Eveillé, levé

Mardi, avril 26th, 2011

Christ « s’est levé d’entre les morts », ou… il « s’est éveillé d’entre les morts ». Ce sont les deux mots que les évangiles utilisent pour dire l’indicible : la Résurrection de Jésus, qui dépasse tout entendement, mais qui bouleverse des vies. Nous fêtons Pâques. Les enfants ont trouvé presque tous les oeufs dans le jardin, ceux qui restent seront… pour les oiseaux. Mais les oeufs de chocolat, si délicieux soient-ils, ne sont que la surface la plus superficielle de Pâques, qui est un événement tellurique dans des vies d’hommes, de femmes, auxquelles elle prend comme un feu. Justement, comme un feu dans la nuit qui a éclairé des yeux, des coeurs, dans la nuit de samedi à dimanche ! Mémoire qu’en plein coeur d’une nuit semblable, en Palestine, le tombeau de Jésus ne put retenir son lever d’entre les morts.

Ainsi vivrons-nous debout. C’est l’attitude de la Résurrection… qui nous touche aussi.

Strie de résurrection dans le coeur du pèlerin

Jeudi, mai 20th, 2010

Douce clarté en ce lieu. Saint Sépulcre, basilique de la Résurrection. Ici, parfois dans le tumulte ou le bruit, le mystère s’insère dans les interstices du coeur. Le pèlerin sait que son chemin prend un nouveau tournant, nouveau départ. Tout est intérieurement bouleversé, bien au-delà que ce que de vieilles pierres pourtant chargées de tant d’histoire, ne peuvent laisser imaginer. C’est le temps d’une bouture indicible. L’être intérieur reçoit sa semence, avant que le pèlerin ne reprenne le chemin vers ses espaces connus et que pourtant il ne verra plus comme avant. Le pèlerin à son retour est tout autre. Le chemin parcouru a tracé en lui comme un sillon d’éternité. Il part, mais son regard, son visage, sa voix, son corps, son être, sont autres, touchés de Dieu, pour toujours. Brûlure intérieure que quelques flammes qu’en cet instant il contemple, semblent reflèter ou… signaler. Signe de résurrection en sa chair, en son être.

En ces espaces, l’être renaît.

Surgissement, bouleversement… Joyeuse fête de Pâques !

Dimanche, avril 4th, 2010

Ces jours sont pleins de gravité. On y va, seul et ensemble, au coeur de la foi, et aux profondeurs de la vérité de chacun, profondeurs de l’être, profondeur du mystère (ce qui nous fait vivre, mais qui nous dépasse infiniment).

Et dans la nuit, des paroles inouïes, traversant l’obscurité comme le feu crépite dans l’obscurité et y répand par ondes progressives et irreversibles, la lumière, signe, en cette nuit, du Ressuscité.

Et les paroles entendues dans l’assemblée chrétienne, où avec beaucoup d’autres j’accueillais ce mystère et le laissais me travailler, tandis que huit personnes étaient baptisées, à âge adulte, en plein consentement du bouleversement que la présence du Christ apporte à une vie, la leur et la nôtre. Des visages simples comme ceux de chacun, le vôtre et le mien, mais inondées de cette lumière là, qui désormais guidera les jours, chaque jour.

Des paroles de catéchumènes entrant de tout leur être dans les eaux du baptême et dans la foi. Dans l’Eglise aussi comme elle va, c’est-à-dire servante et humble. Humiliée plus que nécessaire aussi ces jours. Mais Eglise. Eglise mère. Connaîtrais-je le Christ dont je vis, si elle n’avait pas été, fragile et simple, mais solide aussi comme le roc de la foi qui la fonde ?

Les paroles du prêtre, disant parmi beaucoup d’autres paroles claires et nourrissantes : vendredi saint, un silence, samedi, le vide, et bientôt le souffle. Un silence, un vide, un souffle, trois fois rien, qui bouleverse(nt) totalement désormais le cours des choses.

Joyeuse fête de Pâques ! Christ est ressuscité. Oui, comme ajoutent les chrétiens d’Orient sans craindre les vents contraires sur cette parole simple de témoin : Il est vraiment ressuscité !

Eh bien, le Carême en un clic !

Mardi, février 23rd, 2010

Le Carême, un temps de pause ou de… demi-pause, le temps que prend le marin pour vérifier la ligne d’horizon et refixer plus solidement le cap. Le temps que prend le sportif pour s’alléger et… s’engager de tout son être dans l’effort. Le temps que prend le poète pour que le vent du large éveille en lui la parole. Le temps que prend le chrétien pour que s’éveille en lui aussi la Parole, celle dont il vit au plus profond, celle qui le fait vivre, qui est son Orient, c’est-à-dire aussi son « lever », d’un mot qui évoque dans la bible la résurrection : celle de Jésus et celle qui touche tout homme. Le temps du Carême, pour que nous touche justement la Résurrection : non pas à la fin des temps – bien que… elle aussi – mais aujourd’hui. Car Dieu n’est pas un Dieu du futur, mais du présent. Et c’est la force de ce présent qui éveille puissament l’avenir, à une hauteur qui ne peut plus être hauteur d’homme, mais… à hauteur d’infini.

Alors sur ce chemin, une recette – si l’on ose dire en ce temps sobre ! – : le carême en un clic. A la page ouverte (site Prions en Eglise), descendre en bas de page et cliquer sur le bandeau de téléchargement de la méditation du jour. Il est demandé de s’identifier la première fois, puis de voguer libre, chaque jour.

Bon vent !

La route de Jérusalem

Jeudi, mai 7th, 2009

Après la rieuse et verdoyante Galilée, le pèlerin prend la route de Jérusalem. Un pèlerinage est toujours une découverte profondément humaine : rencontre d’une terre, d’un peuple dans sa vie d’aujourd’hui, et cette terre est une terre d’incarnation. Mais le pèlerin qui « monte » à Jérusalem, le fait aussi comme le fit Jésus, qui allait ainsi au coeur de la foi de son peuple, comme tout pèlerin d’alors le faisait trois fois l’an, mais en un pèlerinage infini. En ce lieu, il était à l’essentiel, là où tout se joue, où tout se donne, où tout est donné…

Oui, Jérusalem, ville étonnante, bruissante de vie, mais aussi d’appels : à la vie, à la rencontre, à la foi, à la réconciliation aussi. Le nom en hébreu est énigmatique : Yeroushalaïm. Peut-être, c’est en tout cas l’une des voies de compréhension, est-ce une forme plurielle, et même plus précisément duelle : ‘La ville des deux paix’. Celle du ciel et celle de la terre ? Recherche de paix totale, puisque cette ville ne peut être qu’à l’image de Dieu. Et le chemin est long. Mais l’appel incontournable.

Le pèlerin suit ici les chemins qu’un jour son maître suivit lui-même, entre le mont des Oliviers et celui du Temple. Au mont Sion aussi, dont le seul nom est un éveil intérieur. Cénacle, et partage du pain, dans lequel la vie est livrée avant qu’elle ne soit prise, aux abords de la nuit, dans les jours de la Passion. Lieu aussi de la Pentecôte et du commencement de tout pour le disciple, éveil ou réveil intérieur de tout ce qui y était déjà présent mais comme en sommeil.

Rencontre aussi du Saint Sépulcre, basilique qu’à la manière des chrétiens d’Orient on peut aimer appeler plutôt Eglise de la Résurrection, Anastasis (c’est le mot grec), avec cette discrète voix de l’ange qui vous dit : « Il n’est pas ici, il vous précède en Galilée ». Signal alors du retour, pour le pèlerin, en terres multiples, celles du fil des jours, celles de l’ordinaire, baignées de lumière, de la lumière souvent discrète mais pourtant radicale et réelle, du Ressuscité.

Pensées d’orient et de sagesse infinie

Vendredi, avril 17th, 2009

Pensées, car le monde tourne et va son rythme, avec parfois ce tournis qui vous prend quand l’actualité décharge son fardeau en longues séquences de nouvelles rudes et âpres.

Je lisais ces derniers jours un très beau livre de la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei (La rivière et son secret - Laffont 2008). Le sous-titre dit le torrent glacial que cette artiste dut remonter après qu’il l’ait emportée, au fil de sa vie : Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d’une femme d’exception. L’écriture est magnifique. L’histoire n’est belle que par celle qui y parsema des germes d’espoir plus forts que l’hiver communiste et les migrations cahotantes ou cahotiques. Ici ou là, puisque c’est sa culture, des pensées aussi de Lao-Tseu, comme celle-ci : « Percevoir le plus petit, voilà la clairvoyance. Garder la douceur, voilà la force d’âme… ». Mais aussi celle-ci – et il y en aurait d’autres : « La bonté suprême est comme l’eau, qui favorise tout et ne rivalise avec rien. En occupant la position dédaignée de tout humain, elle est tout proche du Tao ». Mais il y aurait encore celle-ci : « Fermeté et force sont disciples de la mort. Souplesse et faiblesse sont disciples de la vie. » Ces pensées me donnent à méditer profondément, comme si le tout d’une vie pouvait y passer au tamis !

De part et d’autre du livre, une aria, comme au début et à la fin des fameuses Variations Goldberg de Bach, qui guidèrent intérieurement la pianiste, qui lui rendirent aussi en chemin la paix, et qu’elle recommande à tout le monde d’écouter. Aria et douceur sont ainsi les maîtres-mots sur ce long chemin, ou peut-être la fondamentale, mais peut-on dire la fondamentale quand l’oeuvre évoquée est toute en légèreté ?

Je cite donc Lao Tseu. Les pensées que j’évoque sont riches d’enseignement. Mais je reste, ou suis simplement, d’une autre culture, qui ne se superpose pas, mais croise ici ou là cette pensée. Je la prends en particulier pour ma part, en ces jours, par le biais de Pâques, du mystère subversif de la vie totalement enfouie quand elle est donnée, et qui resurgit par la grâce totale de Dieu. Résurrection… ! Ce mot que nous peinons souvent à cerner ou appréhender, tant sa dynamique bouleverse, étonne, emporte, au-delà de l’entendement. Et pourtant nous en saisissons quelque chose, comme par étincelles, d’expérience plus que de pensée. Les textes bibliques que la liturgie chrétienne médite en ces jours sont également subversifs, en même temps que beaux… Bon dimanche, tout en aria peut-être ?

Pâques: surgissement de la vie !

Dimanche, avril 12th, 2009

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Cette année, Pâques sera intense

Samedi, avril 4th, 2009

Cette année, Pâques sera intense ! C’est ce que l’on voit fleurir sur les abris-bus de la capitale et peut-être d’ailleurs. Dommage que ce soit en regard de boîtes de chocolats. Evoquant l’intense, on plafonne alors à 72% pour les meilleurs crus, pas sûrs d’ailleurs d’être atteints avec des chocolats de Pâques. Dommage, car la marque en question est pour le frontalier de la Belgique que je suis par mes racines, emblématique ! Pensez ! Un peu la madeleine de Proust. Mais tant pis, Pâques mérite mieux que cette simple association d’idée utilitaire ou commerciale, fût-ce pour les meilleurs produits.

Et justement, Pâques sera intense. Pâques est toujours intense, au-delà de ce que l’on peut imaginer. On se rassemblera dans la nuit pour le feu nouveau, et on écoutera dans la pénombre la lecture des grands textes [bibliques] retraçant la geste du peuple d’Israël et de notre peuple, jusqu’à ce petit matin de la résurrection, où à vue de croyants, l’histoire a basculé, changeant pour toujours le lieu de son épicentre. Un épicentre lourd et d’infinie légèreté à la fois. Un épicentre volcanique ou subversif : traversée de la mort et refondation de l’espérance qui ne cessent d’advenir, à rythmes variables, dans le coeur et la vie des humains, mais qui les travaillent comme un levain.

Oui, avec ou sans chocolat – ils ne sont ici qu’auxiliaires ! – Pâques sera intense. Mais ces lignes sont écrites au seuil de la Grande semaine, durant laquelle les chrétiens suivent au plus près leur Seigneur. Et cette marche là est fondatrice. Je vous souhaite à vous aussi bonne ou belle semaine, de ces semaines où l’on renaît.

Blancheur, neige et suspens

Samedi, février 7th, 2009

Voilà ! Je parlais du blanc, et du pèlerin en blanc. Ils étaient nombreux aujourd’hui, à fendre le vent dans les tourbillons de neige. Embouteillages massifs en région parisienne, mais féérie aussi de la neige qui tombe et redonne on ne sait comment des airs d’enfance à nos esprits d’adultes. Grand tourbillon ! C’est encore l’hiver, et un je ne sais quoi de repos intérieur, sous le voile de tulle qui flotte dans la ville et sur la campagne.

Oui, un voile léger, le temps que la pensée s’envole. Le monde poursuit son cours, de toutes parts, mais la pensée marque une pause. Bon week-end ! Que ce dimanche soit beau, ce jour que les chrétiens, depuis le temps des évangiles, aiment appeler le premier jour de la semaine. Celui en fait où tout commence, au petit matin du tombeau vide et de la résurrection.

Au petit matin du premier jour

Samedi, janvier 17th, 2009

A quelques heures à peine du matin du ‘Premier jour’ de la semaine.
Juste pour la contemplation ou pour la prière intérieure…

Notre-Dame de Paris dans le petit matin

Notre-Dame de Paris dans le petit matin