et écrivains marcheurs. Et aussi un glossaire des mots-clés, de « coquille » à « équipement », de « sécurité » à « liberté »…

L’occasion aussi de découvrir ce  blog à la fois voisin et ami : le blog des marcheurs, pour savoir où, quand et avec qui marcher, échanger des conseils, des bons plans et des coups de cœur. Gilles Donada, qui l’anime, est journaliste à Pèlerin et aussi marcheur, et son blog propose une veille d’informations sur les nouveautés en matière de trek, de randonnée et de pèlerinage à pied (itinéraires, guides, matériels) et de multiples liens sur Internet, avec associations, blogs… tous marcheurs.

Alors, marcher par les yeux et par le coeur, marcher en rêve… et se réveiller en marchant ! En route !

L’arpenteur de désert

Vendredi, février 27th, 2009

Désert nomade, carême nomade, foi nomade… Me reviennent ces mots de Théodore Monod, l’infatigable arpenteur de désert[s]. A mettre dans la musette pour la marche d’aujourd’hui : « Je ne peux m’empêcher de penser que la foi est une recherche et qu’elle doit nous mettre en partance, faire de nous des marcheurs. [...] Dieu ne se laisse pas toucher facilement. Il faut avoir une âme de nomade pour le trouver… »(Théodore Monod)
Nous suivrons le vieil arpenteur solitaire pour aujourd’hui, laissant vibrer aussi ces mots que l’on entend dans les déserts d’Afrique : « Tu ne perds jamais ton temps à marcher à côté d’un autre homme ». Et encore :  « le désert, c’est Dieu, le silence c’est sa parole ».

Bonne journée !

Arcboutés sur la prière et sur le ciel

Mardi, février 10th, 2009

Ce soir je suis à Lourdes. La pluie est froide, mais le coeur des milliers de pèlerins présents est chaud. Et dans la nuit et la douce lumière que portent les pèlerins, le chant monte, comme une seule voix qui semble tutoyer le ciel, lui parlant ou lui chantant selon les moments, le cri de la terre et du monde, de ses espoirs, de ses attentes, de ses inquiétudes, de sa passion de vivre et d’aimer. En Israël, ils votent ou viennent de voter tout au long de la journée, et je ne peux l’oublier. Au moment où j’écris cette note, je ne connais pas les résultats de cette élection. Juste un sondage sortie des urnes donnant Kadima en légère avance sur le parti de Benyamin Nétanyahou, contrairement aux estimations et prévisions récentes. Mais les indications de ce sondage sont encore minces. Les choses, nous le savons bien, sont dans la réalité beaucoup plus complexes.

Dans la nuit, dans le chant, dans le souffle froid alternant avec la pluie, face à une lune pâle qui laisse apparaître successivement et lentement quelques nuages, éclairés doucement quand ils passent dans son rayon de lumière, je pense, intensément, à la paix. Je prie, intensément, pour la paix, pour ces élections, pour tous. Pour les familles – j’en connais tant – pour les gens seuls, ceux qui tracent leur chemin avec le sentiment de guère plus de lumière que cette lune pâle, mais pourtant réelle et belle dans la nuit.

Lourdes a le coeur qui bat toujours au rythme du monde et à celui du ciel, en même temps. La vie est faite souvent de ce double mouvement se rejoignant ou tentant de le faire, même si c’est parfois en léger décalage, en légère arythmie, en secrète tension. Comme va aussi, souvent, le pas du pèlerin.

Le pèlerin vêtu de blanc

Jeudi, février 5th, 2009

Le regard porte, inlassablement, sur la marche, toujours infinie, des pèlerins et des marcheurs. Nous en croisons tant, et faisons partie du nombre. Car si l’on est acteur de la marche, elle nous le rend largement. Au fil de la marche, celle-ci remodèle ou reconfigure le marcheur, faisant se rencontrer étonnamment l’extérieur et l’intérieur.

Il y a quelques jours, je disais les couleurs des marches, comme celle des arc-en-ciel, ou comme on dit aussi les couleurs du temps… et les couleurs intérieures ! Il me semble que si l’on enlevait la couleur, partout, rien ne pourrait plus véritablement atteindre l’intérieur.

Et surprise, ce matin, de croiser à la fraîche le pèlerin vêtu de blanc. Numéro original de la revue du même nom, qui me fait imaginer aussitôt le pèlerin sur ses chemins, et un peu nous-mêmes. Un numéro tout en blanc ! C’est le titre. On regarde étonné la couverture, écrite presque ton sur ton (si l’on peut dire !), puis ce sont à l’infini des fondus enchaînés blanc et couleurs, devenues tendres de cotoyer de si près et si durablement le blanc. Et c’est, par les temps qui courent, Benoît XVI, l’homme en blanc, sur fond blanc, et quelques autres personnalités, tout décor emporté autour d’eux par cette clarté ambiante. Sûr que le rouge ou l’orange, ou encore le bleu, ressortent comme ont les voit rarement, sur ce fond de décor, avant que l’on ne nous parle de « soif de pureté »… Sûr aussi que de lire « Job et le visage de Dieu » sur fond blanc, est une sorte de parabole immédiate, à la fois de la force et de l’humilité infinie du langage quand on parvient à parler de lui.

Et peut-être serait-ce là que mène le chemin du pèlerin… vêtu de blanc. A mieux apercevoir les contours de ce visage (de Dieu) qui se laisse au fil des jours apercevoir, ton sur ton, sur des visages, un fond de silence, des événements, qui ont cette discrétion. Je vous souhaite pour aujourd’hui de ces chemins, à la fois blancs et divins !

Et à vous retrouver, sur une nouvelle page blanche… que je tenterai à nouveau d’écrire s’il est possible ton sur ton !