Retour en baie du Mont Saint Michel

Vendredi, juillet 3rd, 2009

C’est l’été. mais le travail se poursuit, nous poursuit quelque peu, me poursuit en tout cas. Rien n’empêche de s’évader par  la pensée, en chemins pèlerins. J’avais promis un retour sur les chemins du Mont Saint Michel. Voici… par différents chemins nomades et finalement, tous pèlerins, quelles que soient les apparences !

Obama : la marche tenace

Vendredi, juin 5th, 2009

Je ne suis pas politologue, même si je pense quelque chose de notre pays et de la vie du monde. Et il me semble même que l’on ne peut s’empêcher de penser quelque chose, sur la vie de tous et le rythme du monde, sur les questions liées à la justice, à la répartition des biens, à la façon d’organiser la société, la santé, l’éducation… Penser aussi quelque chose de l’Europe, même si tout n’est pas toujours simple en la matière ! Et dimanche, de ce côté là il faut aussi passer à l’acte [de vote].

Penser et agir. Marcher aussi. Je suis impressionné actuellement par la grande marche d’Obama : Egypte, parole au monde musulman, Allemagne, plages du débarquement… Parler de l’homme et de ce qu’il devient. Une question urgente, partout.

Pour moi cette marche est une marche pèlerine… aussi. Le pèlerin est au plus profond chercheur de paix.

Tous les voyageurs sont des pèlerins

Vendredi, mai 29th, 2009

Du 30 mai au 1er juin, le festival « Etonnants voyageurs » tient à Saint-Malo sa 20ème édition. Sur le thème Monde en crise, besoin de fictions, il rassemble des « écrivains pèlerins ». Tous estiment, écrit Philippe Demenet, « qu’un auteur digne de ce nom doit se laisser chahuter, révéler, par tous les vents du large, pour trouver le souffle de la création ».

Avec ces mots, ça y est ! on est parti. Et l’on retrouve avec bonheur ces paroles de Jean Debruyne, à la fois prêtre et poète : « Je ne partirai pas seulement en voyage. Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage ». Belle perspective pour un temps de Pentecôte, où il faut hisser la grand-voile… de nos vies pour leur donner prise au vent. Et l’on comprend la parole de Jésus à Nicodème, venu le trouver de nuit pour l’interroger et l’écouter : Le vent souffle où il veut et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. [...] Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naître d’en haut. (Evangile de Jean 3, 7-8).

Quel bonheur ! de recevoir et d’ouvrir Pèlerin cette semaine, avec l’ensemble de ce dossier. Et avec son titre, que j’ai repris pour cette note, et qui nous donne à tous je crois, un sentiment d’oxygène pur, agréable par les temps qui courent. Ce titre est une phrase de Michel Le Bris, l’un des six écrivain[e]s qui racontent dans le magazine le voyage de leur vie. Oui, c’est un peu comme ça que j’aime penser les choses. Nous sommes des nomades, des transhumants, et le chemin de la vie est ouvert plein vent au souffle de l’Esprit. Alors belle fête de Pentecôte !

Un voyage plus important que prévu

Mardi, mai 19th, 2009

Sous la plume de Michel Kubler hier, dans son édito de La Croix, une évaluation du voyage-pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte. A la fois voyage et pèlerinage, là où Jean-Paul II fut essentiellement lors de sa venue sur le versant pèlerinage. Michel Kubler observe trois grandes dimensions de ce voyage, et le fait que de surcroît elles soient liées.

La première dimension est sa démarche personnelle de croyant sur les lieux où vécut le Christ : moments de solitude au Mont Nébo (évocation ici de Moïse), à Béthléem, à Nazareth et au Saint Sépulcre. Ensuite une dimension pastorale : une parole d’espérance aux chrétiens vivant en ces lieux de façon parfois difficile. Le Pape a consolidé ses frères dans la foi. Enfin sur le plan interreligieux. Certes, le Pape a parfois eu des paroles maladroites depuis son accession au siège de Pierre, et l’on cite à l’envie Ratisbonne, les observateurs guettant parfois plus la faute que le message. C’est d’ailleurs le côté éprouvant de certains commentaires, qui s’évitent parfois, il faut peut-être le dire crûment, d’entendre et de penser. Oui, le Pape a su parler aux Musulmans aussi bien qu’aux Juifs, renforçant les bases même du dialogue interreligieux, note Michel Kubler.

Souci d’unité et préoccupation de la paix. C’est cela au fond le pèlerin.

La route de Jérusalem

Jeudi, mai 7th, 2009

Après la rieuse et verdoyante Galilée, le pèlerin prend la route de Jérusalem. Un pèlerinage est toujours une découverte profondément humaine : rencontre d’une terre, d’un peuple dans sa vie d’aujourd’hui, et cette terre est une terre d’incarnation. Mais le pèlerin qui « monte » à Jérusalem, le fait aussi comme le fit Jésus, qui allait ainsi au coeur de la foi de son peuple, comme tout pèlerin d’alors le faisait trois fois l’an, mais en un pèlerinage infini. En ce lieu, il était à l’essentiel, là où tout se joue, où tout se donne, où tout est donné…

Oui, Jérusalem, ville étonnante, bruissante de vie, mais aussi d’appels : à la vie, à la rencontre, à la foi, à la réconciliation aussi. Le nom en hébreu est énigmatique : Yeroushalaïm. Peut-être, c’est en tout cas l’une des voies de compréhension, est-ce une forme plurielle, et même plus précisément duelle : ‘La ville des deux paix’. Celle du ciel et celle de la terre ? Recherche de paix totale, puisque cette ville ne peut être qu’à l’image de Dieu. Et le chemin est long. Mais l’appel incontournable.

Le pèlerin suit ici les chemins qu’un jour son maître suivit lui-même, entre le mont des Oliviers et celui du Temple. Au mont Sion aussi, dont le seul nom est un éveil intérieur. Cénacle, et partage du pain, dans lequel la vie est livrée avant qu’elle ne soit prise, aux abords de la nuit, dans les jours de la Passion. Lieu aussi de la Pentecôte et du commencement de tout pour le disciple, éveil ou réveil intérieur de tout ce qui y était déjà présent mais comme en sommeil.

Rencontre aussi du Saint Sépulcre, basilique qu’à la manière des chrétiens d’Orient on peut aimer appeler plutôt Eglise de la Résurrection, Anastasis (c’est le mot grec), avec cette discrète voix de l’ange qui vous dit : « Il n’est pas ici, il vous précède en Galilée ». Signal alors du retour, pour le pèlerin, en terres multiples, celles du fil des jours, celles de l’ordinaire, baignées de lumière, de la lumière souvent discrète mais pourtant radicale et réelle, du Ressuscité.

Pour rêver, suivez Pèlerin en baskets !

Mercredi, avril 29th, 2009

Efforcez-vous de rêver, ou bien ouvrez le Pèlerin  de cette semaine (n° 6596, du jeudi 30 avril). Feuilletez et dites-vous que dans un long week-end de 1er mai, vous reviendrez sans problème sur toutes les rubriques que vous apercevez seulement dans ce premier regard.

Pausologie : feuilleter seulement d’abord, et s’attarder à la p. 31. Si vous lisez bien, en haut de la page : Pèlerin donne des ailes à des jeunes, vous êtes sur la bonne page. Vous pouvez aussi la trouver sans les chiffres ni les lettres : si vous aimez la couleur terre rouge et que votre regard soit attiré tout à coup en feuilletant le journal par cette couleur chaude, vous êtes aussi à la bonne page. Alors laissez tomber les mains, juste pour voir, goulument, à satiété. Après le rouge terre, laissez vous aspirer par le blanc. Celui des baskets prêtes au voyage.

Différence de pausologie : vous êtes jeunes, vous avez entre 18 et 25 ans, vous suivez le pointillé et répondez au message de bas de page. Vous avez au-delà [ou en-deça] de 18 ans, vous pouvez faire le voyage par un simple regard prolongé sur cette photo, que je trouve personnellement magnifique [ce qui est parfaitement subjectif], et qui invite au voyage, à la marche, à l’évasion.

Justificatif [de cette attitude] : après tout, en Mai, fais ce qu’il te plaît. Et face à plusieurs week-ends longs [en espérant délibérément que le projet de loi sur le travail le dimanche, puis peut-être les jours fériés et les week-ends prolongés du mois de mai, ne va quand même pas aboutir], faites des projets : de marche, de ressourcement, d’évasion.

Et plus si affinité : oui, j’ai dit « marche, ressourcement, évasion », mais je crois que durant ces week-ends que le mois de Mai déploie devant nous, on peut aussi avancer paisiblement sur les chemins de silence et d’intériorité, les chemins de spiritualité.

Si ce traitement vous convient, renouvelez à la demande et sans restriction.

Précision : Merci Pèlerin ! Et je vous invite à lire bien-sûr tranquillement l’ensemble du numéro. Le week-end sera long…

Lundi : reprendre le pas et le rythme !

Lundi, mars 30th, 2009

Oui, voilà ! Prendre différemment le temps dans le week-end, où le changement d’heure contraignait à mentionner entre proches, entre amis, l’heure, le temps, le changement… On est un peu décalé sur l’heure du lever de soleil, émerveillé de voir aussi les journées plus longues. Et au-delà, reprendre le rythme des jours. Ce sont de multiples façons d’être pèlerin, pèlerin intérieur, pèlerin tout court… Ce qui n’est pas peu dire ! Car le pèlerin est chercheur…  insatiable, mais aussi sans inquiétude, sûr de la grâce du moment. Chaque pas est un instant d’éternité. J’aime répéter cela… et suis persuadé que c’est très profondément vrai !

Bonne semaine !

Compostelle : l’appel du chemin, par les pieds ou par le rêve !

Mardi, mars 17th, 2009

Avec le retour des beaux-jours, ils sont nombreux ceux qui vérifient leur équipement et graissent les chaussures comme on disait il y a peu encore, quand le cuir avait besoin d’être nourri et plus souple, ce que bien-sûr le gore-tex est spontanément, mais le cuir… ! Et il n’est qu’à prendre date avec quelques personnes, pour une réunion de travail ou de pure amitié, pour que se laissent doucement débusquer les marcheurs. Les plages de temps sont soigneusement protégées et les prévisions très avancées, pour se mettre ou se remettre en chemin, sur el Camino, la route de Compostelle !

Alors pour préparer l’itinéraire ou l’accompagner, ou pour le faire en pensée, ne pas manquer, chez les marchands de journaux, dans les librairies religieuses ou par VPC, le nouveau-né magnifique des Hors-série Pèlerin qui m’a donné le titre de cette note. Oui,  Compostelle, l’appel du chemin. Pour accompagner la marche ou le temps de rêver ! N’est-ce pas aussi une façon de faire la route ?

couv-compostelle

Les images portent et emportent, mais les chiffres parlent aussi : il y a vingt ans, l’archevêché de Santiago remettait la Compostela, ce certificat attestant la qualité de pèlerin, à moins de trois mille personnes par an. Aujourd’hui, venant de France et de tous les continents, par des voies désormais classées au Patrimoine mondial de l’Unesco et inscrites comme itinéraires culturels, ils sont aujourd’hui près de 120 000 à recevoir le précieux document !

Au menu de ce Hors-série que je vous recommande chaleureusement, histoires et légendes, itinéraires, conseils pratiques. Une mine d’infos utiles sur le chemin et sur les étapes [en France, en Espagne et en Europe], et des récits impressionnants de Patrick Poivre d’Arvor, Laurence Lacour ou Bernard Ollivier, journalistes et écrivains marcheurs. Et aussi un glossaire des mots-clés, de « coquille » à « équipement », de « sécurité » à « liberté »…

L’occasion aussi de découvrir ce  blog à la fois voisin et ami : le blog des marcheurs, pour savoir où, quand et avec qui marcher, échanger des conseils, des bons plans et des coups de cœur. Gilles Donada, qui l’anime, est journaliste à Pèlerin et aussi marcheur, et son blog propose une veille d’informations sur les nouveautés en matière de trek, de randonnée et de pèlerinage à pied (itinéraires, guides, matériels) et de multiples liens sur Internet, avec associations, blogs… tous marcheurs.

Alors, marcher par les yeux et par le coeur, marcher en rêve… et se réveiller en marchant ! En route !

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de bonheur !

Vendredi, janvier 30th, 2009

Les raisons seraient multiples de parler de choses graves, de celles qui vous tiennent solidement au corps ou au coeur. Celles qui demeurent en tête et semblent ne pas vouloir en bouger, qu’on se lève ou qu’on dorme, que l’on travaille ou que l’on aille simplement son rythme : société, remous de l’économie, interrogations sur des affirmations d’hommes d’Eglise qui blessent en profondeur. Et je feuillette Pèlerin, en ayant vu le titre de cette semaine, mais le mettant momentanément en suspens : « Être heureux c’est possible » (entretien avec Boris Cyrulnik), comme pour attendre d’abord des signes de confirmation.

Je feuillette, et je laisse images et titres, rythme du journal, me porter, plus doucement encore que les navigateurs solitaires du Vendée Globe, qui à l’heure qu’il est, affrontent la vague plus peut-être qu’elle ne les porte. Et je vois des couleurs tendres malgré elles, qui montrent la dévastation des forêts landaises. Peut-être les couleurs tendres sont-elles celles de la nature, qui résiste malgré tout. Peut-être sont-elles dûes au photographe – oui, aussi ! – mais aussi à ces hommes en bleu et en jaune, qui marchent au sol ou en hauteur pour rétablir le contact et la vie.

Je retiens mon souffle ensuite, comme chacun, face aux photos certes lumineuses, qui évoquent le schisme intégriste. Comme chacun, cette question et tout ce qu’elle entraîne, me blesse. Mais vient une page sur les chrétiens de Gaza, et des amis m’ont transmis il y a peu une lettre poignante du curé de Gaza durant les événements. Autre visage de l’Eglise, aux prises avec le monde, et qui forge envers et contre tout de l’espérance. Puis solidarité dans le Nord-Pas de Calais, mon pays. Ils marchent, ils ont du peps ! Puis St Paul Hors-les-Murs, lutte contre le cancer, et le visage très humain de la justice des mineurs, encore dans le Nord (oui, Bienvenue dans ce pays !), où s’est rendu avec passion Benoît Fidelin. Puis Simone Weil, « une âme éprise d’absolu »…

Alors oui, Boris Cyrulnik, OK pour l’option de bonheur annoncée. « Etre heureux, c’est possible », dites-vous ? Au bénéfice du doute, j’accepte d’aller y voir. Et merci aux marcheurs innombrables de ce numéro de Pèlerin ! Ils ont du souffle, et tout en couleurs, m’en donnent.

Dans les nuages

Samedi, janvier 17th, 2009

« Vous êtes dans les nuages ! » La phrase sonne souvent comme un rappel dur aux oreilles de l’enfant quand on le lui dit pour le rappeler à la réalité. Elle sonne tout autrement aux oreilles de qui les entend en altitude, montagnard en pleine course ou voyageur en altitude. Elle sonne alors un peu comme… une sorte de barrière ouverte aux rêves, ou à la détente, à des espaces aériens et plus doux, infinis.

Peut-être est-ce un peu cela aussi le rythme que permet – mais pas toujours ! – l’entrée en week-end. Alors je prends cet avertissement discret comme un souhait ou un appel au débrayage ou au rêve : Vous êtes dans les nuages. Il est un peu permis de rêver.

Le paysage évolue alors, paysage extérieur et paysage intérieur. Image à terre et sous la pluie, d’abord, puis du haut des nuages, plus haut que la grisaille, quand les nuages semblent former une mer qui ondule et parfois se creuse, ouvrant ici ou là en profondeur des abîmes – à terre ! – que la neige de l’hiver recouvre légèrement, leur donnant à eux aussi, même au ras du sol, une allure de nuages.

Répliques une fois encore entre la terre et le ciel, comme il en est d’autres dans la vie quotidienne où prennent parfois un sens infini, on ne sait pourquoi, les mots de la prière chrétienne, lorsque l’on dit, laissant résonner en soi des paroles qui nous dépassent mais que Jésus enseigna : « sur la terre comme au ciel ». Et les autres mots de cette prière aussi, qui apprend au plus profond cette correspondance entre le monde des hommes et celui de Dieu, qui n’en font peut-être qu’un, personnellement je le crois.

[des photos viendront, ce lundi. En attendant, voici celles ci-dessous, apparentées]

Oui, il est des correspondances qui donnent à penser. Paraboles de l’essentiel semées dans un quotidien d’hommes et de femmes pèlerins du quotidien.

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

L'ombre s'allonge et le bâtiment prend une dimension infinie

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Vue sur le Chatelet - matin d'hiver

Alors oui, vous êtes dans les nuages ! La trêve des soucis n’est jamais entière ou rarement, et les bruits du monde continuent de venir. Mais justement, les nuages donnent une surface ou un volume large pour écouter autrement… et vraiment les entendre. Dans les nuages, le coeur se reconfigure, doucement.