Sur les terres d’hiver…

Jeudi, décembre 23rd, 2010

Noël est si proche… Une ouverture du ciel. Dieu à visage d’homme, entrant dans la plénitude de l’humanité, qui s’en trouve doucement éclairée. Rayon de soleil d’hiver, qui peut gagner sur le froid, qui a tant de visages.

Joyeux Noël !

Des crèches humaines où se pose le ciel

Mardi, décembre 21st, 2010

 Au creux du rocher de Massabielle, à Lourdes, cette crèche, en attente de naissance. Une crèche imagine toujours. Lorsque François d’Assise l’imagina il y a longtemps, il voulait de vrais animaux, de la vraie paille… qui rapidement n’était plus dorée du tout, de la paille d’étable. Pour que l’on imagine jusqu’où prenait l’Incarnation en terres arides, en terres de labour, en terre humaine, jusqu’où Dieu allait quand il entrait en humanité. Les chemins des hommes alors devenaient chemins de Dieu. Ceux de Dieu avaient croisé et adopté ceux des hommes !

Ainsi les crèches imaginent, toujours ! Elles imaginent les lieux, les reliefs, les visages. Pour les lieux, on a abandonné les papiers rocher d’antan, en les regrettant peut-être secrètement. Ici ou là, on imagine les murs d’une ville, ou ceux de Bethléem, ou des tentes d’Irak et d’ailleurs, celles des terrains vagues de l’espérance en attente rugueuse, où la vie est à conquérir chaque jour, et l’espérance… aussi. Quand les crèches portent ces couleurs là, elles pressentent ce que signifie aujourd’hui même l’incarnation de Dieu en humanité.

Mais les visages !… Tous mériteraient de figurer ici : visages rugueux, dévastés parfois par la vie, visages d’attente, visages de toutes couleurs, de toutes rides, visages portant sur eux la strie des larmes, celles de l’usure, de la tristesse. Visages aussi, bien-sûr, du bonheur simple. La vie est multiple, et elle est profonde, comme une terre de labour quand le soc la retourne en attente du printemps et du fruit.

Les visages de cette crèche blottie depuis quelques semaines dans le rocher de Lourdes donne à Joseph et Marie les traits de la confiance et ceux de la dignité, comme si le ciel les avait déjà traversés. Comme si sa lumière les avait doucement touchés.

Peut-être est-ce le cas de notre propre visage. De tout visage. Car c’est aussi cela Noël. Déjà joyeux Noël !

 

 

Oui, nativité pourtant, mais par nuit froide…

Mercredi, décembre 30th, 2009

Hier, avant-hier, entrait le froid sur ce coin de toile, comme sur plusieurs lieux de notre planète, évoqués ici, au fil de la vie et de ses méandres !… Mais rien n’oppose, au plus profond, ce froid, ces rumeurs et ces cris, et la nativité que chantent à Noël, justement dans la nuit, les anges, et en réplique les bergers, veilleurs de nuit précisément. Non, rien ne peut les rendre étrangers, puisque  la mémoire longue de la Révélation répond qu’au coeur de cette nuit qui s’illumina, l’enfant qui naquit fut logé dans le recoin d’une mangeoire, que la tradition a bien-sûr avec tendresse habillée de paille.

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Quand Dieu entre en humanité, ce sont les chemins creux qu’il adopte, sans détours… l’humanité totale, l’humanité vraie, c’est-à-dire la nôtre. Révélation sur Dieu qui choisit ces chemins creux pour y prendre demeure solidaire. Révélation sur l’homme qui ne pourrait de lui-même imaginer pareil voisinage, total, s’il ne lui était révélé. C’est la raison pour laquelle la nuit des crèches est traversée de lumière, d’une belle lumière, de divine douceur, parlant avec une douceur et une tendresse infinie à la vie d’aujourd’hui, souvent blessée…

Pensée ici, et longue prière en moi, pour tous ceux que touche et traverse mystèrieusement cette divine douceur, au creux de l’obscurité qu’ils connaissent. Ou pour ceux qui attendent semblable ouverture du ciel.

 

Chants de bergers dans la nuit…

Jeudi, décembre 24th, 2009

Il est des nuits où s’ouvre le ciel. Il est des nuits où les bergers sont les seuls à demeurer encore à ciel ouvert, dormant à la belle étoile, au plus près de leurs bêtes, même par temps froid. Et il est des temps où ce sont les pauvres qui entendent les rumeurs les plus tendres du ciel, qui viennent s’inscrire sur la toile des nuages de leur coeur encore embrumé, comme les nôtres peut-être…

Et ces gens là se lèvent, sensibles à l’injonction du ciel et devenus désormais anges. Ce mot ne signifie-t-il pas « envoyé » ? Oh non, tous n’ont pas d’ailes. Si l’on en croit même notre expérience la plus directe, les anges ont mêmes visage et peau que nous, même habit, mêmes interrogations, même coeur. Mais le ciel les traverse et ils sont tout autres.

Chantez bergers dans la nuit. C’est le temps des pauvres. Le temps où Dieu traverse tout homme en chemin de ciel… aux chemins des hommes. C’est étrange Noël !… et si beau. Joyeux Noël !

Approche à bride si souple…

Jeudi, décembre 24th, 2009

A Notre-Dame de Paris 3

Ils approchent, au rythme de la commune humanité, au pas des hommes, au pas de leurs bêtes quand ils aident les leurs et supportent d’un peu leur charge. Nuit de Noël sans neige, mais pas sans labeur, de peine, et d’enfantement aussi. Et toute naissance est surgissement d’infini et d’espoir, d’intense lumière. Elle est rupture de la nuit, irruption du nouveau, de l’insoupçonné, du neuf…

Or Joseph et Marie son épouse marchaient dans la nuit, en attente de naissance, en attente aussi de demeure humaine. Quand Dieu entre en humanité, qu’Il est étonnant… étonnamment proche, aux heures de la nuit. Comme un jour le chanta magnifiquement Isaïe, au tournant de la nuit de l’histoire

Donc attendre

Mardi, décembre 22nd, 2009

Mouette en veille

Donc attendre l’aube, les premières lueurs qui disent la venue certaine du jour. Attendre et lire… les signes d’espérance, de vie, d’humanité profonde partout où elle se donne : dans des gestes simples souvent, ceux de tous les jours qui ont valeur d’éternité, qui en sont référence, inscription certaine dans le réel… L’éternité n’est pas une idée philosophique, elle est une part tangible de nous-mêmes. Elle est un consentement de l’humain à l’infini qui l’habite et passe par ses mains, ses gestes, son coeur, son travail, son labeur, sa peine, et aux heures bénies, sa joie profonde, son allégresse même.

A Noël et dans l’ « Avent » de Noël, il est question d’éternité tissée de maille serrée avec notre humanité, les jours de Dieu tissés aux notres, notre ordinaire marqué du poinçon lumineux du ciel, de l’infini de Dieu devenu rencontrable, humain. Qu’il est bon le temps de Noël, pour cela justement ! Les cadeaux quand il y en a, viennent en plus, en contrepoint, comme en musique le contre-point fait sentir de plus près le rythme principal et la mélodie essentielle.

Alors pour le moment en fait, attendre l’aube, comme le font les veilleurs. Comme le font ceux dont la nuit a été déjà longue, sans rien… ou presque, ou si peu… Ils sont nombreux – et combien de fois nous en sommes - les gens de la veille nocturne, dans les entre-deux de la nuit, les entre-deux de la vie, ceux éventuellement de la santé, ceux de la recherche, mais… de nuit, comme un jour le disait Jean de la Croix, ou Soeur Emmanuelle, ou encore Mère Térésa et quelques autres, tous gens du même bois que nous !

Peut-être neigera-t-il à Noël, et dans le tourbillon des flocons, nous entendrons l’infini en notes silencieuses et extraordinairement belles. Oui, s’il neigeait… !

Mages et nomades

Jeudi, décembre 17th, 2009

Pour maintenant, ils sont en route, les mages et nomades des confins de l’humanité guettant l’aurore… Je serai de leur nombre. Et je vous le souhaite aussi…

Ouverture

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Ouverture de l’année nouvelle ! La ronde animée des rues commerçantes a marqué la trêve. Le mouvement a été vif, rapide, le temps de tout boucler avant la – ou les - fête. Un autre mouvement a pris celui-là en relais, celui des va et vient multiples dans lesquels familles et amis aiment se retrouver pour le temps particulier de la fin d’année et des passages… Le passage de l’ange dans la nuit – toujours étoilée ! - de Noël, le passage un peu plus mystérieux peut-être, paradoxalement, de la nuit du Nouvel an, passage d’une année à l’autre ! 

C’est pour cela disent les sociologues et anthropologues, que depuis toujours en cette nuit là on fait du bruit et les rites sont multiples dans les populations, selon les régions et pays, pour tenter de frayer au bonheur le début d’un chemin, pour qu’il s’y attache et s’y fixe le reste du temps. Oui, de multiples rites, que nous connaissons bien, dans lesquels on ouvre le sillon le mieux possible, pour que l’année entière s’y inscrive. On a alors l’impression de partir au large ou encore d’ouvrir une page toute neuve, non salie, non écrite, vierge comme la neige qui tombe ici et là et même sur Paris en ces premières heures de l’année nouvelle.

Ainsi nous passons ou sautons peut-être d’une année dans l’autre, comme d’un train dans un autre quand la correspondance est brève, en rêvant que le tracé du chemin et la direction soient les bonnes !

Alors prenons le pas alerte malgré la fine couche de neige et les risques annoncés de verglas. Faisons le pari et le voeu que le voyage sera bon. Ce voeu, comme le caillou trace dans le lac une série de remous en ondes concentriques, prend à son tour en relais les lieux, ici et ailleurs, en particulier peut-être ceux plus exposés au froid.

On se prend bien-sûr en ces instants, à relire la Bible en des pages privilégiées, fixant l’étoile pour notre marche de mages ou de simples marcheurs. Des mots qui doucement tracent une ligne d’horizon ou placent un secret aimant pour le quotidien. Ainsi ces lignes par exemple, quand s’ouvre l’année, et dont je fais pour chacun des souhaits au gout d’infini. Je les trouve dans les tout premiers livres de la Bible : « Yhwh parla à Moïse et dit :  »Parle à Aaron et à ses fils et dis-leur :Voici comment vous bénirez les Israélites. Vous leur direz : ‘Que Yhwh te bénisse et te garde ! Que Yhwh fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que Yhwh te découvre sa face et t’apporte la paix !’ Qu’ils mettent ainsi mon nom sur les Israélites, et je les bénirai. » » (Livre des Nombres ch. 6, v. 22-27)

Et l’on aura compris que cette bénédiction est pour tous !