11 février : Lourdes, date fondement

Jeudi, février 11th, 2010

11 février ! Date socle, fondement.

Oui, ils sont plus profonds que les fondations des impressionnantes basiliques, cette date, et l’évènement qui la marqua un jour de 1858, rencontre entre ciel et terre. Et en fait, sans cette date, Lourdes ne serait pas Lourdes. Les cartes inscriraient autrement, sûrement, et en bien plus petit, le nom de cette ville pyrénéenne. 

Dans le froid d’un matin d’hiver… tenez, comme aujourd’hui, exactement, une gosse de pauvres traversait les terrains vagues sous le crachin, en quête de bois sec ou plutôt – car il ne peut être sec dans ce froid humide – de bois mort. Pour vivre : pour réchauffer ou être vendu contre nourriture de pauvre. Bernadette Soubirous, car c’est d’elle qu’il est question, emporte ce jour-là son asthme dans le froid et peine à traverser le canal du Gave, quand devant elle le ciel s’ouvre au fond d’une grotte, qui n’était d’abord qu’un gîte à animaux poisseux, avant qu’une source n’y coule et peu à peu plus ample, assainisse les lieux, et bien avant eux, les coeurs.

L’histoire de Lourdes commence un 11 février 1858, avant que ne viennent par centaines et par milliers pèlerins et touristes. Mais est-on jamais touriste sur les lieux qu’éclaire et rencontre le ciel ?

Ce 11 février, 10 000 pèlerins et nomades bravent encore le froid de l’hiver, pour venir, comme aimantés par ce lieu ou par le ciel qui le traverse, à fleur de coeur et de peau. Il fait un froid à pierre fendre, comme en 1858. Et le chant s’élève à la rencontre du ciel. Et dans ce va et vient entre ciel et terre, naissent et renaissent des gens : hommes, femmes, enfants. Je le sais, j’en suis.

Ainsi, dans la nuit des chants se sont levés… infatigables, éveillant la lumière et soutenus par elle. Et les coeurs venaient y boire un souffle de ciel.

Oui, Lourdes…

Pause intérieure à Echourgnac (Dordogne)

Samedi, février 6th, 2010

Des paroles bouleversantes

Lundi, janvier 18th, 2010

Je viens d’entendre, parmi les multiples informations venant d’Haïti, ce reportage dans lequel une femme qui a tout perdu est interrogée par la journaliste sur le fait qu’elle ne pleure pas. Parce que pour le moment l’essentiel est d’aider à vivre ceux qui peuvent survivre. Et elle est interrogée sur Dieu, parce qu’elle laisse transparaître que sa force vient de là. D’une voix grave et posée, elle résiste aux questions sur l’injustice de Dieu face aux malheurs répétés d’Haïti. Des mots simples, très simples, et étonamment sereins. Elle dit très simplement qu’elle est attachée ou fondée de façon inébranlable sur ce roc. J’en suis ému.

Tout n’est pas mort, sil reste de tels germes de vies… Envie seulement de me taire pour laisser le son de ces paroles, avec une reconnaissance infinie.

Haïti sous la souffrance

Samedi, janvier 16th, 2010

Haïti est plongé dans la souffrance totale.  Ce ne sont pas des mots qui la changeront. Des amis proches ayant eux mêmes des proches à Haïti disent qu’au milieu de cette souffrance, ce peuple à la piété chevillée au corps lance vers le ciel une rumeur très longue de prière, contenue entre souffrance, silence, et foi.

Hier justement je découvrais au Couvent des Franciscains d’Orsay (Essonne), cette étrange Trinité de souffrance et de compassion. Je la pose ici, conscient de la fragilité. Et comme un souffle dans la prière de ce peuple…

Ils ont marché dans la nuit

Lundi, décembre 7th, 2009

Oui, ce soir encore, ils ont marché dans la nuit, par milliers. Pèlerins, sur les chemins de Lourdes. Oh, pas la foule des grands jubilés récents, bien-sûr, mais presque. La foule de ceux qui affrontent l’hiver en traçant sur le soir et sur la nuit la lumière qu’ils ont reçue du ciel et qui entre leurs mains semble dialoguer avec les étoiles et la beauté des cieux. Et tandis que le chant dans la nuit s’élève, ils l’accompagnent du geste à la fois retenu et ample de la main, qui se lève, portant la lumière plus haut encore, comme une houle immense, un océan de ferveur forte, de foi chevillée au cœur, et de prière.

Un peuple d’intercesseurs ce peuple. Dans la nuit, il porte comme en un immense filet de pécheur que l’on relève, les intentions du monde, celles de tous, celles de tous ceux qui aimeraient que là soit déposée leur prière, ou que là elle soit portée, hissée au grand mat de la prière qui tutoie le ciel. Et elle l’est, le sillage de lumière le montre dans la nuit.

8 décembre : fête de l’Immaculée Conception. Et en ces deux mots, le nom que la Vierge révéla à Bernadette le 25 mars 1858 à Massabielle, ou lieu-dit « Vieille roche » aux abords alors déserts de Lourdes. La foule venue en grand nombre priera encore demain, 8 décembre, avec ferveur. Le ciel peut être couvert, il ne peut retenir la louange et la joie discrète et vive qui s’exprime en ce lieu.

Vous y êtes avec moi. Si vous le voulez, du moins… Pèlerins !

Paroles et silences, appels

Lundi, novembre 16th, 2009

Le mur 1  Le mur 2  Le mur 3

Beauté de l’homme qui prie et laisse s’éveiller en lui le ciel. Beauté de l’homme qui prie et appelle, qui supplie, qui entend au coeur les paroles de la Torah du Seigneur, qui désire ses chemins…

Un regard de soleil… au bord de l’eau

Vendredi, octobre 23rd, 2009

Ce soir, à quai, sur le Je sers, la péniche-chapelle ou église sur la Seine, à Conflans-Sainte-Honorine. Au loin, la magnifique église Saint-Maclou, édifiée à partir du XIe siècle, est éclairée, illuminée. La Seine est large. Deux immenses bateaux, des péniches de gros tonnage, accostent à la fois lourdement et souplement, un autre passe.

Ici, ils sont vingt enfants, de combien de nationalités ? Combien d’histoires derrière ces visages ? de migrations réussies ou trébuchantes, de bonheur, de tristesses, d’angoisses ? Mais le soleil dans les yeux quand ils jouent au loto ou au sudoku de la relation : ils vont, crayon en main, les uns vers les autres, les décibels en plus ! Et la carte de chacun se remplit de détails qui établissent une carte de connaissance, un peu à la façon des impressionnistes.

Ils chantent. On mange. Et puis nous parlons de Lourdes… mais le miracle était déjà. Plus facile d’en parler. On va sur les chemins de la révélation et de Dieu, de la prière, comme en un pays de connaissance. La montagne en plus, pour Lourdes, qui fait rêver les terriens du bord de l’eau.  La Seine poursuit son cours. Les eaux ondulent dans le vent du soir. Pressentent-elles cette vie immense ici, à quai et en plein voyage intérieur ? Sûrement. Moi en tout cas, j’en ai plein les yeux et le coeur ! Ils ont jeté l’ancre en moi…

Dimanche

Dimanche, septembre 13th, 2009

Dimanche : changer les couleurs. Peindre aux couleurs de Dieu…

vitrail

Instants de prière

Jeudi, septembre 10th, 2009

Au soir d’une journée, tandis que les rumeurs du monde continuent d’habiter la pensée et le coeur, tandis aussi que tout poursuit intérieurement le chemin en nous, visages et tâches multiples… Re-cueillir le tout, le temps d’une prière.

Petit matin

Samedi, août 29th, 2009

Sentier - Fontainebleau

Au petit matin, cueillir entre senteurs et brumes le jour nouveau. Laisser s’éveiller aussi les chemins intérieurs. Entendre discrètement les voix multiples qui s’élèvent alentour et dans le monde. Moment d’infini, de plénitude, de prière.