Eveillé, levé

Mardi, avril 26th, 2011

Christ « s’est levé d’entre les morts », ou… il « s’est éveillé d’entre les morts ». Ce sont les deux mots que les évangiles utilisent pour dire l’indicible : la Résurrection de Jésus, qui dépasse tout entendement, mais qui bouleverse des vies. Nous fêtons Pâques. Les enfants ont trouvé presque tous les oeufs dans le jardin, ceux qui restent seront… pour les oiseaux. Mais les oeufs de chocolat, si délicieux soient-ils, ne sont que la surface la plus superficielle de Pâques, qui est un événement tellurique dans des vies d’hommes, de femmes, auxquelles elle prend comme un feu. Justement, comme un feu dans la nuit qui a éclairé des yeux, des coeurs, dans la nuit de samedi à dimanche ! Mémoire qu’en plein coeur d’une nuit semblable, en Palestine, le tombeau de Jésus ne put retenir son lever d’entre les morts.

Ainsi vivrons-nous debout. C’est l’attitude de la Résurrection… qui nous touche aussi.

Le chemin continue

Jeudi, avril 14th, 2011

Déjà si proches de Pâques ! Dans un peu plus d’une semaine. Le temps encore du coeur intérieur en accueil du printemps de Dieu. La sculpture que j’évoquais (notes précédentes) prend son temps. Il y faut du temps pour sculpter Dieu dans des êtres de chair et dans une histoire si mouvementée alentour, aux dimensions du monde.

Le chemin se poursuit. Il se poursuit toujours, renouvellement intérieur, attente, ensoleillement inespéré. Quand Dieu se révèle en chacun. Printemps de Dieu !

Attente du printemps

Mercredi, mars 23rd, 2011

La nature somnole encore. Ici et là pourtant, elle éclate en bourgeons et en fleurs, annonce de plus en plus résolue du printemps. Nos marches intérieures et marches à l’étoile sont semblables à cet éveil. Le chemin de Pâques suit mystérieusement ce cours…

A la bonne vôtre !

Vendredi, avril 9th, 2010

Curieux cette mode qui fleurit un peu partout et semble faire… tâche d’huile si l’on ose dire : cette vague d’ « apéros géants ». Facebook et autres réseaux créent le lien en un instant, et en quelques heures tous accourent, gobelet à la main et bouteille, et envie de fête. Besoin de rencontre à forte teneur en… rencontre, et à fort… degré de combustion, et quelques débordements. Soif à l’évidence. Mais soif de quoi exactement ? Je me demande. Car le phénomène dit bien quelque chose, de débordant, peut-être d’éphémère, sûrement, mais soif de quelque chose au plus profond. Alors la vague prend, très vite, et retombe aussi. Mongolfières d’espérance…

Et à l’instant j’entends à la radio cette phrase, volée au passage d’un reportage : « Le poète est celui qui inspire et non pas celui qui est inspiré ». Je le crois, et c’est fort, d’inverser ainsi ce que l’on pensait, qui était probablement vrai, et qui le devient plus encore… Besoin de penser, de rêver. Besoin de se fonder aussi, sur des paroles qui donnent à vivre, paroles fortes.

Au lendemain de Pâques, je repense à toutes ces paroles entendues dans la nuit, jeudi, vendredi, et encore samedi, et dans la clarté de Pâques. Des paroles de lueur, d’aurore, qui disent le jour naissant, qui éveille la vie, qui éveille chaque être, lueur de Pâques.

Samedi vient, et dimanche, le temps de la pause, d’une aération, de penser… Inspiration.

Surgissement, bouleversement… Joyeuse fête de Pâques !

Dimanche, avril 4th, 2010

Ces jours sont pleins de gravité. On y va, seul et ensemble, au coeur de la foi, et aux profondeurs de la vérité de chacun, profondeurs de l’être, profondeur du mystère (ce qui nous fait vivre, mais qui nous dépasse infiniment).

Et dans la nuit, des paroles inouïes, traversant l’obscurité comme le feu crépite dans l’obscurité et y répand par ondes progressives et irreversibles, la lumière, signe, en cette nuit, du Ressuscité.

Et les paroles entendues dans l’assemblée chrétienne, où avec beaucoup d’autres j’accueillais ce mystère et le laissais me travailler, tandis que huit personnes étaient baptisées, à âge adulte, en plein consentement du bouleversement que la présence du Christ apporte à une vie, la leur et la nôtre. Des visages simples comme ceux de chacun, le vôtre et le mien, mais inondées de cette lumière là, qui désormais guidera les jours, chaque jour.

Des paroles de catéchumènes entrant de tout leur être dans les eaux du baptême et dans la foi. Dans l’Eglise aussi comme elle va, c’est-à-dire servante et humble. Humiliée plus que nécessaire aussi ces jours. Mais Eglise. Eglise mère. Connaîtrais-je le Christ dont je vis, si elle n’avait pas été, fragile et simple, mais solide aussi comme le roc de la foi qui la fonde ?

Les paroles du prêtre, disant parmi beaucoup d’autres paroles claires et nourrissantes : vendredi saint, un silence, samedi, le vide, et bientôt le souffle. Un silence, un vide, un souffle, trois fois rien, qui bouleverse(nt) totalement désormais le cours des choses.

Joyeuse fête de Pâques ! Christ est ressuscité. Oui, comme ajoutent les chrétiens d’Orient sans craindre les vents contraires sur cette parole simple de témoin : Il est vraiment ressuscité !

Nous entrons dans la « Grande Semaine »…

Dimanche, mars 28th, 2010

Nous entrons dans la grande semaine. Aujourd’hui, par milliers, des gens ont pris des rameaux. Ils ont acclamé leur Seigneur. Beaucoup aussi ont porté de ces rameaux sur les tombes, comme cela se fait en plusieurs régions. Le signe est clair : en ce brin de verdure pérenne, ils disent la vie que donne leur Seigneur, une vie plus forte que la mort. Un geste, le sait-on assez, chevillé à l’espérance la plus profonde. Et l’entrée de Jésus à Jérusalem ouvre les jours de la Passion. Il faut avancer, bible en main, bible au coeur. Une question d’intériorité, totale. Mais ces jours bouleversent la vie de qui les suit comme un disiple, comme celui qui a l’esprit et le coeur ouverts… Qui donc est-il ce Seigneur aux traits de l’homme en son humilité la plus grande ? Et aux traits de Dieu… Mais il faut un regard long. De ceux qui travaillent le coeur en profondeur. Semaine sainte, « Grande semaine »… si longue. Et que je vous souhaite bonne.

Et donc chelem sur la mort

Jeudi, mars 25th, 2010

Chelem sur la mort, souhaite tlse dans sa note en réaction à l’article précédent. Maintenant que le mot chelem a pris pour moi toute sa force vindicative, écrasante, que j’ignorais, lui que je croyais seulement de plénitude, alors d’accord, le grand slam à consentir sur la mort, ou qui nous est donné avec le surgissement du feu pascal. Pâques, comme ce chelem… La tradition biblique parle de victoire sur la mort. Feu d’aurore qui éveille la nuit, qui la terrasse de quelques lueurs même, avant le plein jour… Brillez déjà lueurs de Pâques. Et merci tlse de ces suggestions utiles.

Vers des eaux claires… et nourrissantes !

Mardi, mars 16th, 2010

Soif de ne pas s’abstenir… des eaux claires, comme le font dans Paris ces pigeons manifestement assoiffés et que nul ne pourra déranger, ni le bruit, ni le passage de qui court par là. Soif des eaux claires, de celles qui vous désaltèrent en vrai, en profondeur, de celles qui par là vous nourrissent véritablement. Le temps que dure un Carême, c’est ce que l’on réapprend.

Et par temps d’élections, on se prend aux mêmes réflexes : éviter les discours frelatés, mais ne pas rester sur la rive. Car il faut des eaux claires et… nourrissantes aussi à la démocratie. Trop de pays, auprès et au loin, savent ce que signifie la mise au silence. Je pense à l’Irak où l’on vote au risque de sa vie, avant de porter le signe d’encre qui marquera que l’on a exprimé sa voix. Je pense  à la Thaïlande et à d’autres pays, où le vote quand il existe est si proche de la parodie, circulation sur voie unique. Il faut pluralisme des voix pour que les voies soient tenables, celles de la marche ensemble.

Oui, en période très verte et au souci écolo, on vérifiera la qualité de l’eau, celle que l’on boit, celle dans laquelle aussi en quelque sorte se jeter pour ne pas rester sur la rive seulement à regarder. Mais on rêve aussi aux eaux de toutes les traversées extraordinaires dans la Bible, de la mer dite Rouge ou des Roseaux à celle du Jourdain et jusqu’à celle de la tempête apaisée. Les eaux de la grande traversée pascale, toute proche, chaque jour.

La foi, comme un petit matin

Mercredi, mars 10th, 2010

En écrivant ces mots : la foi comme un petit matin, je pense au petit matin de Pâques. Lisant il y a quelques jours sur ce blog la note sur Decoin, Dieu et nous : la foi et la marche, des voix amies en effet m’ont interrogé sur le mot doute lorsque l’on parle de la foi. Et je repense à un vieil ami de… plus de 90 ans, qui vient de poursuivre son chemin vers l’éternité, entrepris intérieurement depuis beaucoup plus longtemps. Il aimait me parler de Dieu, et de la foi qui saisit et transforme une vie. Mais il y a peu, il me disait, après le décès de sa femme, que lui aussi allait la rejoindre, qu’il était avec elle, dans la lumière. Et il précisait, « pour moi, ce n’est même pas la foi, c’est la certitude ». Et ces mots m’ont travaillé. Ce sont ceux de Didier Decoin l’autre jour.

Je pense aussi à Jacob, luttant avec un inconnu dans la nuit, au passage du gué du Yaboq (Genèse ch. 32). C’est dans la nuit (comme le dit aussi St Jean de la Croix dans un poème magnifique que se lèguent les générations), qu’il vécut ce combat dont l’enjeu était une rencontre étonnante de Dieu, et sa bénédiction, qui marquait pour toujours Jacob.

Le mot doute renvoie au fait qu’il faut parfois du temps à l’homme pour reposer sur Dieu ou en Dieu.  Et qu’il le cherche parfois aussi de nuit, ce qui coûte à tant de femmes et d’hommes. Le mot hébreu pour dire la foi dérive de la racine que nous connaissons bien par le mot Amen, qui signifie beaucoup plus que ce qu’on en dit d’habitude, quand on dit rapidement « dire : Oui amen à tout ». En hébreu, cette racine évoque ce qui est stable, fiable et sûr, comme un granit de montagne pour le montagnard, comme Dieu sur qui l’on peut se poser ou reposer, sur lequel on peut « tenir » (le mot est souvent traduit ainsi dans la bible). Et le chemin de l’homme se fraie le passage jusqu’à cette confiance totale, à un rythme très différent selon les êtres. Tant d’hommes et de femmes peinent en chemin… et/ou se pensent loin de « tout ça » quand souvent ils en sont proches, très proches, car la foi est comme la terre, qui tandis qu’une part d’elle-même est dans la lumière, est pour l’autre part dans l’ombre. Et l’humanité, ce serait une belle parabole aussi de la foi, est ainsi solidaire, les deux faces du globe se complétant, solidaires et l’une étant une part de l’autre et réciproquement. Et la clarté baigne l’ensemble successivement. Ici s’arrête peut-être la parabole (car la foi n’est pas cyclique).

C’est pourquoi j’écris et pense fermement, que Dieu veille. Il traverse ces zones d’ombres et de lumière qui parfois partagent les êtres… comme ce petit matin d’hiver en montagne dont je ne résiste pas à mettre la photo en grand ici. Comme un petit matin de résurrection dont la lumière se laisse pressentir… et gagne peu à peu le tout.

Sans fatigue

Vendredi, mars 5th, 2010

La beauté est sans fatigue. Se refaire intérieurement. Pâques…