La croix et la source

Vendredi, août 27th, 2010

Pas évident durant le pèlerinage à Lourdes de poster des notes. C’était si bon, si fort…  Je vous y invitais : allez voir en images sur le site qui a suivi et accompagné ces journées ! Et comme en écho, je reprends ici ces photos d’une autre montagne, entre la croix et la source… une vraie parabole de ce que des milliers ont vécu dans la ville mariale, sur le chemin pèlerin.

Anomalie ? Deux photos aussi du renard… rusé, qui file, rencontré un jour au détour du chemin dans ces montagnes. Et s’il n’était pas si rusé que cela, juste passant… A voir.

Fraicheur en chemin

Dimanche, août 8th, 2010

Dans quelques jours désormais, dans quelques heures, Lourdes. Et ces autres montagnes m’y conduisent en pensée : de montagne à montagne, de sources en Source, de croix de sommets à celles qui guident le chemin des pèlerins à Lourdes, et à ce signe justement de la croix, que fit un jour de façon unique Bernadette, et que réapprend le pèlerin. On dit de Bernadette qu’elle s’enveloppait dans le signe de la croix comme dans un vêtement. Comment mieux dire une entrée en prière : non pas isolement, jamais, mais espace intérieur où le monde peut entrer, et où Dieu peut parler.

Ente Alpes et Jura…

Vendredi, août 6th, 2010

Depuis ce belvédère, imaginer l’histoire millénaire et même beaucoup plus, des montagnes, les mouvements de la terre, des glaciers, l’histoire de la vie et de la naissance des lieux tels que nous les voyons aujourd’hui. En face, le Jura, en deça, les Alpes, au milieu, le Léman ou lac de Genève, ou de Thonon, selon le lieu d’où on le regarde, et où on place sa propre référence.

Les chiffres sont impressionnants : 250 millions d’années, ou beaucoup plus récent – bien-sûr ! – seulement 50 000 ans. C’est ce que rappelle la table d’orientation ci-dessus.

Invitation à contempler…

Echappée

Vendredi, juillet 30th, 2010

Le temps d’une échappée, de marcher et contempler longuement, de laisser chaque pas tracer intérieurement les voies de contemplation et de la rencontre de l’Unique, de Dieu. Entrer dans le jour nouveau et ouvrir le temps du week-end par cette longue marche silencieuse qui en soi le laisse parler de voix de cristal et de source. Belles marches et marches intérieures à vous !

Absent au temps des cîmes

Mercredi, juillet 28th, 2010

Absent de la toile quelque temps pour cause de cîmes, le temps de quelques marches et de quelques sommets. Parti sans prévenir, ni laissé d’adresse, pour cause de fin d’année chargée !… Et reprise ces jours-ci du cours des choses, avec un oxygène neuf, et avec aussi la fête de Saint Jacques, le Majeur, celui de Compostelle, le marcheur infatigable, au chapeau, qui veille sur tous les marcheurs à l’étoile et chercheurs de Dieu et de cîmes intérieures.

Ma pensée poursuit paisiblement ce que des miliers de marcheurs appellent – de leurs mots, mais aussi… de leurs voeux ! – el camino, le chemin, infini, intérieur, jusqu’au plein occident où la mer absorbe le mouvement en le multipliant à l’infini.

Juste une photo de cîme, pour la respiration, et pour vous patager de cet oxygène.

La foi, comme un petit matin

Mercredi, mars 10th, 2010

En écrivant ces mots : la foi comme un petit matin, je pense au petit matin de Pâques. Lisant il y a quelques jours sur ce blog la note sur Decoin, Dieu et nous : la foi et la marche, des voix amies en effet m’ont interrogé sur le mot doute lorsque l’on parle de la foi. Et je repense à un vieil ami de… plus de 90 ans, qui vient de poursuivre son chemin vers l’éternité, entrepris intérieurement depuis beaucoup plus longtemps. Il aimait me parler de Dieu, et de la foi qui saisit et transforme une vie. Mais il y a peu, il me disait, après le décès de sa femme, que lui aussi allait la rejoindre, qu’il était avec elle, dans la lumière. Et il précisait, « pour moi, ce n’est même pas la foi, c’est la certitude ». Et ces mots m’ont travaillé. Ce sont ceux de Didier Decoin l’autre jour.

Je pense aussi à Jacob, luttant avec un inconnu dans la nuit, au passage du gué du Yaboq (Genèse ch. 32). C’est dans la nuit (comme le dit aussi St Jean de la Croix dans un poème magnifique que se lèguent les générations), qu’il vécut ce combat dont l’enjeu était une rencontre étonnante de Dieu, et sa bénédiction, qui marquait pour toujours Jacob.

Le mot doute renvoie au fait qu’il faut parfois du temps à l’homme pour reposer sur Dieu ou en Dieu.  Et qu’il le cherche parfois aussi de nuit, ce qui coûte à tant de femmes et d’hommes. Le mot hébreu pour dire la foi dérive de la racine que nous connaissons bien par le mot Amen, qui signifie beaucoup plus que ce qu’on en dit d’habitude, quand on dit rapidement « dire : Oui amen à tout ». En hébreu, cette racine évoque ce qui est stable, fiable et sûr, comme un granit de montagne pour le montagnard, comme Dieu sur qui l’on peut se poser ou reposer, sur lequel on peut « tenir » (le mot est souvent traduit ainsi dans la bible). Et le chemin de l’homme se fraie le passage jusqu’à cette confiance totale, à un rythme très différent selon les êtres. Tant d’hommes et de femmes peinent en chemin… et/ou se pensent loin de « tout ça » quand souvent ils en sont proches, très proches, car la foi est comme la terre, qui tandis qu’une part d’elle-même est dans la lumière, est pour l’autre part dans l’ombre. Et l’humanité, ce serait une belle parabole aussi de la foi, est ainsi solidaire, les deux faces du globe se complétant, solidaires et l’une étant une part de l’autre et réciproquement. Et la clarté baigne l’ensemble successivement. Ici s’arrête peut-être la parabole (car la foi n’est pas cyclique).

C’est pourquoi j’écris et pense fermement, que Dieu veille. Il traverse ces zones d’ombres et de lumière qui parfois partagent les êtres… comme ce petit matin d’hiver en montagne dont je ne résiste pas à mettre la photo en grand ici. Comme un petit matin de résurrection dont la lumière se laisse pressentir… et gagne peu à peu le tout.

Beauté de cîmes

Vendredi, février 19th, 2010

Lumière intense et clarté de roc sous le ciel bleu, le soleil, et dans le resplendissement de la neige. Clair-obscur aussi, sombre, sur le même lieu, quand les nuages lourds obstruent l’horizon et dévorent les contours. Discret écho de ce qui au fond de l’être aussi peut être selon les temps, de pleine lumière ou parfois d’obscurité. La vie spirituelle elle-même n’est-elle pas ce mélange ou ce rythme à travers lesquels se dessine intérieurement le visage même de Dieu sculpté en terre humaine ?

Veilleur, où en est la nuit ?

Dimanche, décembre 20th, 2009

Les photos insérées dans la note de samedi ont été prises en Terre Sainte ce mois de novembre. Celles d’aujourd’hui, tout ailleurs et à peu de temps de là, quelque part dans les Alpes, face à la chaîne du Mont Blanc, à l’heure où la tombée de la nuit donne à la montagne et au ciel des couleurs et des reflets étonnants. A l’heure où la nuit et le jour se parlent de façon unique, avec douceur et mystère, et où l’homme devient plus encore qu’en d’autres moments, veilleur. Où il tutoie le ciel.

C’est le temps de la veille. Plus que jamais d’ailleurs, en aimant d’affection notre terre, qui entend peu de pitié aux blessures qu’elle subit. A l’heure où Copenhague se referme comme un bloc, quand l’eau part en glace, tout réchauffement climatique bu. La terre ! Et ses habitants des quatre vents, des cinq continents, de mille pays, dont tant ne méritent pas tant de réchauffement.

Veilleur, où en est la nuit ? La très ancienne parole revient à la mémoire, à l’heure où se lève l’étoile sur ciel orangé. A l’heure aussi où Noël est tout proche et le lever attendu d’une clarté plus vive encore. Oui, veilleur, comment donc est la nuit ? Veilleur !…

Resplendissement de l’automne

Mardi, novembre 3rd, 2009

Vraiment inhabituel ce temps, d’une clémence et d’une lumière totale, ces derniers jours. Si souvent on s’attriste, ou on déplore le temps de Toussaint. Il faut bien avouer que la semaine dernière a été clémente, et même, du moins hémisphère sud (de la France) pour le jour de Toussaint, ce qui convient magnifiquement à une fête où l’on évoque le resplendissement de Dieu. Le jour de souvenir des défunts, le 2 novembre, y puise la lumière dont nous avons besoin, pour faire face à ce qui pour nous porte la marque du deuil. Il faut un oeil si avisé pour voir au-delà du voile, du côté du resplendissement…

Des photos seulement ici, pour évoquer cette beauté et cette lumière alentour, qui ne sont pas sans incidence sur l’intérieur et les choses de la foi, si essentielles en cette période… de Toussaint et de toutes les marches humaines.

Des photos et lumières en hommage à la destruction ou à l’effondrement des murs de division dont nous fêtons l’anniversaire du terme (Berlin et plus loin, il y a 20 ans). En hommage aussi à tous les artisans qui, de près, de loin, travaillent à l’érosion d’autres murs inutiles (Mexique, Irlande, Bethléem…), si sclérosants pour l’imagination sur les chemins de paix, et si tristes face au vol de la colombe.

Vierge dans la montagne

Samedi, août 1st, 2009

Je pars à Lourdes dans quelques jours. Chemin de pèlerin qui peu à peu m’est comme entré dans la peau. Lieu d’une respiration, de rencontre d’autres pèlerins, grands et petits, venus de partout, de près, de loin, avec un coeur sensiblement identique, un coeur de pèlerin. Lieu où l’être intérieur se refait dans une rencontre indicible et qui pourtant traverse les êtres, chacun en témoigne : rencontre de Dieu.

A la veille de ces jours, ces photos qui me sont envoyées par des amis (photos P. Leclercq) : une Vierge montagnarde des vallées des Alpes, en Val d’Abondance ou tout proche, à Chatel. Elle veille, sur vous comme sur moi.

Vierge à Chatel

 

Chatel - statue