Visages de chercheurs et de nomades

Samedi, décembre 19th, 2009

 Il est tant de lieux intérieurs, qui trouvent réplique dans des espaces et des lieux de plein soleil… ou de froid. On aimerait par exemple qu’il n’y ait pas un coup de gel sur le rechauffement climatique à Copenhague, et sur les recherches de voies et de solutions pour un accroissement d’humanité. On aimerait rester toujours nomades et pèlerins, de ceux qui connaissent la valeur de la terre, dans tous les sens du mot, et dans le sens aussi de l’argile dont nous sommes tirés, insufflée du souffle de Dieu.

Le nomade… est chercheur d’humanité. Il trace et ouvre aussi des voies, sur la face Nord de l’humanité et ses aridités. Heureux ceux qui marchent, même éventuellement en ne le paraissant pas ! Car sont aussi nomades ceux qui par le coeur voyagent, lisent les visages, les « envisagent », selon le mot magnifique du philosophe E. Lévinas. Bons chemins nomades ! C’est peut-être l’une des meilleures choses que l’on puisse se souhaiter, en cette saison où les voeux les meilleurs sont probablement les moins convenus. Ceux du coeur !

Qu’elle veille sur nous

Mardi, septembre 29th, 2009

Magnifique vierge polychrome. Elle veille sur les pèlerins de passage en vallée de Chevreuse. Qu’elle veille aussi sur tant d’autres, moins pèlerins, aux pays des tsunami, aux pays des marcheurs soumis au feu des polices aux pays de soleil, des habitants migrant sans fin dans les jungles qui peut-être ne sont plus… L’actualité en marche charrie sont lot de merveilles, mais aussi tant de rocailles qui assèchent et durcissent les pays des hommes. Bonheur aux artisans de paix.

Vierge ancienne

Ouverts sur les grands horizons

Samedi, juin 27th, 2009

la-traversee-de-la-baie

Le temps de respirer plus large, de devenir nomade intérieur, pèlerin… des bouts du monde ou de tout soi-même. Ici au mont Saint Michel, où avec vous je reviendrai marcher. Chevaux et marcheurs se rejoignent ou se croisent. Ainsi va le chemin du nomade et du pèlerin, entendant des échos infinis.

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de bonheur !

Vendredi, janvier 30th, 2009

Les raisons seraient multiples de parler de choses graves, de celles qui vous tiennent solidement au corps ou au coeur. Celles qui demeurent en tête et semblent ne pas vouloir en bouger, qu’on se lève ou qu’on dorme, que l’on travaille ou que l’on aille simplement son rythme : société, remous de l’économie, interrogations sur des affirmations d’hommes d’Eglise qui blessent en profondeur. Et je feuillette Pèlerin, en ayant vu le titre de cette semaine, mais le mettant momentanément en suspens : « Être heureux c’est possible » (entretien avec Boris Cyrulnik), comme pour attendre d’abord des signes de confirmation.

Je feuillette, et je laisse images et titres, rythme du journal, me porter, plus doucement encore que les navigateurs solitaires du Vendée Globe, qui à l’heure qu’il est, affrontent la vague plus peut-être qu’elle ne les porte. Et je vois des couleurs tendres malgré elles, qui montrent la dévastation des forêts landaises. Peut-être les couleurs tendres sont-elles celles de la nature, qui résiste malgré tout. Peut-être sont-elles dûes au photographe – oui, aussi ! – mais aussi à ces hommes en bleu et en jaune, qui marchent au sol ou en hauteur pour rétablir le contact et la vie.

Je retiens mon souffle ensuite, comme chacun, face aux photos certes lumineuses, qui évoquent le schisme intégriste. Comme chacun, cette question et tout ce qu’elle entraîne, me blesse. Mais vient une page sur les chrétiens de Gaza, et des amis m’ont transmis il y a peu une lettre poignante du curé de Gaza durant les événements. Autre visage de l’Eglise, aux prises avec le monde, et qui forge envers et contre tout de l’espérance. Puis solidarité dans le Nord-Pas de Calais, mon pays. Ils marchent, ils ont du peps ! Puis St Paul Hors-les-Murs, lutte contre le cancer, et le visage très humain de la justice des mineurs, encore dans le Nord (oui, Bienvenue dans ce pays !), où s’est rendu avec passion Benoît Fidelin. Puis Simone Weil, « une âme éprise d’absolu »…

Alors oui, Boris Cyrulnik, OK pour l’option de bonheur annoncée. « Etre heureux, c’est possible », dites-vous ? Au bénéfice du doute, j’accepte d’aller y voir. Et merci aux marcheurs innombrables de ce numéro de Pèlerin ! Ils ont du souffle, et tout en couleurs, m’en donnent.

Ouverture

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Ouverture de l’année nouvelle ! La ronde animée des rues commerçantes a marqué la trêve. Le mouvement a été vif, rapide, le temps de tout boucler avant la – ou les - fête. Un autre mouvement a pris celui-là en relais, celui des va et vient multiples dans lesquels familles et amis aiment se retrouver pour le temps particulier de la fin d’année et des passages… Le passage de l’ange dans la nuit – toujours étoilée ! - de Noël, le passage un peu plus mystérieux peut-être, paradoxalement, de la nuit du Nouvel an, passage d’une année à l’autre ! 

C’est pour cela disent les sociologues et anthropologues, que depuis toujours en cette nuit là on fait du bruit et les rites sont multiples dans les populations, selon les régions et pays, pour tenter de frayer au bonheur le début d’un chemin, pour qu’il s’y attache et s’y fixe le reste du temps. Oui, de multiples rites, que nous connaissons bien, dans lesquels on ouvre le sillon le mieux possible, pour que l’année entière s’y inscrive. On a alors l’impression de partir au large ou encore d’ouvrir une page toute neuve, non salie, non écrite, vierge comme la neige qui tombe ici et là et même sur Paris en ces premières heures de l’année nouvelle.

Ainsi nous passons ou sautons peut-être d’une année dans l’autre, comme d’un train dans un autre quand la correspondance est brève, en rêvant que le tracé du chemin et la direction soient les bonnes !

Alors prenons le pas alerte malgré la fine couche de neige et les risques annoncés de verglas. Faisons le pari et le voeu que le voyage sera bon. Ce voeu, comme le caillou trace dans le lac une série de remous en ondes concentriques, prend à son tour en relais les lieux, ici et ailleurs, en particulier peut-être ceux plus exposés au froid.

On se prend bien-sûr en ces instants, à relire la Bible en des pages privilégiées, fixant l’étoile pour notre marche de mages ou de simples marcheurs. Des mots qui doucement tracent une ligne d’horizon ou placent un secret aimant pour le quotidien. Ainsi ces lignes par exemple, quand s’ouvre l’année, et dont je fais pour chacun des souhaits au gout d’infini. Je les trouve dans les tout premiers livres de la Bible : « Yhwh parla à Moïse et dit :  »Parle à Aaron et à ses fils et dis-leur :Voici comment vous bénirez les Israélites. Vous leur direz : ‘Que Yhwh te bénisse et te garde ! Que Yhwh fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que Yhwh te découvre sa face et t’apporte la paix !’ Qu’ils mettent ainsi mon nom sur les Israélites, et je les bénirai. » » (Livre des Nombres ch. 6, v. 22-27)

Et l’on aura compris que cette bénédiction est pour tous !

Bonjour tout le monde !

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Bienvenue sur ce blog, attentif  à la marche ou aux marches des hommes. Sensible tout particulièrement, au jour où je l’ouvre, au changement d’année et aux mouvements des hommes et des femmes, à leurs rites et à leurs gestes en ces jours particuliers de fin d’une année et d’entrée dans une nouvelle année.

Ce blog a pris le relais d’un autre blog dédié aux marcheurs et aux pèlerins de Lourdes, tout au long de l’année 2008, qui fut en ce lieu un temps de jubilé, lié au cent-cinquantième anniversaire des apparitions. Il fait suite aussi à un tout petit livre que j’ai aimé écrire et qui « marche » : Nomades, le petit livre du marcheur et du pèlerin.

Il n’y a pas que sur les routes des grands pèlerinages que les hommes sont pèlerins. Ne le sont-ils pas tous, marcheurs à l’étoile du quotidien, pour un avenir meilleur, ou soucieux de construire, de vivre, d’aimer, de marcher simplement et d’espérer. Ce sont tous ceux là, mages des routes d’aujourd’hui et du quotidien, que j’aimerais rendre présents ici, avec amitié et avec reconnaissance.

Ce blog est hébergé par le site pelerin.info, le site web du magazine Pèlerin. Oui, pèlerins et nomades, une affinité très forte.